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Evaluation des coûts de réaménagement de l’aéroport de Nantes Atlantique dans le scénario d’un maintien de l’activité

7 novembre 2013 (mis à jour le 22 novembre 2013) - Transports
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En application des recommandations de la commission du dialogue, les services de l’État ont évalué les coûts de réaménagement de l'aéroport de Nantes Atlantique avec maintien de la piste actuelle ou avec création d'une piste transversale.

En application des recommandations de la commission de dialogue pour l’aéroport du grand ouest, les services de la DGAC publient, avec l’aide de la direction départementale des territoires et de la mer de la Loire-Atlantique, les coûts de réaménagement de l’aéroport de Nantes Atlantique dans un scénario théorique où l’activité aérienne serait maintenue avec des perspectives à 5, 7 et 9 millions de passagers.

Cette étude présentée, à la préfecture de Loire Atlantique, devant le groupe de travail pluraliste créé à la demande du ministre des Transports, prolonge la concertation sur les sujets identifiés par la commission du dialogue.


Chaussées aéronautiques : le maintien de l’activité exigera la réfection complète de la piste

L’état de la piste n’est pas conforme à la règlementation et aux recommandations de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale). La planéité de la piste n’est pas satisfaisante. Son profil en long montre plusieurs creux et bosses, avec des écarts de près de trois mètres. La direction de la sécurité de l’aviation civile Ouest a accepté une dérogation provisoire dans l’attente du transfert prochain de l’activité aéronautique vers l’aéroport du grand ouest.

L’évolution des règlementations de sécurité européennes imposera des espaces de sécurité de 240 mètres en amont et en aval de la piste. Un premier allongement de la piste, vers le sud, sera indispensable à court terme.

La structure de l’ensemble des chaussées aéronautiques n’est pas suffisante pour assurer un niveau de portance adapté à la croissance du trafic. Dès l’horizon de 5 millions de passagers, la piste, l’ensemble des voies de circulation et des aires de stationnement des avions seront à rénover.

A long terme, dans une perspective de 9 millions de passagers, l’aéroport accueillera tous les types d’avions, un allongement de la piste à 3 600 mètres devra être programmé.

 

Des infrastructures seront modifiées et créées pour gérer la croissance des flux de passagers avec une qualité de service suffisante

En atteignant 3,9 millions de passagers cette année, le niveau de qualité de l’aérogare actuelle sera classée au niveau D de l’IATA (Association Internationale du Transport Aérien), pour un service considéré comme convenable.

Pour maintenir ce niveau, l’étude de capacité estime le déficit de surface à 7 600 m2 dès 5 millions de passagers et à 27 000 m2 à terme. Une deuxième aérogare sera à construire et à aménager au fur et à mesure de l’augmentation du trafic. Les bâtiments et équipements nécessaires au fonctionnement de l’aérodrome seront à déplacer, sauf la tour de contrôle qui peut rester en place, avec une extension de son bloc technique.

La gestion des mouvements d’avions s’effectue autour de 22 postes de stationnement. 4 postes supplémentaires seront à créer à l’horizon de 7 millions de passagers et 8 de plus pour 9 millions de passagers. Des sorties à dégagement rapide de la piste seront nécessaires dans les deux sens pour réduire le temps d’occupation de la piste, pour 9 millions de passagers. Enfin des investissements des services de la navigation aérienne s’imposeront pour réduire les contraintes de séparation radar des avions à l’atterrissage de 8 milles nautiques (nm) aujourd’hui à 5 nm, puis à 3 nm.


L’évaluation économique conclut à des coûts élevés

Cette évaluation met en relief deux enjeux :

  • l’aéroport fermerait 3 à 6 mois durant la réfection de la piste, avant l’échéance de 5 millions de passagers. Cette fermeture mettrait en cause les vols de la totalité de la saison d’été. Seule la perte pour l’exploitant aéroportuaire a été prise en compte, une telle interruption a des conséquences économiques et sociales beaucoup plus larges ;
  • les investissements aéroportuaires s’élèverait à 207 M€ (TTC) à l’horizon 5 millions de passagers, 286 M€ pour 7 millions et 192 M€ pour 9 millions, soit un total de 685 M€. 114 ha d’acquisitions foncières seraient nécessaires avec le rétablissement des voiries (coût additionnel de 55 M€).

L’étude confirme que l’hypothèse d’une piste transversale est à écarter

Les coûts d’investissements seraient supérieurs à ceux correspondant au maintien de la piste existante, à hauteur de 740 M€. L’acquisition de 300 ha de terrains, les mesures environnementales et les coûts de déviation des réseaux routiers et ferroviaires (dont la ligne Nantes-Pornic) conduirait à ajouter 251 M€ à ces coûts. L’ensemble des textes règlementant l’urbanisme au sud de Nantes seraient à revoir.

Cette étude détaillée montre que la solution du maintien de l’activité n’est pas physiquement impossible, mais serait très coûteuse. Le développement de l’aéroport serait contraint par l’aggravation des nuisances. A terme, 80 000 personnes au sud et au centre de Nantes subiraient les nuisances de l’aéroport. La commune de Saint-Aignan verrait plus de la moitié de sa superficie soumise à des interdictions de construction de logements. Les travaux auraient un impact sur les zones humides des bassins versants de Grand-lieu et de l’estuaire de la Loire.

 

Consultez l’étude complète du Service Technique de l’Aviation Civile

Retrouvez la synthèse de l’étude du Service Technique de l’Aviation Civile

 

 

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