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Questions / Réponses sur les pesticides

Eléments Clés / Chiffres-clés

Chiffres sur les pesticides :

  • 78000 tonnes de pesticides utilisés en 2008 
  • 2,442 milliards d’euros de dépenses des exploitations agricoles en 2006 .
  • La France est le premier consommateur européen de pesticides, et le quatrième au niveau mondial derrière les Etats-Unis, le Brésil et le Japon .
  • Si l’on rapporte la consommation à la production, la France est au quatrième rang européen derrière le Portugal, les Pays-Bas et la Belgique
  • Usage des pesticides à 95% agricole et à 5% non agricole (dont 2/3 : jardiniers amateurs, et 1/3 : entretien des voies de transports et des espaces publics)

Chiffres concernant les jardiniers amateurs :

  • Près de 90% des français disposent d’un espace de jardinage lié à leur habitat principal et 17 millions de français disposent d’un jardin
  • 75% des Français jardinent mais le type de végétaux dont ils disposent varie (plantes d’intérieur pour 79% d’entre eux, jardin fleuri et arboré pour 66%, plantes de balcon et terrasses pour 60%, gazon pour 60% et potager pour 36%).
  • 5 à 20 variétés de végétaux sont cultivées en moyenne (Les légumes préférés sont la tomate, la salade et la pomme de terre. Pour les fruits, les cerisiers et les pommiers arrivent en tête).
  • Les jardins particuliers représentent la plus grosse proportion (2/3) des usages non agricoles de pesticides : usage de fongicides, insecticides et herbicides sur les allées, terrasses, pelouse, fleurs, potager, arbres et arbustes, plantes de la maison.
Sources :

Union des industries de la protection des plantes (UIPP), ministère de l’Agriculture, INRA, CEMAGREF 2005, étude Ecophyto 2006 et Jardivert 2010.

Comment se sont-ils développés ? Quelles sont les conséquences de ce développement ?

 

Crédits photo : Denis Oblander/Fotolia
 
Pour optimiser leur production, les agriculteurs peuvent :
- Utiliser une variété avec un rendement potentiel élevé, et apporter les éléments nutritifs et l’eau permettant de le réaliser ;
- Limiter les dégâts causés par les insectes, les maladies ou les herbes « concurrentes », soit :
  • En limitant le développement de ces agresseurs (« bio-agresseurs ») ou la sensibilité de la culture à ces derniers (méthodes préventives),
  • En tuant ces agresseurs une fois qu’ils sont trop nombreux (méthodes curatives).
 
Avant l’apparition des pesticides, les agriculteurs devaient faire un compromis entre les méthodes permettant d’atteindre le meilleur rendement, et celles visant à prévenir les dégâts des « bio-agresseurs ». Le développement des pesticides (depuis la seconde guerre mondiale, pour les herbicides et les insecticides, et les années 1970 pour les premiers fongicides de synthèse permettant de protéger les plantes contre les maladies) a apporté une solution efficace pour tuer les « bio-agresseurs » : les agriculteurs se sont alors concentrés uniquement sur le rendement. Ils ont intensifié fortement leurs modes de production, et les méthodes utilisées à cet effet (recours aux engrais minéraux, retour plus fréquent d’une même culture sur une même parcelle, etc.) ont rendu les cultures plus vulnérables aux agressions.
Leur efficacité et leur coût relativement faible ont suscité un attrait important pour ces produits dont les conséquences sanitaires et environnementales étaient peu connues.
 
 

 

Comment peut-on diminuer le recours aux pesticides dans le jardin ?

Méthodes préventives 


Crédits photo : José 16/FotoliaAu lieu de combattre les parasites et les maladies une fois qu’ils menacent les cultures, le jardinier peut créer des conditions qui freinent leur développement, et ce à toutes les étapes de la culture :

Bien choisir les variétés de plantes cultivées :

  • Choisir des plantes et arbres adaptés au jardin (sol, climat, exposition…)
  • Sélectionner des plantes en fonction de leur résistance ou leur tolérance aux parasites ou aux maladies :
    Ex : choisir plutôt certaines variétés de tomates (Fandango, Pyros, Ferline) ou de pommes de terre (Eden, Naturella, Bernadette) qui sont moins sensibles au mildiou ;
    Ex : Choisir un gazon résistant au piétinement (sport, jeux) et facile d’entretien, plutôt qu’un gazon fin « de prestige » qui nécessite un entretien incessant, coûteux et polluant ;
  • Associer les plantes en fonction des voisinages qui leur sont le plus favorables :
    Ex : les liliacées protègent les fraisiers et les laitues contre les pourritures ;
    Ex : les plantes aromatiques (lavande, thym, sauge…) exercent une certaine protection des plantes voisines contre les insectes ravageurs…

