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PRESSE

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Discours de Ségolène Royal lors de la cérémonie d’ouverture de la COP22

7 novembre 2016 - COP 21
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Mesdames et Messieurs, chers amis du combat climatique,

 
Mes remerciements s’adressent tout d’abord à sa majesté le roi du Maroc Mohamed VI et son gouvernement, et notamment à Salaheddine Mezouar qui sera président de la COP22 dans quelques instants. 
Merci pour leur accueil remarquable ici à Marrakech. Merci aussi d’avoir illuminé la Tour Hassan le 4 novembre à Rabat, en même temps que la Tour Eiffel et les Champs-Élysées.
 
Aujourd’hui, à l’heure de cette ouverture de la COP22, je ressens fierté et émotion :
- émotion, car je me souviens du premier sommet de la terre à Rio il y 24 ans auquel j’ai participé en tant que Ministre de l’Environnement, 
- fierté de partager avec vous cette magnifique nouvelle : aujourd’hui, jour de l’ouverture de la COP22, 100 pays ont ratifié l’Accord de Paris. 
 
Oui nous avons rendu possible ce que l’on disait impossible
avec détermination, obstination, avec vigueur et sans jamais relâcher l’effort.
 
C’est un moment historique dans l’histoire de l’humanité.
 
Je lance un appel aux 93 pays qui n’ont pas encore ratifié pour qu’ils le fassent avant la fin de cette année.
 
Nous pouvons être fiers du travail accompli, 
de ce socle solide sur lequel nous devons continuer à bâtir des stratégies bas-carbone 
pour réduire en dessous des 2 degrés le réchauffement climatique 
et faire reculer les désastres et les malheurs auxquels conduirait une inertie aveugle.
Désormais, nos yeux sont ouverts et bien ouverts !
 
Le temps presse. 
L’année qui vient de s’écouler a été la plus chaude.
La fonte des glaciers s’accélère.
La désertification fait des ravages.
Les concentrations urbaines massives appellent à un nouveau modèle de développement urbain.

Trois grands principes ont guidé mon action de la COP21, sous l’égide du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon.
 
- Le sens de l’urgence climatique.
 
- Le souci de l’efficacité climatique, parce que relever cet immense défi, c’est aussi une chance d’inventer le monde qui vient avec de nouveaux emplois avec la croissance verte.
 
- Et surtout la justice climatique : les pays les plus riches vivent comme s’il y avait trois planète. 
Les pays les plus pauvres comme s’il n’y en avait déjà plus. 

Alors je demande une nouvelle fois de la justice climatique et en particulier pour l’Afrique
 
C’est le grand défi de la COP22. 
 
La COP22 est une COP africaine et c’est là que se trouve la priorité et l’espérance
 
Dans son discours hier soir à Dakar, le roi Mohammed VI a lancé un appel à la réussite de la COP22.
Il trace avec clarté les priorités de la présidence marocaine, en particulier la prise en compte des enjeux africains, avec la mobilisation pour l’accès aux financements et aux transferts de technologies.
 
J’ai mis tous mes efforts sur ce continent pendant ma présidence, et comme je m’y étais engagée avec les trois rapports remis au SGNU.
- L’Initiative africaine pour les énergies renouvelables avec les projets hydrauliques, éoliens, solaires, géothermiques, biomasse, énergies marines.
- Les femmes et le climat.
- La sécurité et le climat.
 
Le changement climatique en Afrique est cruel et injuste. C’est le continent africain qui le subit le plus sans en être responsable, avec les désastres de la désertification.

Sur les 50 pays les plus meurtris par le réchauffement climatique, 36 se situent en Afrique subsaharienne.

D’ici 2050 la population va doubler et atteindre plus de 2 milliards d’habitants.
 
Une course contre la montre est désormais engagée 
pour construire le droit des citoyens du continent africain à accéder à la lumière et à l’électricité dont 700 millions d’habitants sont privés aujourd’hui.
 
C’est pourquoi en guise de symbole, je vous offre cette petite lampe solaire en forme de fleur d’Ethiopie que nous allumerons tous ensemble tout à l’heure pour marquer le droit du continent africain à la lumière, quand Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la CCNUCC, en donnera le signe.
 
Le sommet africain des chefs d’État sera un moment clé le 16 novembre à l’initiative du roi du Maroc, à la suite du même sommet organisé par le président de la République française à la COP21 pour engager concrètement les 10 milliards promis, par des décisions pour les Africains et par les Africains.
 
Je vais vous faire une confidence.
 
J’ai parcouru intensément pendant toute cette année le continent africain que je connais bien et où je suis née. 
 
Eh bien les pays africains sont parmi 
les plus mobilisés, 
les plus créatifs, 
les plus engagés. 
Ils sont en train d’inventer le monde de demain (centrale solaire de Noor) pour ne pas reproduire les erreurs des économies polluantes et prédatrices des ressources naturelles. 
A chaque fois, dans chacun des pays, ce que j’ai vu et entendu m’a remplie d’espoir, de gratitude et d’admiration.
 
Et c’est pourquoi, pour conclure, je voudrais évoquer le nom de Wangari Matthai, grande figure du Kenya, prix Nobel de la Paix, fondatrice du Green Belt Movement, femme courageuse, femme combattante, porte-parole de cette idée lumineuse et si vraie : 
La lutte pour l’environnement et la lutte pour le droit des femmes sont les deux fils de la même étoffe.
 
Je voudrais partager avec vous ces mots magnifiques de femme engagée qu’elle a prononcés en recevant le Prix Nobel : « dans le cours de l’histoire, il arrive un moment où l’humanité est appelée à s’élever à un plus haut niveau de conscience pour atteindre un terrain moral plus élevé. 
Un temps pour nous débarrasser de notre peur et donner l’espoir aux autres. 
 
Ce temps-là nous y sommes ».
 
Alors écoutons ce message. Mobilisons-nous et gagnons le combat pour le climat. Je vous fais confiance.
 
 
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