La conférence environnementale 2014

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Qualité de l’air intérieur


 

Nous passons 80% de notre temps en espace clos ou semi-clos, que cela soit dans les logements, lieux de travail, écoles, espaces de loisirs, commerces, transports, etc. L'air que nous y respirons peut avoir des effets sur le confort et la santé, depuis la simple gêne (odeurs, irritation des yeux et de la peau) jusqu'à l'aggravation ou le développement de pathologies comme les allergies respiratoires.
La question de la qualité de l'air intérieur est une préoccupation majeure de santé publique, car l'ensemble de la population est concerné, et plus particulièrement les personnes sensibles et fragiles (enfants, personnes âgées ou immunodéprimées, malades pulmonaires chroniques).
Néanmoins, les effets de la pollution intérieure sur la santé ne sont que partiellement connus : les liens entre l'exposition aux polluants et le développement d'une maladie ou d'un symptôme n'ont en effet pas encore été suffisamment étudiés.
Afin d'améliorer la connaissance des polluants présents dans l'air intérieur et d'apporter aux pouvoirs publics les éléments nécessaires à l'évaluation et à la gestion des risques, a été créé, en 2001, un Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI).
 

 

 

Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI)


L'OQAI a été créé le 10 juillet 2001 par une convention signée entre les ministères de tutelle (logement, santé, environnement) et les présidents de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Son objet est de mettre en place un dispositif de recherche pour collecter des données sur les « polluants » présents dans les atmosphères intérieures des différents lieux de vie, dont les logements. L’OQAI contribue ainsi à une meilleure connaissance des substances, agents et situations affectant la qualité de l’air intérieur dans le parc immobilier existant et des niveaux d’exposition des populations, afin d’apporter les informations nécessaires pour une politique d’évaluation et de gestion des risques.

Après une phase pilote portant sur 90 logements, la première campagne nationale sur la qualité de l’air dans les logements en France, effectuée sur la période 2003-2005 sur près de 600 logements, a permis, en 2006, de dresser un premier état de la qualité de l’air intérieur représentatif de la situation des 24 millions de résidences principales en France métropolitaine continentale. L’état de la qualité de l’air, qui a ainsi été dressé, ciblé sur une trentaine de polluants chimiques, physiques et micro-biologiques, s’avère être la première référence disponible sur la pollution dans le parc des logements français.

De 2006 à 2011, l’OQAI a complété ses travaux sur les logements et a étendu son action aux bâtiments de bureaux en lançant, en 2011, une campagne de mesure sur ces lieux.
Il a également travaillé à l’élaboration d’indices de la qualité de l’air intérieur, poursuivi sa veille prospective et mené diverses actions de communication, d’information et de formation.

L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur est un outil de recherche et de préparation des décisions pour la gestion des risques. Les données descriptives sur les bâtiments permettront notamment de cibler les actions sur le parc à risque par rapport à des substances données.

Les résultats des études menées par l'OQAI sont consultables à l'adresse suivante : www.air-interieur.org

 

 

 
Origines
Les sources de pollution de l’air intérieur sont multiples : l’air extérieur, certains matériaux de construction, les appareils à combustion, les équipements, l'ameublement, les produits d’entretien et de bricolage, l’activité humaine (cuisine, etc.), le mode de vie des occupants (tabagisme, aération insuffisante, etc.), les biocontaminants (poussière de maison, allergènes des acariens et du chat), etc.
Les polluants de l’air intérieur sont nombreux. Ils peuvent notamment être de nature chimique, physique ou biologique.
 

