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2èmes Assises - 23 et 24 octobre 2013

30 octobre 2013 - Énergie, Air et Climat
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Sommaire :


Améliorer la qualité de l’air, un enjeu majeur pour la santé et l’environnement

23 octobre 2013

Les impacts sanitaires et sociaux de la pollution de l’air



La pollution atmosphérique est à l’origine de 42000 décès prématurés par an en France. Principales responsables : les particules fines, qui pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire et peuvent passer dans le sang. Invisibles et inodores, elles peuvent engendrer à long terme des maladies cardiovasculaires et l’apparition de cancers. Elles sont également responsables de problèmes de développement de l’appareil respiratoire, notamment chez les enfants.

 
Les particules fines en suspension dans l’atmosphère ne sont pas les seules à avoir un impact sur la santé : un grand nombre de polluants sont présents dont le NO2 (dioxyde d’azote) et l’ozone contribuent également à la dégradation de la qualité de l’air extérieur.
 
Par ailleurs, selon les travaux récents de l’OMS :
  • les dernières données scientifiques montrent encore plus fortement un lien entre la pollution de l’air extérieur et des pathologies respiratoires et cardiovasculaires ;
  • d’autres effets sur la santé de la pollution atmosphérique sont désormais mis en évidence tels que des effets sur la reproduction, le développement foetal, le développement neurologique, la fonction cognitive, l’athérosclérose, le diabète.
  • d’autres polluants de l’air ambiant que les particules s’avèrent également toxiques pour l’homme, notamment l’ozone à la fois pour des expositions à court et à long terme (atteintes respiratoires principalement) et le dioxyde d’azote dont les effets propres à court et à long terme sont de plus en plus suggérés par les études.
Enfin, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS vient de classer la pollution atmosphérique comme cancérogène certain.
 

Surveillance de la qualité de l’air extérieur

En France, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie contrôle le bon fonctionnement du dispositif de surveillance de la qualité de l’air extérieur. Ce dispositif s’appuie sur plusieurs organismes :

- les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) ;

- le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l’air (LCSQA) ;

- le centre interprofessionnel technique d’études et de pollution atmosphériques (CITEPA) ; ;

- l’Institut National de l’Environnement Industriel et des RISques (INERIS).

 
La mauvaise qualité de l’air intérieur peut également provoquer des troubles de la santé : pathologies du système respiratoire (rhinites ou bronchites), maux de tête, fatigue, irritation des yeux, nausées… L’ensemble des maladies allergiques (asthme, conjonctivite, allergie alimentaire, etc.) concerne 25% à 30% de la population dans les pays industrialisés.
 
En France :
  • 40% des logements analysés présentent au moins un problème de qualité de l’air intérieur, selon l’enquête de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI).
  • l’asthme frappe 3,5 millions de personnes, les insuffisances respiratoires graves en touchent 50 000 ;
A contrario, une bonne qualité de l’air à l’intérieur d’un bâtiment a un effet positif démontré sur le taux d’absentéisme et le bien-être des occupants, ainsi que sur l’apprentissage des enfants.
Dans les prochaines années, les bâtiments seront de plus en plus étanches et donc de plus en plus confinés. L’amélioration de la qualité de l’air dans les bâtiments économes en énergie doit donc rester une priorité.
 

Surveillance de la qualité de l’air intérieur

Les effets sanitaires des différentes substances sont évalués par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) qui détermine des valeurs guides de qualité d’air intérieur (VGAI) à court et à long terme. Ces valeurs guides de l’Anses sont des cibles sanitaires à atteindre à long terme pour protéger la santé des personnes. (Une valeur guide pour l’air intérieur caractérise un niveau de concentration de polluants dans l’air fixé, pour un espace clos donné, dans le but d’éviter, de prévenir ou de réduire les effets nocifs sur la santé humaine, à atteindre, dans la mesure du possible, dans un délai donné.

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) élabore ensuite des valeurs repères d’aide à la gestion, prenant en compte ces critères sanitaires tout en les mettant en perspective avec les concentrations techniquement atteignables actuellement.

 
 

Focus sur le coût de la pollution de l’air

 
Le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie estimait en 2012 que les coûts de santé de la pollution de l’air extérieur en France s’élevaient annuellement de 20 à 30 Mds€, ce qui correspond à environ 400 à 500 €/an/habitant.
 
La pollution de l’air extérieur est à l’origine de maladies de l’appareil respiratoire qui entraînent des dépenses prises en charge par le système de soin : consultations, soins, médicaments, hospitalisations, indemnités journalières, etc. Ce coût pour le système de soin est évalué entre 825 millions et 1,7 milliard d’euros par an.
 
La maladie la plus coûteuse est l’asthme, dont la part attribuable à l’environnement reste incertaine. Viennent ensuite les bronchites aiguës qui concernent aussi un grand nombre de cas, puis les bronchites chroniques, les broncho-pneumopathies obstructives et les cancers des voies respiratoires. Les épisodes sévères de pollution ou l’exposition chronique de personnes sensibles sont aussi la cause de nombreuses hospitalisations.
 
Parallèlement aux études sur le coût de la pollution de l’air extérieur, on estime entre 10 et 40 milliards d’euros par an le coût de la mauvaise qualité de l’air intérieur en France, dont 1 milliard pour le remboursement des médicaments anti-asthmatiques (Etude européenne EnVIE : http://www.envie-iaq.eu/).

 

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