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PRESSE

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Discours d’ouverture de Barbara Pompili au colloque "Chartes de parcs : regards croisés entre parcs nationaux et parcs naturels régionaux"

15 novembre 2016 - Eau et biodiversité
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Monsieur le député,

Monsieur le président de Parcs nationaux de France,

Monsieur le président de la Fédération des parcs naturels régionaux de France,
 
Mesdames et messieurs,
 
Quel plaisir de voir réunis, pour un objectif commun, les parcs nationaux et les parcs régionaux.
L’année 2016 est celle du 10ème anniversaire de la loi du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux. C’est cette loi qui a créé Parcs nationaux de France, qui a mis en place le dispositif des chartes pour les parcs nationaux. 
Dix ans,  l’âge de l’éveil et de la curiosité, qui annonce aussi celui des remises en question. C’est un bon moment pour ce point de réflexion commune. Et dans ce cadre  votre démarche de mise en commun d’expérience est réellement pertinente.
 
Je ne peux que vous encourager à intensifier toujours plus vos collaborations. Il ne s’agit pas d’essayer de ressembler à l’autre, ou de le jalouser. Mais il s’agit d’agir dans une perspective commune, en unissant les forces, en tirant parti des expériences de chacun. 
D’ailleurs vous vous inspirez mutuellement les uns des autres. 
C’est aujourd’hui vrai pour les chartes. 
C’est également le cas pour les marques collectives, qui connaissent un bel essor tant pour les parcs nationaux que régionaux. 
Il m’a également été dit que les parcs nationaux avaient adopté le système d’évaluation des chartes développé par les parcs régionaux. 
Et réciproquement, plusieurs parcs régionaux se sont approprié l’outil Géotrek de gestion et promotion en ligne des itinéraires, développé par les parcs nationaux en open source.
L’itinérance, c’est la découverte des territoires, des paysages de la France.
Je dis souvent que ce que la première chose que les citoyens de notre pays ont en partage, c’est cette terre de France, ce patrimoine d’une richesse exceptionnelle, qui nous fait vivre et que nous léguerons à ceux qui nous suivront.
Et vous, responsables des parcs régionaux et nationaux, vous êtes précisément en charge de ces parties de territoire que l’on a considérées comme les plus remarquables. Ces territoires, les femmes et les hommes qui y vivent ont su se mettre d’accord pour les faire fructifier, pour les entretenir, sur la base de leur ambition partagée, que l’on appelle une charte.
 
Car la charte ne se réduit pas à mes yeux à un document administratif qui dictera froidement les diagnostics, les enjeux, les orientations, les objectifs, les moyens, les indicateurs, les coûts, les bénéfices, tous ces mots que nous comprenons, ici, mais qui ne parlent pas toujours au  citoyen. 
Des mots qui n’ont de sens que si on en donne le sens, justement. 
Faute de quoi nos concitoyens risquent de se tourner vers de dangereuses chimères.
La charte, c’est ce qui traduit une volonté commune de respecter le territoire où l’on vit, tout en en tirant parti pour mieux vivre, pour préserver l’environnement, pour créer de l’emploi.
La charte n’est rien s’il n’y a pas l’adhésion. 
Ce qui fait la force de la charte, c’est la faculté d’y adhérer, ou non.
Les chartes et les parcs, constituent au fond une école de la citoyenneté écologique à l’échelle d’un territoire.
Un territoire suffisamment petit pour que l’on puisse en cerner les principaux enjeux, économiques, écologiques, sociaux ; suffisamment petit pour que l’on puisse en appréhender  les principaux acteurs et les réunir autour d’une table.
Mais suffisamment grand pour que l’action menée ait un impact significatif sur la biodiversité, le développement, l’éducation ; un impact qui va bien au-delà des frontières de ce territoire et qui peut servir de référence.
Oui,  les chartes de parcs constituent une opportunité exceptionnelle de réellement mettre en œuvre, sur le terrain, les principes du développement durable. « Une autre vie s’invente ici » : Cette vision qu’ont les parcs régionaux de leur propre mission résume parfaitement cette ambition.
Tous les atouts sont réunis : un territoire de valeur ; un établissement doté de moyens et compétences, le parc régional ou national ; des collectivités qui adhèrent ; et un pays qui dispose encore de moyens et d’une démocratie qui fonctionne.
Peut-on disposer de conditions plus favorables ? 
Alors, réussir la mise en œuvre des chartes est une responsabilité, un devoir, une obligation. 
 
