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PRESSE

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Discours de Barbara Pompili : Nature en ville - Visite du démonstrateur d’agriculture urbaine de la RATP

18 mai 2016 - Eau et biodiversité
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Discours de Barbara Pompili prononcé le mercredi 18 mai 2016 lors de la visite du démonstrateur d’agriculture urbaine de la RATP pour Nature en ville


« Madame la  Directrice générale,
Mesdames et Messieurs (les élus présents),

Je voudrais commencer par vous féliciter pour cette initiative, que vous nous permettez de découvrir aujourd’hui et qui intéresse nombre de nos collègues du Gouvernement du fait de ses multiples facettes. Alain VIDALIES et moi-même, bien sûr, mais aussi Ségolène ROYAL, Stéphane LE FOLL, Emmanuel MACRON, Emmanuelle COSSE, ou encore Hélène GEOFFROY. Votre équipement participe en effet de la réflexion sur le réchauffement climatique, l’isolation thermique des bâtiments, l’agriculture urbaine, la politique de la ville, pour ne citer que ces quelques exemples.

Oui, c’est bien une initiative transversale et aux implications très diverses que nous sommes venus saluer.

Et comme je suis en charge de la biodiversité, vous ne serez pas surpris que ce soit sous cet angle, celui de la reconquête de la biodiversité, que j’oriente mon propos.

Je n’emploie pas seulement ce mot de reconquête parce qu’il figure dans le projet de loi que je défends en ce moment même au parlement – le texte se nomme « reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » -, mais bien parce que, par votre initiative, vous participez à re-créer de la biodiversité en ville et dans les entreprises.

Lorsqu’on me demande de donner une définition de la biodiversité, je réponds souvent « C’est le tissu du vivant », et je précise que ce tissu est composé d’innombrables fibres végétales, animales, géologiques ou génétiques qui contribuent, chacune, à la solidité du tout.

Que certaines de ces fibres se distendent ou disparaissent, et c’est la vie elle-même qui s’en trouve modifiée, voire menacée.

Or, du fait des activités humaines, sous l’effet des modifications des habitats, de la surconsommation des ressources, des pollutions, du développement des espèces exotiques invasives ou encore du réchauffement climatique,  le taux de disparition des espèces naturelles atteint des seuils qui rendent impossible leur régénération : des fibres se délitent, rompent, disparaissent. Et la qualité de la vie, la vie elle-même s’en trouvent menacées.

Agir nécessite d’identifier les fibres, d’en comprendre les interactions, les endroits où elles se nouent entre elles, ceux où elles se désolidarisent : quand on la prend dans son acception la plus large, la lutte pour la biodiversité représente une ambition qui semble démesurée, tant elle paraît dépasser les seules capacités humaines de connaissance et d’analyse.

Et pourtant, cette ambition est une nécessité, une impérieuse nécessité.

Et reconquérir la biodiversité suppose d’agir sur les facteurs de sa disparition, dont je parlais à l’instant : le premier d’entre eux, la disparition des habitats, porte souvent un nom : l’étalement urbain.

Lutter contre cet étalement urbain est un juste combat car, en luttant contre l’artificialisation des terres, l’objectif est bel et bien la préservation des milieux et des espèces.

Et ce combat ne doit pas être dissocié d’un autre enjeu, tout aussi important : celui du nécessaire retour de la nature en ville – car ville et nature, urbanisme et biodiversité ne sont pas inconciliables, dès lors qu’on s’en fixe l’objectif et que l’on s’en donne les moyens.

De même que ne sont pas inconciliables, bien au contraire, l’économie et la biodiversité. Votre initiative en témoigne.

Elle s’inscrit dans ce mouvement indispensable de retour de la nature et de la biodiversité dans le tissu urbain.

Elle s’inscrit d’une part, dans une volonté politique, qui rejoint l’objectif ambitieux de la ville de Paris et je tiens à en féliciter les équipes municipales, d’aboutir à 100 hectares de toitures et murs végétalisés en 2020, dont pas moins de 30 hectares seront dédiés à l’agriculture urbaine.

Elle s’inscrit d’autre part, dans ce mouvement indispensable qui vise à imaginer une nouvelle forme d’agriculture, qui imagine des usages mixtes des sites, vise à produire en circuit court et démontre, s’il en était encore besoin, combien l’économie circulaire est porteuse d’avenir.

Vous le démontrez ici : réintroduire la nature en ville demande de l’innovation technologique et de l’audace. Des expérimentations telles que celle menée ici sont précieuses pour concrétiser la ville de demain, où, je l’espère, la cohabitation entre nature et ville apparaitra comme une évidence.

Vous démontrez aussi un autre élément, fondamental, qui est l’alliance possible, souhaitable, qu’il faut développer, entre le monde de l’entreprise et la biodiversité. Ce que vous faites ici, ainsi que les autres projets menés par la RATP, illustre combien les entreprises, même lorsque leur activité est très éloignée du domaine de la biodiversité, sont les acteurs de sa reconquête et du changement possible de notre société.

Ce que nous venons de voir ici confirme que des partenariats économiques, scientifiques et techniques, comme vous le faites ici avec AgroParisTech et l’INRA, contribuent à nourrir l’innovation dont nous avons besoin.

De la biodiversité, de l’imagination, de la volonté, voilà tout ce que je nous souhaite. »
 

Télécharger le discours de Barbara Pompili (PDF - 70 Ko)

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