Questions/Réponses sur les ICPE
Que sont les installations classées ? Combien y en a-t-il en France ?
Les installations classées sont « toutes les installations (usines, ateliers, dépôts, chantiers),
pouvant présenter des dangers ou des inconvénients pour la commodité, la santé, la
sécurité, la salubrité publique, l'agriculture, l'environnement, la conservation des sites et des
monuments, ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. » [1]
Ill existe environ 500 000 installations classées en France.
1] Selon l'article 511-1 du Code de l'Environnement. Le régime des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) est issu d'une loi du 19 juillet 1976 (aujourd'hui codifiée aux articles L 511-1 et suivants du Code de l' Environnement) et de son décret d'application du 21 septembre 1977. Ce droit remonte au décret-loi de 1810 sur les installations « dangereuses, incommode et insalubres ». En 1917 le législateur est venu modifier assez profondément ce droit qui a vu son aboutissement sous sa forme actuelle issue de la loi de 1976.
Quels sont les critères définissant une installation classée ?
Les installations sont classées en fonction de l’importance des dangers ou des nuisances qu’elles sont susceptibles de créer. Elles sont rassemblées au sein d’une nomenclature (cf. annexe 1) qui est régulièrement actualisée (deux à trois décrets modificatifs par an).
La nomenclature est divisée en deux grandes parties qui classent les installations en fonction soit de leurs activités (ex. : agro-alimentaire, bois, déchets …) soit des substances (substances toxiques, inflammables, radioactives…) qu'elles stockent ou utilisent.
Quelles sont les obligations d’une installation classée ?
Que doit faire l’exploitant pour limiter la pollution et les risques entraînés par son installation classée ?
Que font les pouvoirs publics pour limiter la pollution et les risques entraînés par une installation classée ?
- donne les autorisations pour l’exploitation des installations classées ;
- indique à l’exploitant les conditions d’exploitation à respecter (prescriptions) ;
- prévoit, un plan d’urgence à mettre en œuvre en cas de sinistre.
Les inspecteurs des installations classées (agents travaillant dans les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement – DREAL[1] ou dans les directions départementales ministérielles – voir question 6) inspectent et contrôlent les installations classées tout au long de leur existence pour vérifier que les conditions de sécurité sont respectées.
Les maires des communes dans lesquelles s’implantent les installations classées doivent, quant à eux, prendre en compte la présence de l’installation classée dans l’élaboration des plans d’urbanisme. Ils participent également à l’organisation des secours en cas de sinistre, sous l’autorité du Préfet.
[1] ou directions de l'environnement, de l'aménagement et du logement - DEAL - pour les régions et départements d'Outre-mer, et direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie - DRIEE - en Ile-de-France.
Comment et par qui les installations classées sont-elles surveillées et contrôlées ?
Dans quel cas un contrôle peut-il entraîner des sanctions ? Quelles peuvent être ces sanctions ?
Le contrôle d’une installation classée peut révéler des manquements à la réglementation. Les manquements les plus courants sont :
- L’exploitation de l’installation sans autorisation ou déclaration préalable ;
- Le non-respect des prescriptions d’exploitation ;
- L’obstacle aux fonctions de l’inspecteur par l’exploitant.
Les sanctions peuvent être à la fois:
- Administratives, pouvant aller jusqu’à la fermeture de l’installation ;
- Pénales, pouvant aller jusqu’à 750 000 euros pour les personnes morales, et jusqu’à 150 000 euros et une peine maximum de 2 ans de prison pour les personnes physiques.
Enfin, le contrôle peut révéler que l’exploitation est effectuée suivant des prescriptions jugées mal adaptées ou insuffisantes. L’inspection pourra donc à l’issue du contrôle proposer les modifications nécessaires de ces prescriptions.
Voir annexe 5 pour le détail des sanctions.
Comment le public est-il informé de la présence d’installations classées ?
Comment la dépollution du site est-elle assurée après la cessation de l’activité de l’installation classée ?
C’est l’exploitant qui a l’obligation de dépolluer le site. Lors de la cessation d’activité du site, l’exploitant en informe le Préfet en précisant les mesures qu’il a retenues pour que les éventuelles pollutions résiduelles issues de son activité soient compatibles avec un usage futur du site. Ces propositions sont étudiées par l’inspection des installations classées et débouchent si nécessaire sur des prescriptions complémentaires imposées à l’exploitant et à ses frais. La responsabilité de l’exploitant reste pleine et entière y compris à l’issue de la correcte exécution des travaux de dépollution (les peines encourues en cas de pollution sont les mêmes pendant et après la cessation de l’activité).
Quels sont, en plus de l’Etat, les acteurs de la réglementation des installations classées ?
Quelles sont les priorités d’action de l’Etat en matière de risques industriels ?
Pourquoi un nouveau régime était-il nécessaire ?
Quelles sont les caractéristiques du nouveau régime d’enregistrement ?
Quelles sont les installations classées concernées par le régime d’enregistrement ?
Quels progrès la création du régime d’enregistrement permetelle ?
Annexe 1 – La nomenclature des installations classées
Annexe 2 – Les directives européennes relatives aux installations classées
Pour obtenir une autorisation aux installations classées, le propriétaire de l'installation doit fournir à l'Etat une note d'information comportant une description du projet et du site, une description des mesures envisagées pour réduire la pollution sur le site, les données nécessaires pour identifier les principaux effets du projet sur l'environnement et une esquisse des principales solutions de substitution à l'utilisation de substances dangereuses.
Annexe 3 - Conditions et obligations des installations classées relevant des différents régimes
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Critères
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Obligations/ contraintes
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Documents à fournir
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Acteurs impliqués/ procédure
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Durée de la procédure
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Déclaration
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Tout établissement comportant au moins une installation classée, et dont aucune n’est soumise à autorisation.
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Constitution d’un dossier pour la préfecture ;
Pas de contrôles obligatoires
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Dossier de déclaration : plans de l’installation ; mode d’élimination des déchets; dispositions prévues en cas de sinistre
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Préfecture : vérification de la conformité du dossier et délivrance du récépissé de déclaration, assorti d’un rappel des conditions de précaution minimale à respecter, rassemblées au sein d’un arrêté type[1]
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Immédiate
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Déclaration avec contrôle
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Cf. ci-dessus
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Mêmes obligations que pour les installations soumises à déclaration ;
Contrôles exigés pour certains points précis (installations électriques par exemple)
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Cf. ci dessus
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Cf. ci dessus
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Cf. ci dessus
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Enregistrement
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Installations classées importantes mais standardisées
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Constitution d’un dossier d’enregistrement
Contrôles obligatoires par inspections installations classées
Contrôle du dossier pouvant déboucher sur une demande d’étude d’impact et d’enquête publique
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Dossier de demande d’enregistrement :
lettre de demande ; cartes et plans ; justification de conformité (présentation des mesures prises pour respecter la réglementation) ; éléments montrant la compatibilité avec l’urbanisme et les zones naturelles (nouveauté de ce régime)
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Instruction du dossier par les services administratifs;
Consultation publique, Avis du ou des Conseils Municipaux concernés ;
Rapport réalisé par un inspecteur installarions classées
Passage, si nécessaire, devant le Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques (CODERST)[2]
Validation de la préfecture (qui peut refuser l’enregistrement) : arrêté préfectoral fixant les dispositions techniques complémentaires auxquelles l’installations doit satisfaire (prescriptions) s’il y a besoin d’adapter les prescriptions générales concernant ce type d’installations
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5 mois
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Autorisation[3]
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Installations classées importantes
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Constitution d’un dossier de demande d’autorisation à exploiter ;
Contrôles sur tous les aspects de l’installation
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Dossier de demande d’autorisation d’exploiter :
lettre de demande ; cartes et plans ; étude d’impact (qui envisage l’ensemble des inconvénients engendrés par l’installation classée, et les mesures correctives) ; étude de dangers (présentation de l’ensemble des risques entraînés par l’installation, ainsi que les mesures propres à réduire ces risques)
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Instruction du dossier par les services administratifs;
Enquête publique, Avis du ou des Conseils Municipaux concernés ;
Recueil d’informations techniques (impliquant les services déconcentrés de l’Etat) et rassemblées dans le rapport réalisé par un Inspecteur des Installations Classées ;
Passage devant le Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques (CODERST)[4] ;
Validation de la préfecture (qui peut refuser l’autorisation) : arrêté préfectoral fixant les dispositions techniques auxquelles l’installations doit satisfaire (prescriptions)
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10 à 12 mois
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Autorisation avec servitudes
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Installations classées dont le niveau de toxicité est particulièrement élevé
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Mêmes obligations que les installations soumises au régime de déclaration ;
Servitudes d’utilité publique[5]pour limiter toute installation de tiers (particuliers, entreprises, administrations) à proximité de l’installation
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Cf. ci-dessus
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Cf. ci-dessus
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Cf. ci-dessus
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Annexe 4 – Composition d’une étude de danger et d’une étude d’impact
Annexe 5 - Sanctions suite aux contrôles
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Constat fait par l’inspecteur
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Action de l’inspecteur
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Prescriptions mal adaptées ou insuffisantes pour garantir la sécurité
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Proposition au préfet de modifier les conditions d’autorisation par un arrêté préfectoral complémentaire ; cet arrêté sera pris après consultation de l’exploitant et du Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) (ce n’est d’ailleurs pas une sanction).
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Non respect par l’exploitant des conditions qui lui sont imposées (par lui même lors de l'enregistrement ou par les inspecteurs lors de précédentes inspections)
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Proposition au préfet de notifier à l’exploitant un « arrêté de mise en demeure »[1] de respecter ces conditions dans un délai donné. A l’issue de ce délai, si le non respect des prescriptions perdure, le préfet peut obliger l’exploitant à remettre à un comptable public une somme correspondant aux travaux à réaliser, ou à faire procéder d’office à l’exécution des travaux, voire à suspendre le fonctionnement de l’installation jusqu’à exécution des mesures imposées.
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Exploitation de l’installation sans autorisation requise
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Proposition au préfet de mettre en demeure l’exploitant de déposer un dossier de demande d’autorisation en vue de régulariser sa situation. En cas de nécessité, l’exploitation peut être suspendue.
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Constat fait par l’inspecteur
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Type d’infractions
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Action de l’inspecteur
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Sanctions maximales encourues en cas de renvoi devant le Tribunal
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Non respect des dispositions des arrêtés préfectoraux ou ministériels ;
Exploitation sans déclaration
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Contravention de 5ème classe
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Etablissement du procès verbal et transmission au Procureur de la République qui décide de l’opportunité des poursuites.
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Amende de 1500 euros pour les personnes physiques, 7500 euros pour les personnes morales.
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Exploitation sans autorisation ;
Non respect d’une mise en demeure ;
Obstacle aux fonctions de l’inspecteur ;
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Délit
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Amende pouvant atteindre 750 000 euros pour les personnes morales, amende pouvant atteindre 75 000 euros et une peine de prison pouvant aller jusqu’à 2 ans pour les personnes physiques
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