Accès aux contenus de la page (appuyer sur "Entrée")

PRESSE

  • Agrandir la taille du texte
  • Réduire la taille du texte

Expédition scientifique en Arctique

17 août 2016 - COP 21
Imprimer

Ségolène Royal, Présidente de la COP21, se déplace en Arctique dans le cadre d’une expédition scientifique avec Jean-Louis Etienne, le premier à avoir traversé en solitaire l’Arctique, et Gilles Bœuf, conseiller scientifique, sur les enjeux du réchauffement climatique (suite des travaux du cercle Arctique et feuille de route Arctique).


L’Arctique est la zone de la planète la plus touchée par le réchauffement climatique. « La neige change de couleur » souligne Jean-Louis Etienne. L’Arctique a une dimension planétaire puisque « la machine climatique », c’est l’échange entre la chaleur de la Terre et le froid des pôles. La visite de la présence française, acteurs et témoins du réchauffement climatique, et les présentations de la recherche sont des outils de crédibilité de la parole.

Programme

1er jour
- Oslo

2ème jour
- Ny-Alesund
- Accueil à AWIPEV-Base, questions de sécurité par Station Leader Verena Mohaupt (Zeppelin Seminar Room)

3ème jour
- Accueil par le directeur Kings Bay Ole Oiseth : Ny-Alesund, Histoire et Stratégie pour l’avenir
- Les sciences de l’Institut Polaire Français Paul-Emile Victor (IPEV) au Spitsberg et en Arctique (Pascal Morin)
- Visite du laboratoire marin Kings Bay
- Visite du Sverdrup-Station, Institut polaire norvégien
- Participation au lancement d’un ballon météo quotidien
- Présentation de projets et observatoire de la base AWIPEV et présentation du plan pour le nouveau bâtiment de AWIPEV (Verena Mohaupt, Pascal Morin, Denis Mercier)
- Visite de l’observatoire Zeppelin
- Visite de Kartverket et nouvelles antennes géodésiques VLBI (interférométrie à très longue base) à Brandalspynten

4ème jour
- Bateau en Kongsfjord, visite front des Glaciers
- Arrivée à la base Corbel en bateau, tour de la base
- Information sur les activités françaises de glaciologie (Florian Tolle), marche vers le glacier et la moraine
-    Marche vers la falaise des oiseaux, information sur le programme ornithologique (Olivier Chastel)

5ème jour
- Visite de l’observatoire permafrost AWIPEV à Bayelva et de la tour météo italienne (Stefano Ponti, scientifique d’Italie, Chef de base)
- Visite du Kongsfjordbutikken, le magasin le plus au Nord du monde
- Visite du musée

Biographie de Jean-Louis Etienne

Diplômé de médecine, de biologie et de médecine du sport,
Jean-Louis Etienne est avant tout un homme d’une grande curiosité et un amoureux de la nature. En conséquence, il se consacre moins à la médecine qu’à sa passion : la découverte du monde. Dès les années 1970, il participe à de nombreuses expéditions sous différentes formes (voile, alpinisme) dont certaines contribuent grandement à sa renommée.

En 1986, il devient le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire en tirant son traîneau pendant 63 jours. Lors de cette expérience, il acquiert la conviction que l’aventure est un formidable vecteur de transmission de valeurs. Depuis, il fait de chacune de ses expéditions une passerelle entre le monde scientifique et le grand public.

En 1989-1990, il effectue la traversée du continent blanc via le pôle Sud avec une équipe internationale et des chiens (Transantarctica). Il parcourt alors 6 300 km à travers l’Antarctique, tire des constats alarmants pour la planète et ne cesse, depuis, d’alerter sur les dangers qui la menacent. A l’issue de cette expédition et grâce à son action, le protocole de Madrid relatif à la protection de l'environnement en Antarctique est adopté (1991). Il transforme le continent blanc en réserve naturelle consacrée à la paix et à la science, pour cinquante ans.

Jean-Louis Etienne n’a de cesse de travailler la pédagogie de ses aventures. Très tôt, il entre en contact avec des responsables de l’éducation nationale et propose ses comptes-rendus d’expédition, disponibles sur un programme Minitel à destination des instituteurs. Il mène ainsi, entre 1990 et 1996, plusieurs expéditions à vocation pédagogique afin de faire connaître les régions polaires et comprendre le rôle qu'elles jouent sur la vie et le climat de la terre. À bord du voilier polaire Antarctica, il part pour la Patagonie, la Géorgie du Sud et la péninsule Antarctique (1991-1992). Ce voyage éducatif et scientifique a pour objectif de faire comprendre que la survie de la beauté des paysages de l’extrême Sud tient à des équilibres subtils qu’il est important de préserver. En 1994, il part à la découverte du volcan Erebus, le seul du continent Antarctique en activité, puis réalise le premier hivernage dans l’archipel du Spitzberg, au nord-ouest de la Norvège.