 

Adopter des pratiques de jardinage permettant de limiter l’usage de pesticides

  •  Varier les plantes cultivées d’une année à l’autre (« rotation des plantations ») pour rompre le cycle de développement des parasites et limiter leur contact avec les cultures auxquelles ils s’attaquent ; L’idéal, si la taille du jardin le permet, est d’attendre 3 à 5 ans selon les plantes.
  • Décaler la date de semis pour que la culture soit à un stade moins sensible de son développement lorsque les parasites attaquent ;
  • Ne pas trop serrer les plantations et tailler régulièrement les haies et les arbustes pour faire pénétrer la lumière afin d’éviter la stagnation d’eau après la pluie et le développement des maladies.
  • « Couvrir » le sol pour éviter le développement des herbes parasites :
  • Recouvrir le sol notamment au pied des arbres ou des plantes, d’un « paillis » organique ou en plastique,
  • Semer des « plantes couvre-sol » esthétiques2 ou des plantes « engrais vert » sur la terre nue d’un potager après-récolte.
  • Utiliser du compost ou du fumier pour améliorer la fertilité du sol et renforcer la résistance des cultures en nourrissant les plantes.




Mettre en place une nouvelle esthétique du jardin

  • Adopter la tonte haute (6 à 8 cm), qui renforce l’enracinement du gazon et sa résistance à la sécheresse, et permet d’empêcher la germination de graines indésirables et le développement de la mousse.
  • Laisser l’herbe et les fleurs vagabondes esthétiques (alysse, érigéron, lychnis, pensée, valériane, rose trémière…) se développer dans les allées gravillonnées en terre battue, ou entre les pavés : elles prendront la place des herbes indésirables.
  • Limiter les surfaces à désherber. Ex : préférer les dalles ou les pavés aux surfaces gravillonnées ou sablées, plus difficiles à entretenir
  • Créer des espaces favorisant la biodiversité, et la présence de certains insectes ou animaux ennemis des ravageurs  donc très utiles au jardin :
  • Aménager des coins de végétation dense, des mares, des haies fleuries…
  • Créer des abris plus spécifiques : nichoirs et mangeoires pour les batraciens et les oiseaux, petit muret en pierre pour les lézards…

 

Méthodes curatives

Crédits photo : Adrien Roussel/Fotolia

Lutter contre les parasites sans recourir aux pesticides

  • Utiliser les prédateurs naturels pour lutter contre les ravageurs : ainsi la coccinelle permet de lutter contre les pucerons, et les trichogrammes contre les pyrales, papillons ravageurs du maïs.
  • Désherber manuellement, ou avec un outil adapté (sarcloir mécanique, binette, couteau à désherber…). En 15 ans la Ville de Paris a diminué de 90% l’utilisation de pesticides grâce à de telles techniques de désherbage.
  • Mettre en place des barrières ou pièges contre les animaux parasites : pièges à taupes, à limaces, voiles anti-insecte, filet de protection contre les oiseaux, collier empêchant les fourmis de remonter le long des troncs, pinces dans les galeries contre les taupes, filet de protection sur les cultures du potager, effaroucheur dans les cerisiers contre les oiseaux.
  • Utiliser des produits naturels pour lutter contre les ravageurs et les maladies : ex : l’huile minérale de paraffine contre les insectes hivernant dans les arbres fruitiers, pièges à phéromones pour capturer les insectes ravageurs de certains arbres fruitiers (vers de la pomme et des noix, mouche de la cerise…).

 

Quelles sont les précautions à prendre lors de l’utilisation de pesticides ?

Pour la santé

  • Utiliser des équipements de protection adaptés : gants systématiquement et en cas de besoin : combinaison, bottes, gants en nitrile, lunettes, masque…
  • Laver ses gants et se laver les mains après chaque traitement
  • Ne pas traiter en cas de vent, pour éviter d’entrer en contact avec le produit

 

Pour l’environnement

Crédits photo : Naty Strawberry/Fotolia

Choisir les produits les mieux adaptés

  • A ce que l’on veut combattre.
  • Au moment de l’année, aux conditions climatiques.

    Pour cela, demander conseil en jardinerie pour une aide au diagnostic de la maladie, et pour adapter au mieux le produit et son utilisation à la situation.

