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Contamination et état de la surface de la piste

27 octobre 2016 - Transports
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Des améliorations souhaitables

 

Après divers incidents et accidents liés à des reports incomplets, erronés ou trompeurs des caractéristiques de la surface de la piste, il est devenu évident qu’une compréhension et une référence commune de l’évaluation de cet état devenait nécessaire.

Les attentes et les contraintes des équipages doivent être au cœur des process d’évaluation de l’état de la piste. La confiance dans ces process et la fiabilité des données est un enjeu majeur afin d’assurer utilisation opérationnelle de la plateforme.

 

Quelle est la glissance de la piste ? Ce que les équipages souhaitent ?

 

Les équipages ont besoin de compte-rendus d’évaluation des caractéristiques de la piste pour assurer leur conscience de la situation à tout moment.

  • Transmettre des informations fiables et concrètes
    • Les informations sur la glissance de piste doivent être claires, accessibles sous un format unique, et mises à jour de manière régulière.
      Il conviendrait de rechercher la corrélation entre l’état de la piste tel qu’indiqué dans le compte-rendu d’état de piste et les coefficients de freinage vécus et anticipés par les équipages.
    • Le contrôle aérien et les pilotes doivent utiliser une phraséologie standardisée pour permettre compréhension et cohérence des informations transmises
    • Les exploitants aéroportuaires doivent travailler à des process et des moyens harmonisés d’évaluation de la contamination des pistes.
  • Un règlement flexible pour s’adapter à des contextes aéroportuaires différents
    Une nouvelle réglementation plus souple permettra d’identifier les moyens de mettre à jour les process d’évaluation de l’état de la piste et le compte-rendu de l’état de la piste. L’objectif est d’acquérir des données homogènes et standardisées. Les process ne peuvent pas être les mêmes à Paris CDG, où la pression du trafic aérien est élevée, et sur un aéroport de plus petite taille sur lequel il est par exemple possible de déneiger la piste avant la prochaine arrivée. Le code d’état de piste dépendra de l’expertise de l’exploitant aéroportuaire, mais il doit avoir un format unique, partout dans le monde.
  • S’engager dans la recherche et le développement
    Le besoin d’outils supports pour affiner le compte-rendu d’état de piste.

L’avion doit devenir un capteur et compléter ainsi les moyens de mesure existants, fournissant des données régulièrement mises à jour sur la capacité de freinage, sans que cela n’affecte les opérations de piste (atterrissages/décollages). L’information doit être disponible pour tous les autres équipages par un dialogue de système à système, et requerra un équipement avion spécifique.

 

Les expérimentations TALPA – Take-off and Landing Performance Assessment, la marche à suivre

 

Après des années d’études, l’OACI a récemment publié un ensemble d’amendements pour mettre en service un nouveau format de report de la glissance de piste pour 2020, basé sur la méthodologie US TALPA-ARC.

Ce concept se repose sur l’utilisation d’une matrice d’évaluation de l’état de la piste qui intègre un ensemble de critères pour la description de l’état de la surface de piste et sa correspondance avec le code d’état de piste. De plus, une dégradation de ce code est prévue si les données temps réel fournies par les équipages (reports pilotes, observation visuelle, essai de friction sur piste) suggèrent que les conditions sont plus dégradées que celles évaluées et transmises.
La DGAC a procédé à des expérimentations TALPA sur 12 terrains dont Paris CDG, Paris ORLY, Bâle Mulhouse, Lyon et Strasbourg pendant 3 saisons d’hiver entre 2014 et 2017 (période de Novembre à Avril). Ces essais se sont basés sur la récupération des données (mesures des contaminants et reports pilotes dits PIREP).

Les objectifs des essais sont :
• valider la corrélation entre la matrice d’évaluation de l’état de la piste et les reports pilotes des conditions de freinage (PIREP),
• tester l’utilisation de cette matrice avec les exploitants aéroportuaires et les opérateurs aériens participants

Quels sont les résultats  ?
(hiver 2014/2015)
La corrélation est encourageante. L’importance d’une transmission cohérente des informations a été confirmée. L’avion lui-même devra à terme compléter les moyens actuels de mesure de la glissance de piste.

TALPA améliore la façon dont l’ensemble de la communauté aéronautique évalue l’état de la piste en se basant sur le type de contaminant et son épaisseur. TALPA délivre des informations utiles pour permettre aux équipages d’anticiper la performance freinage de leur avion.

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