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PRESSE

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Discours de Barbara Pompili lors du Congrès des Réserves Naturelles de France en Ardèche

11 avril 2016 - Eau et biodiversité
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Réception conviviale – Congrès RNF - Jeudi 7 avril 2016


Ma présence ici, en Ardèche, en tant que Secrétaire d’État chargée de la biodiversité me semble, à deux titres au moins, naturelle.

D’abord parce que nous sommes rassemblés dans le département qui accueille, pendant quatre jours, le congrès des Réserves Naturelles de France, auquel je me rendrai demain lors de sa réunion plénière.

Ces réserves naturelles jouent un rôle essentiel pour la biodiversité : Même si les espaces à forte protections ne représentent que moins de 2% des surfaces terrestres françaises et moins de 0,2% de nos eaux territoriales, les réserves naturelles constituent un conservatoire extraordinaire : de la biodiversité nationale, et singulièrement des espèces animales et végétales, nécessitant une protection renforcée.

Avec les gestionnaires de ces réserves, mais également leurs partenaires présents, j’entends engager un dialogue fructueux car beaucoup de modifications organisationnelles, financières, réglementaires sont devant nous.

Mais la deuxième raison naturelle de ma présence ici tient à votre territoire, dont j’ai pu au cours de la journée appréhender une partie de la beauté naturelle, parce que l’Ardèche fait partie de ces territoires français qui bénéficient d'une grande richesse de la biodiversité en général et d'environnement préservé.

Vos nombreuses rivières sont considérées majoritairement en "bon état" écologique par rapport à la Directive Cadre sur l'Eau.

La pêche de loisir est ici particulièrement développée et valorisée, l'absence d’excès d’urbanisation vous permet de préserver vos nombreuses zones naturelles. Et bien sûr, il y a la montagne, une montagne qui, par le génie et l’émotion du chanteur qui s’y était établi, est désormais au cœur de chaque Français.

L’Ardèche fait partie de ces coins de France dans lesquels on a parfois envie d’envoyer ceux qui dans les salons parisiens, glosent sur la « fin de la France » et ont fait profession de douter de notre pays ,  juste pour qu’ils prennent conscience de la chance que nous avons de vivre ici, de partager un patrimoine naturel et humain, et pour qu’ils utilisent leur énergie : à le protéger, à l’entretenir, et à en faire un facteur de développement, plutôt qu’à tout dénigrer.

Cette richesse, elle est bien entendue le fruit d’une histoire géologique et naturelle, mais également celui de la cohabitation voir des coopérations, de projets qui unissent les femmes et les hommes dans une même volonté de protéger et utiliser durablement l’environnement.

Cette politique française de l’environnement est née de partenariats : entre les instances et organismes en charge de la gestion des espaces et de la mise en œuvre des politiques publiques, ceux que je saluerai demain, mais aussi avec : les usagers de la nature, agriculteurs, randonneurs, chasseurs, pêcheurs, héliciculteurs, ramasseur de champignons.

Les associations de citoyens passionnés, défenseurs de la cause environnementale, acteurs de la science participative et la puissance publique et les collectivités territoriales, dont de nombreux représentants sont parmi nous ce soir.
Je tiens à saluer leur engagement.

Et avant que nous puissions échanger dans la convivialité et dans la sincérité –nulle question n’est taboue-, je souhaite vous dire quelques mots sur la manière dont je conçois mon rôle au sein du gouvernement et ce que vous pouvez attendre de l’action du secrétariat d’État à la biodiversité.

Il y a quelques années on aurait sans doute dit : secrétariat d'État à la protection de la nature.  

Aujourd’hui, la diversité des milieux naturels et des espèces animales et végétales est menacée.

Menacée par : la destruction ou la dégradation de l’espace, la surconsommation de certaines ressources, les pollutions, le développement d’espèces exotiques envahissantes et, en plus de nos jours, par le réchauffement climatique.

Des espaces indispensables à l'équilibre de la planète, comme les zones humides,  se raréfient. Des espèces qui contribuent à l'équilibre de la vie, les abeilles par exemple, sont en danger.

A chacun de mes collaborateurs, je lis une phrase d’Hubert Reeves, qui, parlant de cette perte de biodiversité, prévient : «Nous coupons la branche sur laquelle nous sommes assis, c’est nous qui sommes désormais dans le collimateur de cette destruction».
Mais il ajoute, et c’est là l’essentiel : «la reconquête de la biodiversité est aussi possible, mais elle nécessite la mobilisation de tous les acteurs, publics et privés, à toutes les échelles».

Le premier rôle de mon secrétariat d'État c’est de faciliter cette mobilisation de tous pour préserver, protéger et rétablir la diversité de ce qui est vivant dans la nature.

Cela suppose donc beaucoup d'écoute, d'humilité, de pédagogie. Mais aussi de la détermination et de la volonté.

J'en ai.

Et j'ai la chance de travailler aux côtés de Ségolène Royal qui en a également.

Télécharger l'intégralité du discours (PDF - 77 Ko)

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