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Biodiversité marine, il est encore temps d’agir

15 juin 2016
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Surpêche, pollutions, destruction des milieux, réchauffement sont autant de défis à relever pour préserver la biodiversité marine. Car, si l’extinction d’espèces est difficile à vérifier dans les océans, il est attesté que certaines se raréfient dangereusement. Les scientifiques s’inquiètent aussi de la migration de nombreuses espèces animales et végétales, confrontées à l’augmentation des températures, en direction des pôles et de la modification de leurs cycles biologiques. Quelles solutions ?


Aujourd’hui, les activités humaines menacent la biodiversité marine : surexploitation de certaines espèces, dégradation des milieux, pollutions… Les relations et les interactions entre les espèces sont perturbées, d’autant que la rapidité du changement climatique en cours rend difficile leur adaptation.

Développer les aires marines protégées

Une des réponses à cette situation alarmante est la création d’aires marines protégées. Aujourd’hui, dans le monde, on en recense plus de 5 000, essentiellement sur les côtes, couvrant environ 3,4 % de la surface des océans. La création de ces aires est importante, mais il est nécessaire d’assurer une bonne gestion de ces espaces pour en tirer tous les bénéfices.

Préserver les milieux côtiers

La préservation des ressources marines passe aussi par celle des milieux côtiers, qui abritent les zones d’alimentation, de frai et de reproduction d’espèces variées. Or, ces milieux sont extrêmement fragilisés par les pressions anthropiques (plus d’un milliard de personnes en zone littorale d’ici 2060). À une urbanisation non maîtrisée dans de nombreux pays, s’ajoutent les rejets de diverses origines (effluents d’azote et de phosphates agricoles, eaux usées…), qui favorisent la prolifération d’algues et de bactéries néfastes. Les événements extrêmes (submersions, tempêtes…) contribuent également à l’altération de certains habitats côtiers (mangroves, herbiers).

Limiter les prises accessoires

Pour compenser la diminution des stocks de poissons (selon la FAO, les trois quarts des espèces sont pleinement exploitées, surexploitées ou effondrées), les pêcheurs ont de plus en plus recours à des méthodes destructrices, comme les filets dérivants ou le chalutage de fond. Ces pratiques ont notamment pour conséquence d’augmenter les prises de juvéniles et d’espèces non cibles (poissons impropres à la consommation ou sans valeur commerciale, tortues, cétacés, oiseaux plongeurs…). Ces prises accessoires peuvent aller jusqu’à 80 % pour la pêche à la crevette. La fermeture temporaire de certaines zones à la pêche, l’utilisation d’engins de pêche plus sélectifs, l’interdiction des rejets à la mer et la labellisation des pêches respectueuses du milieu marin font partie des solutions.

Raisonner l’aquaculture

L’aquaculture est souvent présentée comme une alternative à la surpêche industrielle. Mais pratiquée de manière intensive et sans normes strictes, elle est tout aussi néfaste pour le milieu marin : pression accrue sur les ressources halieutiques (saumons et thons d’élevage sont nourris à partir de poissons sauvages), production d’effluents très polluants, utilisation d’antibiotiques, introduction d’espèces exotiques… Seule, une réglementation renforcée sur le fonctionnement des fermes aquacoles peut garantir une aquaculture durable. Sur terre comme sur mer, la restauration d’un écosystème demande beaucoup plus de temps et d’énergie que sa dégradation et, passé un certain seuil, il n’y a pas de retour en arrière possible. Il faut donc agir vite et fort.

Une aire marine protégée, qu’est-ce que c’est ? Une aire marine protégée (AMP) est un espace délimité en mer au sein duquel un objectif de protection de la nature à long terme a été défini, objectif pour lequel un certain nombre de mesures de gestion sont mises en œuvre : suivi scientifique, programme d’actions, chartes de bonne conduite, protection du domaine public maritime, réglementations, surveillance, information du public, etc. L’objectif de protection n’est pas exclusif d’autres objectifs, notamment de développement économique maîtrisé (utilisation et exploitation durables des ressources marines).

280 000 espèces marines sont actuellement recensées, soit environ 15 % du nombre d’espèces décrites à ce jour sur Terre.

Source : www.conservation-nature.fr

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