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PRESSE

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COP21 - Ségolène Royal fait de l’Océan un sujet majeur de la COP21 : « L’Océan est une solution pour le Climat »

2 décembre 2015 - COP 21
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Dans la zone bleue des négociations du Bourget dans le cadre de « la Semaine de l’Action », Ségolène Royal participe à la Session Océan. Portée par la Ministre, cette initiative permet d’engager pour la première fois une démarche internationale des acteurs qui sera officiellement inscrite dans l’Agenda des solutions. L’Agenda des solutions rassemble les engagements concrets pour le climat annoncés lors de la COP21 par les associations, les entreprises, les donateurs, les collectivités ainsi que les États.


En tant que chef de la délégation de la France, deuxième espace maritime au monde, Ségolène Royal s’est investie pour que la contribution de l’Océan, soit prise en compte lors de la COP21 :

  • Le 29 novembre dernier, elle a lancé à Paris l’appel « Parce que l’Océan » avec les représentants de 10 États et le Prince Albert de Monaco. Elle invite les autres pays à s’y rallier.
     
  • Aujourd’hui la Ministre a annoncé :

    1. L’avancement d’un rapport spécial du GIEC sur l’Océan soutenu par la France, la Chine, Monaco et l’Espagne. Le président du GIEC à répondu à la ministre (voir courrier sur le site).

    2. La demande de la France de généraliser à l’international un système obligatoire de surveillance, déclaration et vérification des émissions de CO2 par le transport maritime (qui représente plus de 2,5 % des émissions mondiales de CO2). La France souhaite que ce mécanisme obligatoire soit adopté lors de la session d’avril 2016 de l’Organisation Maritime Internationale.

    3. Le dépassement par la France de son objectif de protection de 20 % de ses eaux territoriales, avec l’extension de la réserve marine des Terres australes françaises en 2016.

    4. L’interdiction des sacs plastiques à usage unique dès 2016, et le souhait qu’une initiative puisse être prise dans plusieurs pays pour réduire les déchets dans l’océan.

    5. L’invitation faite à tous les Etats d’adopter une règlementation ambitieuse pour protéger les écosystèmes marins profonds, à l’instar des règles dont l’Union européenne est en train de se doter pour la pêche en eaux profondes.

    6. Le partenariat qu’elle a signé aujourd’hui avec le Président de la Polynésie française, Edouard Fritch, afin de déployer des aires marines éducatives sur le reste du territoire français comme cela se fait en Polynésie.
     
  • Le 3 décembre, la Plateforme Océan et Climat anime, dans les Espaces générations climat, un Forum destiné à l’ensemble des représentants de la société civile sur l’Océan.
     
  • Le 4 décembre la conférence « Ocean days at COP21 », dans les Espaces générations climat, visera à élaborer un programme d’action à 5 ans avec la participation de décideurs politiques.
     
  • En tout, pendant la Conférence de Paris sur le climat, 30 évènements et 7 stands sont dédiés à la thématique de l’Océan. 

 

Télécharger la liste des signataires et la déclaration du 29 novembre (PDF - 76 Ko)

Télécharger la réponse du président du GIEC (PDF - 84 Ko)

Télécharger le communiqué (PDF - 148 Ko)

Ségolène Royal's closing speech (PDF - 164 Ko)

 

Segment Océan du Focus Lima Paris Action Agenda sur la résilience
2 décembre 2015

Discours de clôture de Ségolène Royal,
Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie,
Chef de la délégation française

 

Messieurs les Ministres de l’Environnement du Chili et de la Mauritanie,
Chers Amedi Camara et Pablo Badenier Martinez,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

L’océan, vous l’avez dit, a longtemps été
le grand absent des négociations internationales sur le climat
bien que ce régulateur climatique hors pair soit aujourd’hui durement impacté
par le réchauffement climatique
et par les pollutions destructrices de sa biodiversité.
Pourtant, ce gigantesque puits de carbone, aujourd’hui fragilisé,
fait partie des solutions d’atténuation de nos émissions de gaz à effet de serre
et d’adaptation aux effets d’ores et déjà manifestes de la dérive climatique,
comme vous l’avez évoqué dans vos passionnantes interventions.

