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PRESSE

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Discours de Barbara Pompili : Présentation des aménagements réalisés par Hop ! Biodiversité à Orly

7 septembre 2016 - Eau et biodiversité
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Barbara Pompili a prononcé un discours lors de la présentation des aménagements réalisés par Hop ! Biodiversité à Orly le Mercredi 7 septembre 2016


Je ne vais pas vous raconter d’histoires : cette visite est un peu particulière, et j’ai été mise en garde par une partie de mon entourage.

Placez « secrétaire d’Etat écologiste », « biodiversité » et « aéroport » dans la même phrase …et vous avez les ingrédients d’une bonne polémique et d’un procès d’intentions en trahison !
Eh bien, justement, j’ai tenu à cette visite.

Parce qu’elle me permet de saluer une démarche qui illustre une écologie constructive, pragmatique et concrète. Et parce qu’elle permet quelques mises au point.

Je commencerai donc par évacuer les faux-débats.

Je ne suis pas venue vous dire que les aéroports sont, en soi, des « paradis » pour la biodiversité, et ce pour au moins deux raisons.

La première, la plus évidente, c’est que chacun sait que construire un aéroport sur des zones naturelles ou agricoles va avoir un impact négatif fort sur la biodiversité.

Si certaines zones aéroportuaires peuvent accueillir de la biodiversité, l’existence d’infrastructures s’accompagne nécessairement d’une imperméabilisation des sols, pour les pistes, les bâtiments et les routes qui y conduisent, induit une fréquentation accrue, génère du bruit, une pollution de l’air voire des sols.

C’est pourquoi, en tant qu’écologiste, je suis toujours favorable à l’optimisation des infrastructures existantes plutôt qu’à la construction de nouveaux aéroports.

Je pense que lorsqu’on peut éviter (en vertu de la fameuse séquence, éviter, réduire, compenser, explicitée et rendue plus opérationnelle grâce à la loi sur la biodiversité votée cet été) oui, en vertu de cette séquence, lorsqu’on peut éviter, il faut éviter.

Je suis d’ailleurs convaincue que la loi sur la reconquête de Biodiversité, de la Nature et des Paysages amènera à l’avenir à appréhender cette question de la création d’infrastructures aéroportuaires autrement que cela a été le cas par le passé.  

La deuxième raison pour laquelle les aéroports ne sont pas des paradis pour la biodiversité tient dans les contraintes de gestion qui existent, et qui sont fortes.

Certaines espèces peuvent s’en satisfaire, mais pas toutes.

Je pense notamment aux espèces forestières, par exemple. Alors, certes, les aéroports ne « sauveront » pas la biodiversité.

Mais ils peuvent concourir à renforcer la présence de certaines espèces et de certains milieux, et c’est ce que vous avez brillamment démontré au cours de cette visite.

Ce que nous avons vu aujourd’hui, c’est la concrétisation d’un engagement de la compagnie, qui avait été labélisé dans le cadre de la Stratégie Nationale de la Biodiversité en 2015.

Je tiens à le signaler, car je viens de lancer un nouvel appel à engagements pour 2016 : vos réalisations et vos résultats démontrent que cette stratégie, qui mobilise tant d’acteurs, essentiellement privés, est une réussite. Les engagements que vous aviez pris, et que vous avez tenus, reposaient sur un certain nombre de principes.

Le premier de ces principes, c’est celui de la mobilisation du personnel d’aéroports régionaux pour inventorier et suivre la biodiversité sur les sites : cette démarche contribue à la sensibilisation du personnel de terrain. Cela permet à chacun de découvrir la biodiversité dont il a la charge au quotidien.

Vous avez, pour mener à bien le projet, mis en place une association dédiée (Hop! Biodiversité) qui coordonne les actions et centralise les données récoltées : la compagnie que vous représentez assume ainsi un rôle d’entrainement important, qui va au-delà de sa vocation première, de façon volontaire. C’est une traduction concrète du principe de responsabilité sociale et environnementale.

Je veux saluer également la légitimité scientifique de la démarche engagée. Vous utilisez pour la mener  des protocoles de sciences participatives : c’est un gage de sérieux des données qui permet de les intégrer à un réseau national cohérent. (.../...)

Télécharger le discours dans son intégralité (PDF - 156 Ko)

 

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