Puisque le paysage doit être l’affaire de tous, il est nécessaire que tous en partagent une égale connaissance. Dans ce but, les DIREN réalisent avec les collectivités territoriales et les autres services de l’État des Atlas de paysages, documents de référence partagée sur les paysages qui couvriront l’ensemble du territoire à l’échéance de 2007.
L’Observatoire photographique national du paysage participe à cet objectif en mettant en évidence les évolutions du paysage ; de même des indicateurs sociaux d’évolution des paysages se mettent en place progressivement.
Si les paysages ne sont pas un sujet réellement nouveau pour les politiques publiques, ils s’inscrivent cependant aujourd’hui dans les politiques publiques en des termes nouveaux. Aussi, le développement des connaissances scientifiques sur l’interaction entre paysages et politiques publiques est tout à fait nécessaire. C’est dans cette optique que le ministère de l’écologie et du développement durable a lancé deux programmes de recherche intitulés « politiques publiques et paysages : analyse, comparaison évaluation » (de 1998 à 2005) et « paysages et développement durable » (lancé en 2005).
Aujourd’hui, le paysage est un sujet partagé et chaque citoyen est associé aux décisions d’aménagement. Aussi, le paysage, dans ses structures matérielles comme dans ses systèmes de perceptions sociales, doit devenir sujet et objet d’une culture générale partagée, débattue avec chacun.
10 février 2010
- Construction, urbanisme, aménagement et ressources naturelles
Objectifs
Les Atlas de paysages sont des documents de connaissance partagée qui permettent de traduire sur le territoire le terme de paysage défini par la Convention européenne du paysage : « partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations ». C’est pourquoi ils sont un indispensable préalable à la définition des politiques du paysage.
Ils sont élaborés à l’échelle des 100 départements français sous la conduite de comités de pilotage composés des autorités publiques, des organismes professionnels et des ONG concernés. Ils sont réalisés par des équipes pluridisciplinaires conduites par un paysagiste.
Les Atlas de paysages recomposent les informations sur les formes du territoire en identifiant les composantes du paysage (unités et structures paysagères des Atlas), les perceptions et représentations sociales (indicateurs sociaux d’évolution du paysage) ainsi que les dynamiques pour constituer un « état des lieux » des paysages approprié par tous les acteurs du paysage.
Pour tenir compte des évolutions permanentes des paysages, les Atlas sont actualisés régulièrement, tous les 10 ans environ.
Méthode des Atlas de paysages
Cette méthode continue de s’enrichir avec les Atlas publiés en France, les travaux menés pendant les ateliers transfrontaliers et les ateliers inter-DIREN (renvoi vers article d).
En attendant la publication d’une version enrichie de la méthode, une note (lien document), récapitule quelques enseignements pour la réalisation et l’actualisation des Atlas de paysages.
Des journées de formation sont organisées régulièrement sur les Atlas de paysages (lien IFORE).
Etat des lieux des Atlas de paysages publiés
Elaborés à l’initiative des services déconcentrés en partenariat avec les collectivités territoriales, les Atlas de paysages couvriront bientôt l’ensemble du territoire national. Les Atlas de paysages les plus anciens commencent à être actualisés.
Cette carte présente l’état des lieux des Atlas de paysages publiés au 1er janvier 2009, les liens pour consulter ces Atlas, ainsi qu’une liste bibliographique.
Ateliers transfrontaliers et ateliers trans-régionaux
Dans le droit fil de la Convention européenne du paysage, il a été décidé d’organiser une série d’ateliers transfrontaliers, initiés par le bureau des paysages, portant sur les Atlas de paysages.
« Les travaux d’identification et de qualification seront guidés par des échanges d’expériences et de méthodologies, organisés entre les Parties à l’échelle européenne en application de l’article 8. » (Convention européenne du paysage, article 6C).
Chaque atelier a abordé une partie bien spécifique des Atlas de paysages, et abouti à des conclusions partagées. Une convention d’appui scientifique et méthodologique a été signée avec le laboratoire LADYSS du CNRS qui rédige un rapport suite à chaque atelier.
La séquence de ces ateliers était :
- atelier 1 (France – Wallonie, 2005) architecture générale des Atlas de paysages (rapport scientifique)
- atelier 2 (France – Espagne, 2006) unités, structures et éléments du paysage, identification des échelles spatiales (rapport scientifique)
- atelier 3 (France – Italie, 2007) les perceptions sociales, identification des échelles sociales (rapport scientifique)
- atelier 4 (France – Angleterre, 2008) les dynamiques paysagères, identification des échelles temporelles (rapport scientifique)
- atelier 5 (France – Catalogne, 2009) le paysage, de la caractérisation à l’action (rapport scientifique)
Les indicateurs sociaux d’évolution du paysage
Afin de « qualifier les paysages identifiés en tenant compte des valeurs particulières qui leur sont attribuées par les acteurs et les populations concernés » (Convention européenne du paysage, article 6C), le ministère a élaboré, en collaboration avec le laboratoire Dynamique sociale et recomposition des espaces (LADYSS) du CNRS un questionnaire sur les évolutions des paysages français.
Cette enquête a pour objectif d’une part d’alimenter la partie sur les perceptions sociales des Atlas de paysages, et d’autre part de mettre en place des indicateurs de la perception des évolutions des paysages. Ces indicateurs sont collectés à l’échelle des cantons par une enquête auprès de personnes qui peuvent rendre compte de l’état des paysages de leur territoire et des avis des populations sur les transformations qu’ils connaissent.
Note de synthèse sur les indicateurs de paysage