C’est pourquoi j’ai voulu, avec le soutien actif du Pérou,
que la présidence française lui fasse, dans le cadre de la COP21,
une place à la mesure de ces enjeux, qu’attestent notre rencontre d’aujourd’hui
et les nombreux événements organisés sur ce sujet durant le Sommet de Paris.
Merci à vous d’y apporter le renfort de vos connaissances,
de vos réalisations et de vos engagements.
Merci aux intervenants et à tous ceux qui ont œuvré au succès de ce Segment :
représentants des pays et de leurs établissements publics,
des territoires et des organisations internationales,
des entreprises du secteur maritime, des institutions scientifiques,
des ONG et de la société civile,
et en particulier la plate-forme Océan et Climat
qui a tiré la sonnette d’alarme avec une opiniâtreté aujourd’hui récompensée,
toutes et tous acteurs de la protection et de la valorisation de l’océan.
Voici donc corrigé cet oubli
d’espaces qui recouvrent 70% de la surface de la planète,
absorbent près de 30% de nos émissions de gaz à effet de serre,
nourrissent la population mondiale et en font directement vivre une large part,
sont le support de multiples activités économiques,
contribuent à l’essor des énergies renouvelables
et nous fourniront demain de nouvelles ressources énergétiques, pharmaceutiques,
qui permettront à la croissance bleue de déployer tout son potentiel.
J’ai demandé en octobre dernier au Président du GIEC
que la question des océans soit au cœur du nouveau rapport
des experts inter-gouvernementaux

qui servira de référence aux négociations mondiales
et que des démarches scientifiques lui soient spécifiquement dédiées,
en articulation avec les travaux de l’IPBES,
la plate-forme inter-gouvernementale sur la biodiversité
et les écosystèmes marins,
et en lien avec l’évaluation mondiale des océans par les Nations Unies.
Monaco, la Chine et l’Espagne ont également demandé
qu’un rapport spécial soit consacré à l’océan.
M. Hoesung Lee m’a assurée que son rôle déterminant serait pleinement
pris en compte dans le cadre de l’élaboration du 6ème rapport du GIEC
et des rapports spéciaux relatifs à des sujets clefs,
bases essentielles des prochaines négociations climatiques.

Je ne m’attarderai pas, ici, sur les vertus climatiques de l’océan,
sur les dommages qu’il subit et sur les risques qui en résultent
non seulement pour les populations côtières mais pour l’humanité tout entière :
vous l’avez excellemment fait
et nous en sommes, dans cette salle, tous convaincus.
De même que vous avez parfaitement démontré et illustré
les progrès considérables qui peuvent être réalisés grâce à l’océan
dans les deux dimensions de sa relation au climat :
l’atténuation et l’adaptation résiliente.
Je préfère vous dire quelques mots des engagements de la France,
des actions qu’elle a mises en place et des démarches qu’elle appuie.
 

I.- Réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur maritime

Le transport maritime est un exemple de ces bénéfices mutuels
qu’apporte l’intégration de la question climatique dans un secteur d’activité :
économiser l’énergie, c’est bon pour le climat, bon pour l’océan
et bon pour les coûts de fonctionnement.
Je salue les efforts des armateurs qui se sont engagés volontairement
dans des démarches de réduction de leurs émissions de CO2
plus strictes que les standards internationaux actuels,
avec des objectifs de réduction de 20 % en 2020 et de 50 % en 2050.
Je tiens à les encourager à amplifier leurs efforts
et à peser pour que l’Organisation maritime internationale
accélère la révision à la hausse de ses standards,
dans le cadre d’une approche non différenciée entre les pavillons
et dans la perspective de l’adoption d’un système obligatoire
de surveillance, de déclaration et de vérification (MRV en anglais)
des émissions de gaz à effet de serre,
avec la mise en place d’un suivi et d’un bilan réguliers.
L’idéal serait à cet égard que la prochaine réunion d’avril 2016
puisse être conclusive.
La France soutient pleinement la poursuite active à l’OMI des discussions
sur la maîtrise des émissions du secteur
et je vous encourage, vous qui avez pris l’initiative,
à convaincre les autres entreprises du secteur de vous emboîter le pas
en prenant elles aussi des engagements volontaires.
 

II.- Adaptation et préservation du milieu marin

Il faut que l’océan soit en bonne santé pour jouer pleinement son rôle
et vous nous avez donné d’excellents exemples de vos actions
qui contribuent à réduire la pression humaine sur les mers et les littoraux.
La création d’aires marines protégées et leur bonne gestion
sont de puissants outils de résilience.
Les écosystèmes marins sont des puits de carbone
et leur bon fonctionnement est un enjeu majeur pour la France,
2ème domaine maritime mondial
qui a la responsabilité de 11 millions de km² d’espaces maritimes
répartis dans tous les océans de la planète.
J’ai donc mis en place des actions qui y concourent et notamment :

  • L’interdiction des sacs plastiques à usage unique dès le 1er janvier prochain,
  • L’interdiction du rejet des eaux de ballast non traitées,
  • L’extension de nos aires marines protégées qui passeront de 16 % des eaux françaises à 20 %, avec notamment l’extension de la réserve marine des terres australes, alors que l’objectif mondial est de 10 % en 2020,
  • La restauration des zones humides côtières avec la protection de 55.000 hectares de mangroves d’ici 2020,
  • La protection de 75 % de nos massifs coralliens d’ici 2021. Je soutiens la coopération régionale dans le cadre de l’Initiative Internationale sur les récifs coralliens (ICRI) et la France, 4ème pays récifal, est candidate pour en assurer le secrétariat.
     