Dans ce contexte, je souhaite vous délivrer trois messages : 
 
Le premier, c’est que les chartes doivent susciter la confiance, qu’elles sont un moyen de lutter contre la défiance qui saisit parfois notre société. Elles doivent être lisibles, simples, accessibles, par tous : les enseignants ; les élus ; les agriculteurs et bien d’autres. Elles doivent être sous-tendues par des expériences vécues et réussies. 
La charte, c’est la mobilisation de tous pour la réussite d’un territoire. C’est un investissement collectif : c’est une vision de l’avenir que l’on partage. C’est la recherche de synergies privilégiée à la culture du chacun pour soi.
Soyons lucides sur ce qui se passe autour de nous, ou encore outre-Atlantique. Des menaces existent. Nous les connaissons. Elles s’exercent sur notre cohésion, elles ignorent le plus souvent la question de notre patrimoine naturel, de la biodiversité. 
Vous avez l’occasion de montrer que l’on peut construire de l’utile, du durable, en bonne intelligence. Vous devez le faire savoir. Ne laissons plus se propager cette idée délétère que notre pays serait gouverné par un quelconque establishment ou par la technocratie. Les outils qui sont les vôtres donnent l’occasion de convaincre par l’exemple.
 
Le deuxième message, c’est donc qu’il faut faire connaître vos réalisations. Votre communication est de qualité. Les structures cœur de réseau, la Fédération des parcs naturels régionaux de France, PNF ou l’AFB demain, vous y aident. 
J’ai souhaité prendre ma part dans cette volonté de faire connaître ce qui fonctionne. 
Et c’est pourquoi j’ai lancé, il y  a quelques semaines, la plate-forme « biodiversité en actions ». Je vous invite à y déposer vos réalisations, qui donneront lieu ensuite à des communiqués de presse sur les territoires, afin que l’exemplarité des initiatives qui réussissent démontre que les discours déclinistes tenus dans les salons parisiens ne sont, précisément, que des discours, qui ne traduisent pas la réalité de notre pays.
 
Enfin, le troisième message, c’est une invitation à vous associer aux opportunités que nous offre la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages.
Vous le savez, la loi a créé l’Agence française pour la biodiversité. Elle sera fonctionnelle dès le 1er janvier 2017. Vous serez étroitement associés à son action. Les parcs nationaux, bien sûr, en tant qu’établissements rattachés à l’agence. Et les parcs régionaux, également. 
Je ne doute pas d’ailleurs que le conseil d’administration mettra en place rapidement un comité d’orientation dédié aux espaces naturels, au sein duquel vous aurez toute votre place. Cette agence, elle travaillera pour vous, avec vous, et vous travaillerez aussi pour elle, dans l’esprit de ce séminaire qui vous anime aujourd’hui. 
Cet esprit, c’est aussi celui des Agences régionales de la biodiversité, qui se mettront en place sous l’impulsion conjointe des régions et de l’AFB. 
 
Je parlais tout à l’heure de cette forme d’intelligence du territoire que cultivent les chartes de parcs. Il me semble que cette approche doit inspirer les ARB. Et que vous avez tout à gagner à vous associer à ces initiatives, dès lors qu’elles seront prises. Alors, ne manquez pas ces occasions de reconquête.
 
Je souhaite que vos travaux aient une suite, ou plutôt des suites. 
 
Je vous encourage à aller de l’avant. Je suis convaincue du potentiel des parcs et de leurs chartes en termes de préservation du patrimoine biologique et culturel, mais aussi de prospérité et de stabilité sociale.
 

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