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PRESSE

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Discours Barbara Pompili à École Nationale de Travaux Publics de l’État (ENTPE) Vaulx-en-Velin Mardi 8 novembre 2016

8 novembre 2016 - Eau et biodiversité
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Lorsqu’on m’a proposé de venir dialoguer avec vous, et de faire précéder ces échanges d’une sorte de conférence sur la biodiversité, je me suis posée une question : à quelle occasion entend-on parler de biodiversité ? C’est un mot nouveau, issu de l’américain, une contraction qui vient en remplacement d’une expression sans doute plus explicite : celle de « diversité biologique ».

Le moins qu’on puisse dire est que la diversité est bien la caractéristique du vivant : Les spécialistes estiment que 20 à 80 millions d’espèces peuplent notre planète, alors qu'environ 1 million 8 cent mille espèces différentes ont été décrites à ce jour sur notre planète, dont 280 000 dans les mers et les océans.  Et chaque année, de l’ordre de 15 000 espèces nouvelles sont décrites. Le travail de recensement est donc loin d’être terminé !

Et cette biodiversité, vous en entendez le plus souvent parler lorsque des organismes scientifiques ou des organisations non gouvernementales alertent sur la disparition d’espèces : soit qu’il s’agisse d’espèces spécifiques à fort potentiel émotionnel ou d’évocation – je pense aux grands fauves d’Afrique par exemple – soit lorsque sont publiées des données statistiques, comme celles du WWF la semaine dernière.

Que nous dit cette étude du WWF ?
Elle nous dit que le déclin subi par les populations d’espèces animales sauvages est de plus en plus préoccupant, puisqu’il s’élève en moyenne à 58 % depuis 1970 et devrait atteindre 67 % d’ici la fin de la décennie. Et il ne s’agit là que de données qui portent sur les animaux vertébrés et cette tendance est la même pour les espèces végétales comme pour les insectes.

Ces données ne viennent que confirmer ce que l’on sait depuis des années : ainsi dans une étude de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature de 2015, il apparait que 30 % des 80 000 espèces étudiées par les experts sont menacées. C’est le cas de 41 % des amphibiens, de 33 % des coraux formant des récifs, d’un quart des mammifères. Une espèce d’oiseaux sur sept, un tiers des requins et raies et des conifères.

Rendez-vous sur le site internet de l’Observatoire National de la Biodiversité : vous y constaterez, à la lecture des multiples données chiffrées, que la tendance de fond enregistrée sur les années passées est identique.

Voilà pourquoi les scientifiques ont pris l’habitude de parler d’un processus en cours vers une sixième extinction de masse des espèces, la dernière en date étant celle des dinosaures, il y a 65 millions d’années.

 Face à des chiffres, on peut se demander si on peut agir, si on doit agir.

Et si vous le voulez bien, je veux m’adresser à vous aujourd’hui en m’adressant au plus – ou à la plus – sceptique d’entre vous.

 Télécharger l'intégralité du discours (PDF - 170 Ko)

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