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PRESSE

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Discours de Barbara Pompili : Cérémonie d’hommage aux militaires Portugais tombés à la Grande Guerre 14-18

11 juin 2016 - Eau et biodiversité
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Discours Barbara POMPILI lors de la cérémonie d’hommage aux militaires Portugais tombés à la Grande Guerre 14-18, en présence de Son Excellence Monsieur Marcelo REBELO de SOUSA, Président de la République Portugaise, et de Son Excellence Monsieur António COSTA, Premier Ministre de la République Portugaise - Samedi 11 juin 2016 - La Couture


Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le sous-Préfet, Monsieur le Maire de la Couture, Monsieur le Maire de Richebourg,

Je suis très honorée, Monsieur le Président, d’être présente, avec vous, non loin du cimetière de Richebourg, qui symbolise l’engagement de la jeune République portugaise aux côtés de la France et de ses Alliés, sous ce monument aux morts, qui nous rappelle que la jeune république du Portugal a payé le prix du sang son entrée dans le concert des Nations.
En 1917, près de 60 000 Portugais ont pris la mer en redoutant les attaques des sous-marins allemands. Ils ont débarqué à Brest, avant d’être envoyés sous le ciel de Flandre, qui dut leur paraître si lourd et si sombre.  

Ils ont attendu, tout un hiver, dans le froid et la boue.     Ils ont appris que, au loin, dans leur pays, leur République était menacée par la brutale arrivée au pouvoir de Sidonio Pais.
Ils ont vu leurs officiers partir en permission et les ont attendus en vain, tout comme ils ont attendu en vain la relève.

Le 9 avril 1918, le cauchemar s’intensifie. C’est le début de la bataille de la Lys. L’arrivée de l’ennemi surprend les divisions du Corps expéditionnaire portugais en position de faiblesse. Pourtant, malgré un moral au plus bas, ils surent opposer une résistance parfois héroïque à l’avancée allemande. Combien, à l’instar du soldat Anibal Agusto Milhais, se comportèrent chacun « comme s’ils étaient des millions » ?

Sur les 20 000 Portugais alors engagés, près de 600 perdirent la vie, plus de 6 500 furent faits prisonniers.

Les Portugais permirent aux troupes alliées de tenir contre l’attaquant. Ils rendirent possible l’offensive victorieuse de 1918, à laquelle les survivants participèrent.

Le Portugal sut également aider la France en lui envoyant les bras dont les combats la privaient. L’accord de 1916 entre les deux pays permit la venue de 13 000 travailleurs portugais, dont plusieurs milliers restèrent parmi nous, avec quelques soldats qui choisirent de ne pas retourner au Portugal.

Ainsi, c’est doublement, M. le Président, que votre pays assista la France dans ces années difficiles. Et de cela la République française remerciera toujours le Portugal.
Le cimetière de Richebourg et le monument aux héros portugais de La Couture sont là pour nous rappeler toute l’horreur que peuvent générer le repli sur soi, la crainte et la haine de l’autre.

Mais ils nous rappellent également que les hommes peuvent faire le sacrifice de leur propre vie pour défendre une terre qui n’est pas la leur ; qu’ils ont en eux la force de dépasser leur peur, leur sentiment d’abandon, pour aider leurs frères humains dans leur lutte et faire souche chez eux.  

Sachons ne pas l’oublier aujourd’hui, alors que des milliers de réfugiés frappent à notre porte. Près d’un siècle a passé depuis que sont tombés sur cette terre de Flandre près de 2000  soldats portugais.

Depuis, l’Europe a souffert à nouveau, déchirée par un second conflit, épuisée par des régimes fascistes. Mais elle a également su faire tomber ses dictatures et ses murs de haine pour se construire unie, libre et solidaire.

Ce que les champs de bataille meurtris, des Flandres à Verdun, nous rappellent, c’est que de la guerre naît la fraternité. Des crises, naissent les espoirs, puis les jours meilleurs.

Mais pour cela, il faut faire confiance à l’Homme. Cette confiance, c’est à nous, femmes et hommes d’Etat et de gouvernement, de la susciter chez nos concitoyens.

Sachons écouter la leçon de Richebourg. Demeurons unis, dans une Europe ouverte et confraternelle, solidaire et responsable. C’est le message que vous portez, M. Le Président, par votre présence ici, sur la Lys. Le gouvernement français, qui s’exprime par ma voix, vous en remercie profondément, et se joint à vous pour honorer la mémoire des Portugais tombés en France au champ d’honneur.

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