Respecter les précautions d’emploi

  • Respecter la dose et ne pas mélanger les produits : Les pesticides sont élaborés pour être efficaces à la dose indiquée sur l’emballage. Toute augmentation de la dose ou tout mélange de produits entre eux augmente les risques pour la santé et pour l’environnement.
  • Suivre le mode d’emploi, ex. éviter que le produit ne « ruisselle » sur les plantes
  • Ne pas traiter en cas de vent pour éviter la dispersion du produit dans l’environnement
  • Ne pas utiliser les pesticides à moins de 5 mètres d’un point d’eau

Bien traiter les déchets

  • Traiter correctement les déchets de pesticides :
  • Après utilisation, le produit restant et non utilisable doit être mis dans une bouteille et amené à la déchetterie (et non jeté dans l’évier ou la nature)
  • Avant de jeter le bidon avec les ordures ménagères, le rincer deux fois et l’utiliser pour pulvériser la bouillie de traitement.

 

Quelles sont les obligations des jardiniers qui utilisent des pesticides ?

Crédits photo : Papirazzi/Fotolia

 

Pour chaque produit, les utilisateurs doivent respecter des conditions d’utilisation (qui accompagnent l’autorisation de mise sur le marché : cultures autorisées, dose homologuée, délai avant récolte, zone non traitée à respecter en bordure de cours d’eau, interdiction en présence d’abeilles, etc.).

Des règles générales d’utilisation existent également pour tous les produits : délai avant de pénétrer à nouveau dans la surface traitée, vitesse maximale du vent lors du traitement.

 

Le saviez-vous ?
La réglementation européenne prévoit une autorisation pour la mise sur le marché des substances actives entrant dans la composition des pesticides, ainsi que pour les préparations commerciales contenant une ou plusieurs substances actives.

Pour ce faire, deux phases d’évaluation sont prévues avant autorisation  :
- Évaluation des substances actives entrant dans la composition des pesticides, notamment en ce qui concerne les risques physiques, la toxicité pour l’homme, les résidus dans les produits, la persistance de la substance et son comportement dans l’environnement, les risques pour la faune et la flore.
- Évaluation des préparations commerciales contenant une ou plusieurs substances actives autorisées au niveau communautaire. Elle définit des conditions d’utilisation à respecter : cultures autorisées, mode d’application, dose homologuée, conditions de traitement (notamment délai avant récolte), modalités d’utilisation (ex : protections individuelles, zone non traitée à respecter en bordure de cours d’eau).

Quelles sont les actions menées par le gouvernement pour diminuer l’usage des pesticides par les jardiniers amateurs ?

Visuel de la campagne du Ministère du Développement durable

Depuis 2006, le gouvernement s’était engagé à réduire les impacts des pesticides en zones non agricoles dans le cadre du Plan Interministériel de Réduction des Risques des Pesticides 2006-2009 du 26 juin 2006.

Depuis septembre 2008, le plan Ecophyto 2018 prévoit notamment de mener des actions spécifiques pour réduire l’utilisation des pesticides dans les zones non agricoles, par exemple :

  • Interdire la vente aux jardiniers de produits ne portant pas la mention « emploi autorisé dans les jardins » ;
  • Revoir les conditions d’octroi de la mention « emploi autorisé dans les jardins » ;
  • Développer la recherche sur les impacts des solutions alternatives aux pesticides dans les zones non agricoles (ZNA) ;
  • Former et structurer des plate-formes techniques d’échange de bonnes pratiques pour les amateurs et les professionnels de ZNA.
     

Quelles sont les pistes de réflexion pour aller plus loin ?

 

- Réduire l’usage des pesticides en France ;
- Renforcer les contrôles : nombre de contrôles, nombre de substances recherchées par contrôle ;
- Mieux évaluer les effets des pesticides : Il est encore difficile d’évaluer les effets de la combinaison de plusieurs pesticides («effet cocktail ») ainsi que les effets des faibles doses de pesticides absorbées sur une longue durée ou au premier stade la vie (fœtus).
- Renforcer les conditions d’autorisation de mise sur le marché des produits et de fixation des concentrations en résidus de pesticides acceptables dans l’alimentation (LMR).


 

Quelles sont les pistes d’améliorations concernant l’usage des pesticides par les jardiniers ?

- Améliorer le conditionnement des pesticides proposés aux jardiniers amateurs (les contenants aujourd’hui peu maniables conduisent souvent à un surdosage des produits)
- Améliorer et harmoniser l’étiquetage pour les produits destinés aux jardiniers amateurs.

Annexe 1 : Répartition des petites régions agricoles selon les dépenses en phytosanitaires par km2

Annexe 1

 

 

 

Source : Rapport du groupe « scénario » de l’étude Eco-Phyto RD disponible sur http://www.inra.fr/ecophytoRD

 

Annexe 2 : Origine de la pression phytosanitaire par petites régions agricoles (source : INRA)

Annexe 2
 
Source : Rapport du groupe « scénario » de l’étude Eco-Phyto RD disponible sur http://www.inra.fr/ecophytoRD

Annexe 3 – Présence de résidus de pesticides dans les produits alimentaires

 

Source : Direction Générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), 2008.