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Le biomimétisme

21 décembre 2012 - Développement durable
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Bioéconomie, biotechnologies, biomimétisme : de quoi parle-t-on ?

21 décembre 2012


A l’occasion de rapports publiés respectivement en 2010 et 2012, l’OCDE et la Commission européenne* préconisent le développement d’une bioéconomie « durable », qui s’appuie sur une exploitation raisonnée des ressources biologiques, pour réduire la dépendance à l’égard des ressources non renouvelables des populations, en assurant, de manière pérenne, leur sécurité aussi bien alimentaire et environnementale qu’économique, par la compétitivité et la création d’emplois. Science des êtres vivants - plantes, micro-organismes et animaux, bactéries incluses, jusqu’à l’homme -, qui comprend l’observation des comportements, isolément (éthologie) ou en relation avec leur milieu (écologie), la biologie est à l’origine de la bioéconomie, des biotechnologies et du biomimétisme.

La bioéconomie désigne les activités de fabrication et de transformation de ressources biologiques dans différents secteurs - agriculture, sylviculture, pêche, alimentation, papeterie, chimie, biotechnologies, énergie.

L’OCDE définit la biotechnologie comme « l’application des principes scientifiques et de l’ingénierie à la transformation de matériaux par des agents biologiques, pour produire des biens et services ».

L’essor des biotechnologies dans les domaines de la santé, de l’environnement, de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de l’industrie, croise les avancées de la biologie et un ensemble de techniques issues d’autres disciplines (microbiologie, biochimie, biophysique, génétique, biologie moléculaire, informatique). Loin de se réduire à la production d’organismes génétiquement modifiés (OGM), les biotechnologies permettent, par exemple, de créer des molécules actives pour les médicaments en utilisant des bactéries ou des champignons comme réacteurs.

Le biomimétisme** consiste à observer et à reproduire artificiellement des propriétés essentielles (formes, matériaux, processus, interactions) d’un ou plusieurs systèmes biologiques, pour mettre au point des procédés et des organisations permettant un développement durable des sociétés à un faible coût économique et environnemental.

Au lieu de s’interroger sur les réductions des consommations et des impacts des procédés existants, la démarche, complémentaire, consiste à l’inverse à examiner jusqu’où il serait nécessaire de dégrader la soutenabilité d’un processus naturel tel que la construction de coquilles très résistantes ou la ventilation des termitières pour aboutir à une opération industrialisable. Cette approche innovante, que le commissariat général au Développement durable entend promouvoir dans le cadre de ses chantiers opérationnels, peut prendre différentes directions.

Dans le cas de l’application dans divers champs technologiques de mécanismes de la nature, biomimétisme est synonyme de bionique. D’autres projets, liés à la biophysique, facilitent l’étude scientifique de la nature, en reproduisant en laboratoire des comportements « noyés » dans la complexité du réel. Enfin, le biomimétisme peut s’inspirer des écosystèmes ou plus généralement du fonctionnement des êtres vivants, pour améliorer l’organisation et les technologies humaines.

* Commission européenne : L’innovation au service d’une croissance durable : une bioéconomie pour l’Europe - OCDE : La Bioéconomie à l’horizon 2030 : quel programme d’action ?
** Biomimétisme Quand la nature inspire des innovations durables Janine M. Benyus, Collection Initial(e)s DD Editions de l’Echiquier

      
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