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PRESSE

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Discours de Ségolène Royal lors de l’inauguration du projet Biovalsan

8 septembre 2015 - Énergie, Air et Climat
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Une première innovante : le biogaz produit par le traitement de l’eau pour chauffer 5.000 logements. La Transition énergétique s’accélère. COP21, les solutions.


Le projet Biovalsan, porté par la Communauté urbaine de Strasbourg, par Réseau GDS (anciennement Gaz de Strasbourg) et par Suez environnement, illustre plusieurs facettes de la transition énergétique en marche dans les territoires :

- En valorisant le biogaz issu des déchets de stations d’épuration des eaux usées, ce projet permet d’augmenter la production locale d’énergie renouvelable et de réduire la consommation de gaz d’origine fossile. Cette production garantie de « gaz vert » permettra d’alimenter l’équivalent de 5000 logements aux normes BBC (bâtiment basse consommation) ou 1 500 véhicules motorisés au gaz.

- Ce projet illustre aussi l’économie circulaire qui transforme les déchets en énergie. La matière première de cette usine, c’est les eaux usées de la Communauté urbaine de Strasbourg qui arrivent dans cette station d’épuration, l’une des plus grosses de France.

Je voudrais profiter de l’inauguration de ce beau projet, pour rappeler les enjeux du développement du biogaz en France et les actions que je porte pour accélérer son essor dans le cadre de la transition énergétique.

- La France est dotée d’un important réseau de transport et de distribution de gaz. Ces réseaux sont un atout pour le développement de nos territoires. Les collectivités, qui sont les autorités concédantes, en ont bien conscience.

- Ces réseaux doivent néanmoins évoluer car aujourd’hui, ils transportent essentiellement du gaz naturel. Le gaz naturel est une énergie utile à court terme pour la transition énergétique car il émet moins de gaz à effet de serre que les hydrocarbures et que le charbon. A moyen terme cependant, pour respecter ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre (baisse de 40 % en 2030 et de 75 % en 2050), la France doit progressivement substituer au gaz naturel du biogaz.

- Le biogaz n’est pas nécessairement moins cher que le gaz naturel, mais comme il est produit en France, son développement permet de remplacer de coûteuses importations depuis les pays producteurs de gaz par de l’investissement local. Développer le biogaz procure donc de l’activité économique et des emplois en France, et permet aussi de réduire la facture énergétique de la France.

La loi de transition énergétique, contrairement à ce que j’entends parfois, ne s’intéresse pas seulement à l’électricité. Elle traite la question du gaz, et en particulier du biogaz :

- L’article 1 de la loi fixe l’objectif de porter la part des énergies renouvelables à 10% de la consommation de gaz. La trajectoire pour y arriver sera précisée dans la programmation pluriannuelle de l’énergie.

- Il apparaît d’ores et déjà possible d’atteindre de 6 à 8 TWh (terawattheures) de biométhane injecté par an dans les réseaux en 2023 (c’est-à-dire 400 à 500 fois le projet que nous inaugurons aujourd’hui).

- Pour tenir ce cap, mes actions portent à la fois sur le développement de la production de biogaz et sur le développement de la consommation de biogaz dans les différents usages.

S’agissant du développement de la consommation de biogaz :

Je suis attentive au développement du gaz et du biogaz dans la mobilité, en particulier pour les poids lourds, les véhicules utilitaires légers, mais aussi pour les navires. La semaine dernière, à l’occasion de mon déplacement à Saint-Malo, j’ai annoncé la mise en œuvre du schéma national d’orientation pour le déploiement du gaz naturel liquéfié (GNL) pour les navires et des appels à projets pour soutenir les premiers projets pilotes. C’est important pour réduire la pollution atmosphérique liée aux transports.

Dans ce contexte du développement de la mobilité au gaz, j’attache une attention particulière à la place du biogaz :

- La loi de transition énergétique fixe une obligation de véhicules propres dans le renouvellement des flottes publiques. Les véhicules roulant au « bio GNV » contribueront à l’atteinte de ces obligations, aux côtés des véhicules électriques et hybrides rechargeables.

- Je travaille avec les Ministres du budget et de l’agriculture pour mettre en place une obligation d’incorporation du bio-GNV, ce qui permettra d’accroître les débouchés pour le biogaz.

S’agissant du développement de la production de biogaz :

- En juin 2014, j’ai mis en place le cadre réglementaire nécessaire pour autoriser et soutenir la production de biogaz à partir de boues de station d’épuration. C’est ce travail qui a permis d’aboutir au projet que nous inaugurons aujourd’hui. C’est la première installation de ce type et le potentiel qui reste à équiper est important. A l’horizon 2020, plus de soixante stations d’épuration pourraient être équipées, permettant l’injection de 500 GWh par an de biométhane dans les réseaux de gaz, soit la consommation annuelle de plus de 40 000 ménages. Je veux rappeler que le travail fait par l’ANSES en 2013 avait montré que le biométhane issu de STEP ne présentait pas plus de risques sanitaires que le gaz naturel. Sur ce projet une démarche pilote d’analyse du risque sanitaire pour l’usager final exemplaire a été menée.

- Par la suite, j’ai installé en mars 2015 un comité national biogaz, qui met les acteurs en réseaux, permet de pointer les difficultés rencontrées, de trouver les solutions, et de mutualiser les expériences pour construire une filière française de la méthanisation.

- Face aux difficultés rencontrées par les exploitants agricoles, j’ai revalorisé, en juillet dernier, les tarifs d’achat de l’électricité produite par la méthanisation. L’avis de la Commission de régulation de l’énergie vient d’être rendu et l’arrêté modifiant le tarif pour les installations existantes sera publié dans les prochains jours. Pour répondre aux préoccupations de certains d’entre vous, je suis vigilante à ce que l’amélioration des conditions de rachat de l’électricité ne se fasse pas aux dépends de l’injection de biogaz dans le réseau.

- Pour finir, si le dispositif actuel et les tarifs d’achat ne suffisent pas à développer la production de biogaz, nous lancerons des appels d’offres spécifiques. L’article 119 de la loi de transition énergétique habilite en effet le Gouvernement à définir par ordonnance une procédure d’appel d’offres qui peut être lancé lorsque les objectifs d’injection du biométhane dans le réseau de gaz s’écartent de la trajectoire prévue dans la programmation pluriannuelle de l’énergie. Cette ordonnance est en cours de préparation et sera publiée avant la fin de l’année.

Tous ces outils étant maintenant disponibles, il faut que les territoires s’en saisissent pour monter des projets intégrés, combinant traitement des déchets, méthanisation, injection dans le réseau et mobilité au gaz vert.

Le projet que nous inaugurons aujourd’hui est, je l’espère, le premier d’une longue série, et source d’inspiration pour tous les autres territoires à énergie positive pour la croissance verte.

 Télécharger le discours (PDF - 141 Ko)

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