La France soutient également l’adoption par les Nations Unies
d’un accord sur la protection de la biodiversité en haute mer.

Elle affirme ses ambitions en matière de pêche responsable
pour protéger les écosystèmes vulnérables
et a soutenu la récente décision européenne
d’interdiction de la pêche en eau profonde (au-delà de 800 mètres) :
j’invite tous les pays du monde à faire de même.
Vous avez à juste titre souligné l’importance du rôle de la société civile
et la nécessité de donner aux citoyens les moyens d’être
acteurs de leurs territoires.

L’expérience polynésienne des « aires marines éducatives »
est particulièrement instructive
et j’ai décidé d’en étendre la démarche au niveau national dès 2016.
A cette fin, je vais signer un accord de partenariat avec la Polynésie française.
J’espère que ce type d’action, très concrète et très innovante,
puisse faire plus largement école à l’échelle internationale.
 

III.- L’adaptation et la gestion des risques côtiers

Vous nous avez dit l’importance de la protection des zones littorales
et de la gestion des risques côtiers dans plusieurs régions du monde.
En France aussi, le littoral est menacé, dans l’Hexagone et dans les outre-mer.
C’est pourquoi j’ai mis en place
une Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte
dont les objectifs sont notamment d’évaluer et cartographier l’érosion côtière
ainsi que de promouvoir des méthodes concrètes, efficaces,
pour permettre l’adaptation des territoires littoraux.
Dans ce domaine, la coopération régionale et internationale est cruciale.
J’ai bien entendu les préoccupations exprimé en Afrique de l’Ouest
et les engagements dont vous nous avez fait part
concernant la réunion d’un partenariat d’acteurs du développement
pour mettre en place les mesures qui réduiront, à l’horizon 2023,
le taux d’érosion dans les points les plus sensibles
et diminueront les risques d’inondations littorales.
Je souhaite que la France participe,
aux côtés des Etats riverains et avec de nombreux partenaires,
au programme régional de la Banque mondiale
sur la gestion des risques côtiers ouest-africains.
 

IV.- L’engagement nécessaire des scientifiques

L’océan, cet espace encore mystérieux,
recèle, vous l’avez évoqué, bien des inconnues à explorer.
Bien sûr, il ne faut pas attendre de tout savoir pour agir.
Mais nous avons besoin de davantage de connaissances.
Les efforts significatifs que font les scientifiques,
dans de nouveaux partenariats innovants et internationaux,
afin de mieux comprendre les interactions
entre systèmes climatique et océanique sont indispensables.
Je les en félicite car des savoirs et des informations accessibles partagés entre tous
vont permettre aux décideurs et à tous les acteurs
de mieux comprendre pour mieux agir.
La France prendra toutes les initiatives nécessaires pour permettre
l’émergence de programmes de recherche coordonnés à l’échelle internationale,
à l’image de celui que nous proposons sur la question des Sargasses,
ces algues de pleine mer qui s’échouent massivement sur les côtes des Caraïbes.
 

Conclusion

La richesse des échanges qui viennent d’avoir lieu me conforte dans la conviction
que les coalitions d’acteurs pour la protection du milieu marin, du littoral,
et pour leur utilisation durable
compteront de plus en plus à l’avenir dans l’agenda mondial sur le climat.
Nous avons initié un processus.
Cette dynamique doit être poursuivie et amplifiée dans les rendez-vous à venir.
La COP21 restera pour l’océan un moment fondateur.

Nous aurons, dans les jours qui viennent, d’autres rendez-vous
lors des journées de l’océan « Ocean and Climate Forum »
puis durant l’Ocean Day de jeudi,
deux initiatives voulues et organisées par les acteurs publics,
les professionnels de la mer et nombre de représentants de la société civile.
De nombreuses manifestations se tiendront
dans la zone bleue et dans l’Espace Générations Climat.

L’océan a conquis sa place dans le Sommet de Paris et pour les COP à venir,
nous y travaillerons avec la Présidence marocaine
qui organisera la Conférence climat de 2016.
Merci, encore une fois, pour la qualité de vos contributions
et la force de vos engagements.
Relever le défi climatique et relever le défi océanique vont de pair.
La France apporte tout son soutien aux propositions et aux actions
qui montrent combien les solutions viennent aussi de l’océan,
cet océan que Françoise Gaill,
coordinatrice scientifique de la Plate-Forme Océan Climat appelle joliment
« l’assurance tous risques de la planète ».

Je vous remercie.
 

 

 


 

 

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