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Les perturbateurs endocriniens en cinq questions

Crédits photo : Arnaud Bouissou/MEDDE

Que sont les perturbateurs endocriniens ?

Plastiques, pesticides, aliments, conserves, tickets de caisse… de nombreux objets de notre vie quotidienne en contiennent…Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien. Les plus souvent cités dans les produits de consommation courante sont, par exemple, le bisphénol A et les phtalates.

Quels sont leur dangers ?

Le dysfonctionnement, engendré par les perturbateurs, peut toucher différentes fonctions telles que les fonctions reproductrices, la croissance, le développement ou le comportement.
Outre l’impact sur la santé humaine, ces substances peuvent avoir des impacts sur l’environnement et en particulier la faune.
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Quelles sont les mesures prises contre les perturbateurs endocriniens ?

Trois décisions concrètes contre les perturbateurs endocriniens ont été annoncées par Ségolène Royal, à l’issue du Conseil national de la transition écologique, le 29 avril 2014 :

  • Éliminer le bisphénol A des tickets de caisse
  • Dans les jouets, cibler les contrôles sur les phtalates et accélérer la substitution du bisphénol A
  • Annonce des 5 substances qui seront expertisées en 2014 : Ségolène Royal a demandé à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) de travailler sur 5 substances suspectées d’être perturbateurs endocriniens.

    Il s’agit :
  • du methylparabène (CAS 99-76-3), présent dans des produits cosmétiques et produits d’hygiène ;
  • de l’acide orthoborique, composé avec 2-aminoéthanol (CAS 26038-87-9), présent dans les jouets, les adhésifs et lubrifiants (plusieurs dizaines de milliers de tonnes par an sont utilisées dans l’Union européenne) ;
  • du BHA (CAS 25013-16-5), utilisé notamment dans les produits cosmétiques et les médicaments ;
  • du DINCH (CE 431-890-2) et du DEHTP (CAS 6422-86-2), substances utilisées pour fabriquer des plastiques dans des produits de consommation courante (jouets, articles de puériculture, etc.). Pas de suspicion sur ces deux substances, mais il apparaît indispensable de vérifier que ces substituts ne présentent pas de risque.

L’action se poursuit en 2015 : à la suite du Conseil des Ministres du 12 novembre 2014, le Gouvernement a décidé de confier pour l’année 2015 à l’Anses l’expertise de 5 nouvelles substances :

  • l’iprodione, fongicide utilisé en tant que produit phytopharmaceutique et suspecté d’être un perturbateur endocrinien pour l’environnement ;
  • le 2,6-di-tert-butyl-p-cresol (BHT), utilisé comme anti-oxydant dans de nombreuses applications industrielles, ainsi que dans les cosmétiques. Cette substance est proche du BHA, substance dont l’expertise a été confiée à l’Anses pour l’année 2014 en raison de préoccupations relatives à son caractère de perturbateur endocrinien ;
  • le méthylsalicylate, analogue structurellement au méthylparabène, qui est aussi l’une des substances dont l’expertise a été confiée à l’Anses pour l’année 2014 en raison de préoccupations relatives à son caractère de perturbateur endocrinien ;
  • le tributyl O-acetylcitrate (ATBC) utilisé en tant que substitut à des phtalates pour des usages comme plastifiants dans les jouets par exemple ;
  • l’acide téréphtalique, utilisé en tant que monomère pour la fabrication du PET, une alternative aux polycarbonates fabriqués à partir de bisphénol A, à la base de nombreux produits industriels destinés aux consommateurs. Pour ces deux dernières substances, les données à ce jour ne permettent pas de conclure sur le caractère perturbateur endocrinien ou non.


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Les grandes actions de l’Etat :

- Avril 2014 : Lancement de la stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens, en savoir plus
- Aout 2013 : Lancement de la consultation publique sur les propositions issues du groupe de travail, en savoir plus
- Juin 2013 : Rapport du groupe de travail sur la future stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, en savoir plus
- Mars 2013 : Rapports de l'ANSES sur l'évaluation des risques du Bisphénol A pour la santé humaine, et sur les substitutions du Bisphénol A, en savoir plus, en savoir plus
- 1er semestre 2013 : Création et réunions du groupe de travail perturbateurs endocriniens pour des solutions pour lutter conter ce risque émergent
- Septembre 2012 : Engagement du gouvernement à l'issue de la Conférence environnementale d'élaborer une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, en savoir plus
- Décembre 2012 : Adoption de la loi interdisant le Bisphénol A dans les contenants alimentaires, en savoir plus
- Septembre 2011 : Rapport de l'ANSES sur les effets sanitaires du Bisphénol A, en savoir plus
-2005 : Lancement du programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens pour soutenir la recherche fondamentale, en savoir plus
-2002 : Définition des perturbateurs endocriniens par l'OMS, en savoir plus

 

Qu’est-ce que le label volontaire « sans bisphénols » ?

La France a initié une démarche au niveau européen pour demander la suppression du bisphénol, processus qui devrait déboucher à la fin 2015. Pour préparer l’entrée en vigueur des interdictions, Ségolène Royal a souhaité lancer un label volontaire « sans bisphénols », qui pourra prochainement être délivré aux entreprises ayant effectivement déjà substitué cette substance.

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Quels sont les axes de la stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens ?

Les 5 axes de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens :

  • Soutenir la recherche pour mieux connaître les perturbateurs endocriniens et leurs effets sur la santé et l’environnement, notamment en finançant des programmes de recherche et en mettant en place une plateforme public-privé qui permettra de réduire les délais des tests sur les substances chimiques
  • Développer l’innovation dans l’industrie, en stimulant la mise en œuvre de produits de substitution innovants et non toxiques ;
  • Renforcer l’expertise et lancer dès cette année l’analyse d’au moins huit substances chimiques par an suspectées d’être des perturbateurs endocriniens ;
  • Porter ce sujet majeur de santé publique au niveau européen et faire de la France un pays moteur de la protection de la santé et l’environnement en Europe ;
  • Améliorer l’information des citoyens, dans leur vie quotidienne comme sur les lieux de travail.

Cette stratégie, qui était l’un des engagements de la Conférence environnementale de 2012, a été publiée le 29 avril 2014. Elle sera prise en compte dans le prochain Plan national santé-environnement en cours d’élaboration avec Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé.

- Consulter la stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens