3 questions à... Patrick Lavarde, directeur général de l’Onema
Pour la première fois, le Forum mondial de l’eau se tient en France, à Marseille, du 12 au 17 mars 2012. Plus de 180 pays et 25 000 participants sont attendus pour cette sixième édition placée sous le signe de l’action. Passé le temps de la rencontre et de l’échange, celui des solutions concrètes est venu, nous explique Patrick Lavarde, directeur général de l’Onema.
Quels sont les enjeux de cette sixième édition ?
Patrick Lavarde. Comme l’indique son slogan « Le temps des solutions », la priorité de ce Forum 2012 est de passer d’une phase de débat et d’échange à l’identification de solutions concrètes. L’ensemble des acteurs du monde de l’eau (organisations des Nations unies, États, collectivités, entreprises, secteur associatif...) vont s’engager sur des actions à financer et mettre en œuvre à court et moyen terme. Une plateforme en ligne recense déjà plus d’un millier de solutions. Toutes sont en adéquation avec les trois axes du développement durable : garantir le bien-être humain, favoriser l’activité économique et préserver notre planète bleue. À titre d’exemple, on peut citer la mise au point de nouvelles variétés de céréales moins consommatrices d’eau ou encore les nombreux modèles de tarification incitative pour favoriser les économies d’eau...
Il est beaucoup question de solutions concrètes, quelles sont-elles ?
Si l’on considère un objectif tel que garantir l’accès à l’eau pour tous, les solutions sont de différentes natures (légale, organisationnelle, technologique, financière...) et interviennent à tous les niveaux (international, national, local). Je rappelle que 800 millions de personnes dans le monde n’ont toujours pas d’accès à une eau buvable et qu’il y en a près de trois fois plus qui ne disposent pas de toilettes, avec de graves conséquences sanitaires. Selon les contextes, il peut donc s’agir de projets assez simples mais très efficaces, telles que l’utilisation de l’énergie solaire pour le pompage des eaux souterraines en zone sahélienne ou la réhabilitation de réseaux abandonnés pour résorber des foyers de choléra.
Comment se positionne la France ?
Patrick Lavarde. La France s’est fortement impliquée dès le début dans le processus de préparation de ce forum puisqu’elle en est le pays hôte. Avant cela, notre pays a soutenu plusieurs sujets sur la scène internationale et a contribué à faire reconnaître, ce n’est pas rien, le droit à l’eau comme droit humain fondamental par les Nations unies en juillet 2010. Cette sixième édition organisée par la France et le Conseil mondial de l’eau est un tournant. Le premier résultat attendu, nous l’avons dit, c’est l’action. Le second, c’est l’amélioration du suivi des engagements qui y seront pris. La mise en place d’un dispositif va être annoncée et une sorte de droit de suite sera donné aux Coréens, organisateurs du Forum mondial de l’eau en 2015.
L’Onema, c’est quoi ?
Patrick Lavarde. C’est l’organisme technique français de référence sur la connaissance et la surveillance de l’état des eaux et sur le fonctionnement écologique des milieux aquatiques.
Ses missions :
- développer les savoirs sur l’eau et les milieux aquatiques,
- contrôler les usages de l’eau,
- protéger et surveiller les milieux aquatiques,
- apporter un appui technique à la gestion territoriale de l’eau.


