Comprendre le changement climatique
Les gaz à effet de serre ont un rôle important dans la régulation du climat. Sans eux, la température moyenne sur terre serait de –18°C au lieu de +15°C et la vie n’existerait peut-être pas. Toutefois, depuis le XIXe siècle, l’homme a considérablement accru la quantité de gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère : entre 1970 et 2004, les émissions globales de gaz à effet de serre ont augmenté de 70%. En conséquence, l’équilibre climatique est déstabilisé et le climat se réajuste à un effet de serre accru.
6 mai 2010
- Énergies et climat
Sommaire :
Conditions propres à la France
Un nouvel élan : le Grenelle Environnement
Se fondant sur le double constat des risques liés à la dégradation de l’état de notre planète et de l’urgence à agir pour lutter contre cette dégradation, le Président de la République a souhaité dès 2007 l’organisation du Grenelle Environnement, réunissant autour d’une même table tous les acteurs engagés au quotidien dans le développement durable : État, collectivités territoriales, syndicats, professionnels et associations de protection de l’environnement.
Le changement climatique est ainsi au centre des engagements du Grenelle Environnement. L’article 2 de la loi de programmation de mise en oeuvre du Grenelle Environnement du 3 août 2009 traduit cet engagement : « La lutte contre le changement climatique est placée au premier rang des priorités. Dans cette perspective, est confi rmé l’engagement pris par la France de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 en réduisant de 3 % par an, en moyenne, les rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, afin de ramener à cette échéance ses émissions annuelles de gaz à effet de serre à un niveau inférieur à 140 millions de tonnes équivalent de dioxyde de carbone. »
La phase de la mise en oeuvre des engagements est en cours au travers de :
- la loi du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en oeuvre du Grenelle Environnement ;
- les lois de finances 2008, 2009 et 2010 ;
- le projet de loi portant engagement national pour l’environnement (en cours d’examen au Parlement). Un comité de suivi du Grenelle a été créé afin de maintenir le dialogue entre le gouvernement et les acteurs ayant participé à la première étape du Grenelle Environnement.
Il regroupe, en plus de l’État, les représentants des 4 collèges (syndicats, ONG, organisations professionnelles, collectivités territoriales) et se réunit régulièrement afin de présenter l’avancement des étapes de mise en oeuvre.
L’estimation de l’impact des mesures du Grenelle Environnement montre une réduction des émissions de GES de 116 Mt éq . CO 2 par rapport à un scénario tendanciel sans les mesures prises lors du Grenelle Environnement.
Figure 1 : Estimation des émissions de GES (en Mt éq. CO2) avec et sans la mise en oeuvre des objectifs du Grenelle Environnement.

Sources : Inventaire CCNUCC, CITEPA, soumission 2009 et projections d’émissions.
Évolution récente de la société
L’évolution récente de la société et de l’économie françaises fait apparaître des situations contrastées favorables pour certaines à la lutte contre le changement climatique, défavorables pour d’autres. Ainsi, en matière de répartition territoriale de la population, qui n’est pas sans conséquence sur le recours par les ménages à des modes de transport comme la voiture et donc sur les émissions de gaz à effet de serre, la croissance démographique significative de larges espaces ruraux observée ces dernières années peut conduire à un accroissement des émissions de gaz à effet de serre. En revanche, la renaissance des centres-villes peut conduire à une certaine densification permettant de diminuer les effets négatifs de l’étalement urbain en termes d’émissions de gaz à effet de serre liées aux transports.
De même, la baisse de la croissance économique en raison de la crise mondiale conduit mécaniquement à une baisse des émissions de gaz à effet de serre. Si cela peut apparaître comme positif pour l’atteinte des engagements pris par la France dans le cadre du protocole de Kyoto ou au niveau communautaire, cette même crise peut conduire en l’absence d’une politique contracyclique à une panne de l’investissement des entreprises et des ménages, entraînant à moyen/long terme une augmentation des émissions.
Dans le domaine démographique, le nombre de ménages tend à croître plus vite que la population : + 1,24 % par an en moyenne pour le nombre de ménages entre 1975 et 2005 contre + 0,48 % pour la population. Le nombre moyen de personnes par ménage tend en effet à baisser : égal à 2,9 en 1975, il n’est plus que de 2,4 en 1999 et de 2,3 en 2005. Cette augmentation du nombre des ménages n’est pas sans influence directe sur le besoin en logements et sur la consommation énergétique due aux logements et aux transports.
Par ailleurs, si, d’après le dernier inventaire biophysique CORINE (coordination de l’information sur l’environnement) Land Cover 2006, la France métropolitaine est couverte majoritairement de terres agricoles (60 %) et de forêts ou autres espaces semi-naturels (34 %), les évolutions entre 2000 et 2006 prolongent celles des années 1990.
Autrement dit, les sols agricoles continuent de reculer, au profit principalement d’espaces artificialisés. L’ensemble constitué des forêts, des zones humides, des autres milieux naturels et des sols agricoles extensifs, comme les prairies, voit sa surface diminuer dans toutes les régions entre 2000 et 2006. L’artificialisation des sols qui en résulte s’accompagne généralement de leur imperméabilisation. La conséquence en est une amplification du ruissellement accroissant ainsi les risques d’inondation, en augmentant les niveaux des crues et leur rapidité d’apparition après les précipitations.
Dans le domaine énergétique la croissance des énergies renouvelables, combinée à une stagnation de la consommation finale énergétique et non énergétique observable depuis 2001 semble augurer d’une nouvelle ère du système énergétique. Néanmoins, en raison des objectifs ambitieux à atteindre, il y a nécessité de renforcer les actions.
Le constat est le même dans le domaine de la consommation de chauffage du secteur résidentiel. La consommation d’énergie du secteur résidentiel diminue nettement depuis 2001, de 4 % entre 2001 et 2006 du fait de la baisse de la consommation d’énergie du chauffage de 7,5 %, et ceci, malgré une croissance de 6 % du parc de logements.
Dans le domaine des transports, les émissions de gaz à effet de serre du secteur se sont stabilisées ces deux dernières années grâce à la diminution des vitesses moyennes et à l’amélioration des caractéristiques du parc de véhicules neufs. Ces impacts positifs contrebalancent, pour le moment, l’engouement croissant pour les véhicules plus émissifs et la croissance du nombre de véhicules.
Enfin, la France est la première destination touristique du monde au regard du premier indicateur retenu par l’Organisation mondiale du tourisme, le nombre d’arrivées de touristes étrangers, c’est-à-dire d’étrangers qui passent au moins une nuit en France. En 2007, la France détient ainsi le record avec 82 millions d’arrivées. Cet avantage pour la France s’accompagne de besoins accrus en transport.
[En savoir plus] Institutions - Démographie - Géographie - Climat -Économie -Autres circonstances (PDF)
