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Les Terres australes et antarctiques françaises

Iles d’avenir, les Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) ont poussé les frontières de la France aux confins du grand sud extrême, là où le milieu naturel est extraordinairement préservé de l’emprunte humaine. L’écrivain Irène Frain parle de certaines d’entre elles, les îles éparses, comme « d’îles à fleur de peau, qui surgissent souvent à l’ultime instant devant la proue d’une navire ». Terres lointaines entre toutes, ces territoires offrent le spectacle de solidarités inouïes et se présentent comme un fabuleux laboratoire de la biodiversité.

Pour en savoir plus : www.taaf.fr


18 février 2010 - Eau et biodiversité
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Sommaire :


      

Des menaces sur la biodiversité

18 février 2010 (mis à jour le 2 juillet 2012)


Comme l’ensemble des milieux insulaires, les Taaf doivent être considérées comme des écosystèmes fragiles où la faune et la flore terrestre n’ont développé aucun mécanisme de défense contre la colonisation par de nouvelles espèces. Les espèces envahissantes sont donc une des principales menaces qui pèsent sur cette biodiversité. Les différentes phases d’installation humaine sur ces îles ont profondément perturbé le milieu originel.. Outre les espèces invasives associées à ces implantations, la quantité de déchets « historiques » actuellement présents sur les îles en témoigne. Les changements climatiques ou les activités de pêche illégale affectent également les populations animales, notamment aviaires.

Le plan d’actions Biodiversité des Taaf pour les années 2009 et 2010, adopté après validation des ministres en charge de l’écologie et de l’outre-mer, est en cours de mise en oeuvre. Ce premier plan d’action constitue un instrument fondamental précisant à la fois l’orientation de la politique environnementale du territoire mais aussi les actions précises à mener sur les 2 ans de sa validité. Grâce à ce plan, le territoire mène des actions concrètes au quotidien, visant notamment au contrôle des espèces introduites, à la restauration des milieux, à une meilleure conciliation entre activités humaines et préservation de l’environnement.

La lutte contre les espèces invasives et introduites

Les espèces introduites par l’homme sur ces îles (bovins, moutons, rennes, chats, rats, souris, chèvres…), que ce soit de manière volontaire ou involontaire, représentent une menace pour la biodiversité autochtone. L’éradication de ces espèces fait partie des priorités des Taaf. Cette action vise à retrouver et maintenir un écosystème fonctionnel et autonome. Les Taaf ont acquis une expérience unique dans ces opérations en menant à bien l’éradication de différentes espèces introduites (rats, lapins ou mouflons) en milieu tropical et subantarctique. Diverses opérations de contrôle et de restauration écologique sont en cours et concernent principalement les mammifères tels que les chats harets, que l’on estime pouvoir consommer un million d’oiseaux marins par an dans l’archipel Kerguelen, ou les bovins d’Amsterdam responsables notamment de la dégradation des sols. Pour lutter également contre les introductions d’espèces invasives, reconnues comme la deuxième cause d’extinction des espèces au niveau mondial, les Taaf ont mis en place plusieurs actions telles que le démantèlement des serres sur les îles de la Possession (Crozet) et de Kerguelen ou le remplacement des contenants à déchets vecteurs d’espèces exotiques.

Photo manchots
Crédit photo : Olivier hubert - Manchots

La gestion des déchets
La gestion des déchets est une priorité des Taaf qui, depuis 2001, ont mis en place une politique exemplaire de tri. Actuellement, des opérations spécifiques sont organisées pour évacuer les déchets « historiques » qui constituent des volumes importants et rendent ces actions très onéreuses en raison des coûts de rapatriement et de traitement. En avril 2009, une dépollution exceptionnelle des îles Éparses qui représente un retrait de plusieurs centaines de tonnes de déchets métalliques, soit plusieurs décennies d’occupation humaine, a été réalisée lors de la rotation exceptionnelle du Marion Dufresne. Une opération similaire consistant à retirer les déchets accumulés lors de la construction (abandonnée) de la piste aérienne est en cours en terre Adélie. Ce projet est réalisé dans le cadre de l’Année Polaire Internationale.

Un plan national d’actions en faveur de l’Albatros d’Amsterdam
Parmi les espèces d’oiseaux marins nichant dans les Taaf, il y en a une qui fait rêver : l’Albatros. Si les albatros sont des voyageurs extraordinaires, réalisant des dizaines de tours du monde au cours de leur vie, ils sont dans une certaine mesure casaniers : ils reviennent sur leur lieu de naissance pour se reproduire. Huit espèces se reproduisent dans les Terres australes françaises ; parmi celles-ci l’Albatros d’Amsterdam, qui ne se reproduit que sur l’île d’Amsterdam, est en « danger critique d’extinction ». Avec 25 à 30 couples nicheurs par an, cette espèce demeure vulnérable aux différentes menaces liées aux activités humaines.

Les Taaf mettent en place en 2010 un plan national d’action pour la conservation de l’Albatros d’Amsterdam. La Ligue de Protection des Oiseaux est associée à cette démarche et vient de signer avec les Taaf une convention cadre pour contribuer à la rédaction du plan d’action et la mise en place d’un comité de suivi qui regroupera les scientifiques du CNRS de Chizé, l’Ipev (l’Institut polaire français Paul Emile Victor), les organismes de pêche et les différentes administrations concernées. Cette démarche s’inscrit également dans le cadre des engagements pris par la France auprès de la communauté internationale, notamment l’Accord de Conservation des Albatros et des Pétrels (ACAP).

photo grand albatros d'Amsterdam
Crédit photo : taaf - Albatros d’Amsterdam

      
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