Paramètres de nature chimique

Les sources d’émissions de composés chimiques dans les environnements intérieurs sont très nombreuses. Certains matériaux de construction, meubles, articles de décoration et produits d'entretien, de bricolage ou de nettoyage peuvent contenir des substances chimiques ayant, dans certaines conditions, la propriété de se volatiliser dans l'air ambiant et ainsi, porter atteinte à la santé.
Ces substances sont souvent plus nombreuses et plus concentrées à l’intérieur qu’à l’extérieur compte tenu de la multiplicité des sources intérieures.
Certaines substances chimiques présentes à l’extérieur peuvent également se retrouver à l’intérieur des locaux : c’est le cas des pesticides par exemple, qui sont généralement utilisés pour l’entretien des espaces verts, et peuvent persister de très nombreuses années dans les sols.
Peuvent être cités à titre d'exemple :
- Les composés organiques volatiles (COV), largement utilisés dans la fabrication de nombreux produits et matériaux (peinture, vernis, colles, moquette, carrelage, nettoyants, tissus neufs, etc.).
Les COV englobent des familles très variées et présentent ainsi des effets divers sur la santé comme des irritations de la peau, des muqueuses et du système pulmonaire, des nausées, maux de tête et vomissements.
- Des composés, comme le benzène ou l’amiante, associés à des leucémies ou à des cancers (dans le cas d’exposition professionnelle), ou d’autres composés suspectés d’atteintes de la reproduction.
- Le formaldéhyde, présent dans de très nombreux produits d'usage courant : bois agglomérés et contreplaqués (tant dans le mobilier que dans les matériaux de construction), mousses isolantes, laques, colles, vernis, encres, résines, papier, produits ménagers, pesticides, etc.
Le formaldéhyde est un irritant des voies respiratoires supérieures, classé cancérogène certain chez l’homme par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) depuis juin 2004.
Certaines sources, moins évidentes, peuvent également être à l’origine de pollutions intérieures ; c’est le cas notamment des imprimantes laser, télécopieurs et photocopieurs qui émettent de l’ozone. Or, l'ozone peut être très nocif pour les muqueuses oculaires et respiratoires ; il augmente ainsi les problèmes liés à l’asthme. La réaction de l’ozone avec les composés organiques volatils présents dans l’air intérieur peut d'ailleurs conduire à la formation de polluants secondaires pour certains potentiellement nocifs pour la santé humaine.
 

Paramètres de nature physique

Par leurs caractéristiques physiques, certains paramètres peuvent porter atteinte à la santé. En particulier :
- l’amiante est un minéral naturel fibreux intégré dans la composition de nombreux matériaux de construction. Il est cancérigène,
- les particules en suspension dans l’air sont présentes dans les bâtiments soit par transfert depuis la pollution extérieure (trafic automobile…) soit parce qu’elles sont émises par la combustion (tabac, chauffage, encens…), par la cuisson des aliments ou les activités de ménage. Elles peuvent avoir comme impacts sanitaires : une aggravation de l’asthme et des bronchites chroniques, un risque accru de maladie cardiovasculaire ou un cancer du poumon,
- le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle présent dans le bâtiment par effet de confinement. Il est cancérigène.
 
 

Paramètres de nature biologique

Moisissures, bactéries, virus, pollens : les agents biologiques sont présents à l'extérieur comme à l'intérieur des bâtiments. Ils peuvent se développer dans les moquettes, les revêtements muraux, les matériaux d'isolation, les installations sanitaires, les circuits de distribution d'eau, les systèmes de climatisation, etc.
Les agents biologiques potentiellement dangereux pour la santé humaine sont présentés par grandes catégories : champignons et levures, algues, helminthes, protozoaires, bactéries, virus, acariens, fragments de matériel animal et végétal.
Il existe un lien probable entre la biocontamination de l'air et des manifestations pathologiques mais celui-ci est souvent difficile à établir.
L'inhalation de ces particules en suspension dans l’air (comme les pollens par exemple) peut poser des problèmes de santé pour les personnes fragiles, notamment des enfants, les personnes asthmatiques et les personnes âgées. Elle peut entraîner, selon l'état de santé des personnes et le type d’agents biologiques, des rhinites et des allergies et, dans les cas extrêmes, des infections respiratoires et pulmonaires (asthme, légionellose, etc...).
La chaleur, l'humidité, l'insuffisance d’entretien des locaux, la mauvaise maintenance des installations d’eau chaude et de climatisation favorisent la prolifération de nombreux agents biologiques, augmentant les risques de leur diffusion dans l'air intérieur et l’eau.
 
Moyens de prévention
Afin de réduire les risques liés à une mauvaise qualité de l'air intérieur, il convient :
1.      de limiter les sources de pollution ;
2.      d'aérer de façon régulière.
 
 
Guide de la pollution de l’air intérieur. Avril 2009 (PDF - 1216 Ko)
L’air intérieur qui est respiré dans un logement, ou un bureau par exemple, peut être altéré par l’utilisation de certains produits, appareils ou par la présence d’allergènes pouvant avoir un impact sur la santé. C’est pourquoi il est essentiel de renforcer les connaissances du grand public sur les facteurs pouvant nuire à un air intérieur de bonne qualité et de l’informer sur les gestes simples garants d’un air plus sain.
Le ministère en charge de la santé et l’Inpes ont ainsi élaboré, avec la collaboration du ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, une plaquette d’information, à destination du grand public, sur la pollution de l’air intérieur.
 
 
Elaborée par l'Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur (OQAI), la plaquette "Les bons gestes pour un bon air" regroupe quelques conseils simples pour améliorer la qualité de l'air à l’intérieur des logements.