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PRESSE

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Discours Barbara Pompili : Séminaire relatif aux Espèces exotiques envahissantes

30 septembre 2016 - Eau et biodiversité
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« Lorsque je suis devenue secrétaire d’Etat à la biodiversité, en février dernier, certains m’avaient dit : "Tu auras tout juste le temps de faire adopter la loi en cours d’examen parlementaire, et de gérer quelques questions ponctuelles liées à la cohabitation entre espèces protégées et activités humaines, et cela sera fini".

Pour tout vous dire, avec mon cabinet, nous nous sommes fixés une ambition un peu différente :

Mener à bien les travaux parlementaires sur la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages constituait, certes, le premier objectif.

Nous ne voulions pas seulement que le processus aboutisse. De nombreux points restaient en suspens, qu’il s’agisse du préjudice écologique, des néonicotinoïdes ou encore des mesures de compensation par exemple. Nous nous sommes attelés aux arbitrages à aller chercher, aux majorités à réunir,  pour qu’ils permettent d’aller le plus loin possible.

La loi promulguée le 8 août dernier est, de ce point de vue, un motif de satisfaction, et je crois sincèrement qu’elle constituera à l’avenir une référence, comme le fut, il y a 40 ans, la loi de 76 sur la protection de la nature.

Le chantier législatif est clos.

Reste le chantier réglementaire : avec Ségolène Royal, nous travaillons actuellement sur les décrets d’application, qui seront tous pris dans les prochaines semaines, avec une priorité à ceux concernant l’Agence Française pour la Biodiversité.

Nous avions annoncé sa création effective au premier janvier prochain, et nous tiendrons cet engagement, grâce notamment à la démarche de préfiguration qui avait été mise en place.

Au total, ce sont plus de 30 décrets d’application qui sont actuellement en phase d’élaboration. Mais le chantier législatif n’était pas le seul. Et si, comme on me l’avait annoncé, nous avons régulièrement à intervenir sur des questions territorialisées, j’ai eu à cœur que se mettent en place des démarches au long cours sur des questions récurrentes, qui ne pourront trouver leur solution dans une seule et indispensable gestion quotidienne, j’allais dire au coup par coup.

C’est ce que nous avons fait par exemple sur la question du loup, avec la volonté de mettre autour de la table toutes les parties concernées, et avec le lancement de deux études, pilotées par le museum, portant sur l’évolution des populations de l’espèce d’une part, et évaluant les différents modes de gestion de la cohabitation entre le prédateur et les activités humaines, notamment pastorales.

L’objectif est de voir bien au-delà des échéances politiques, et de contribuer à définir un plan pluriannuel de gestion de l’espèce, avec des objectifs partagés, et en donnant les outils méthodologiques à ceux qui, sur le terrain, sont confrontés à cette problématique.

Et, dernier point des objectifs que nous nous étions fixés, il y a la sensibilisation de l’opinion publique à la biodiversité, à son utilité, et aux défis qu’il nous faut affronter.

Car si la question climatique est aujourd’hui perçue comme un enjeu essentiel par la société, celle de la biodiversité demeure largement sous-estimée. Pourtant, du fait des activités humaines, sous l’effet de la destruction et de la fragmentation des habitats, de la surexploitation des ressources, des pollutions, des espèces exotiques envahissantes, du réchauffement climatique, des espèces disparaissent, sans possibilité de régénération.

Cette érosion de la biodiversité a des conséquences sur la qualité de la vie, sur l’agriculture, sur la santé. Il est possible d’enrayer la perte de cette biodiversité menacée, il est même possible de la reconquérir.

De nombreuses initiatives sont prises sur les territoires. Les valoriser, les offrir en exemple pour inciter chacun à agir à son tour, c’est l’objet de la plateforme www.biodiversite-en-action.gouv.fr que nous mettons en ligne mardi prochain. Elle constituera un outil de sensibilisation essentiel, et je vous invite à la consulter, voire à l’alimenter via les porteurs d’actions que vous pouvez connaître. Parce que la force de l’exemple est toujours la meilleure des motivations à agir. Si je vous dis tout cela en ouvrant vos travaux, c’est qu’il me parait toujours utile de mettre les choses en perspectives, et de donner un sens à l’action.

(...) »

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