En 2002, il accomplit quatre mois de dérive à bord du Polar Observer (mission banquise) pour un premier programme d’études et de mesures sur le réchauffement climatique à travers quatre axes d'observation : météorologique, glaciaire, atmosphérique et océanique. Toutes les données recueillies permettent d'analyser la forte régression de la banquise.

Durant l’hiver 2004-2005, il dirige une équipe de chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle, de l'Institut de recherche pour le développement et du Centre national de la recherche scientifique sur l’atoll tropical de Clipperton afin de réaliser un inventaire de la biodiversité et de l’environnement marin dans cette zone du Pacifique.

En 2006, l’intérêt de ses voyages pour la recherche ainsi que son constant souci pédagogique sont récompensés par une promotion au grade d’Officier dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur.

En 2007, il dirige brièvement l’institut océanographique de la fondation Albert 1er, à Monaco, tout en envisageant de réaliser la traversée de l'océan glacial arctique en dirigeable. Cette expédition qui doit mesurer l'épaisseur de la banquise est finalement annulée après un accident qui endommage le dirigeable.

Par ailleurs, depuis 2009, il est membre du comité de l’environnement polaire (CEP). Au sein de cette instance, instituée auprès du ministre chargé de l'environnement, il participe à vérifier la compatibilité des activités humaines, relevant des autorités françaises dans les zones polaires et subantarctiques, avec la préservation de l'environnement. Il est donc consulté sur les programmes d'activité, les grands projets, les études d'impact ainsi que sur toutes questions relatives à l'environnement polaire.

Le 5 avril 2010, à bord d’un ballon gonflé à l’hélium, Jean-Louis Etienne effectue la première traversée en ballon au-dessus de l’océan Arctique lors de l’expédition Generali Arctic observer. Il décolle du Spitzberg aux commandes d’une rozière, un ballon mixte gonflé d’hélium et d’air chaud. Quand il arrive à proximité du pôle Nord, une tempête chasse le ballon vers la Sibérie où il atterrit après cinq jours d’un voyage compliqué (panne électrique, incendie sur un brûleur, vol à 200 mètres de la banquise, etc.), le plus souvent sans visibilité. Ces conditions éprouvantes ne l’empêchent pas de prendre des mesures inédites sur la composition de l’atmosphère au-dessus du pôle Nord et de réaliser des mesures scientifiques sur la teneur atmosphérique en CO2 et en aérosols dans une zone vierge de toute émission. Ces données collectées pour le laboratoire des sciences du climat et de l’environnement contribuent à améliorer la compréhension du cycle du carbone sur la planète et les modèles de simulation de l’évolution du climat.

Toujours soucieux de partager son savoir et ses interrogations sur l’avenir de notre planète, Jean-Louis Etienne prend des notes à chacune de ses expéditions. Ces dernières années, il publie notamment des ouvrages relatant son séjour scientifique sur l’île de Clipperton ou encore sa traversée du pôle Nord en ballon. En 2011, il écrit Nouvelles histoires naturelles, ouvrage dans lequel il propose son analyse sur la situation climatique.

Dans la même optique, il est un conférencier apprécié pour son phrasé rigoureux et chaleureux. Ainsi, le 20 octobre 2012, il donne, à la Cité de la réussite, une conférence intitulée Quelles recherches technologiques pour réussir la transition énergétique ? Du 12 au 18 décembre 2012, il effectue une tournée aux Etats-Unis intitulée Oceans and ice caps : what the poles tell us about our future, durant laquelle il aborde l’évolution, depuis 30 ans, des régions glaciaires qu’il affectionne et explique ce que la science polaire apporte à la compréhension de l’impact des activités humaines sur l’équilibre de la Terre.

 

Propos de Jean-Louis Etienne, invité de la matinale de RFI Matin le 16 août 2016, jour du départ de l’expédition, à propos de l’Arctique :
- « Les régions polaires, notamment l’Arctique, c’est bien sûr un grand acteur du climat, mais en même temps, c’est un grand témoin du réchauffement climatique. L'Arctique est la région du globe la plus touchée par le réchauffement climatique, et donc la ministre s’intéresse effectivement aux recherches qui sont faites dans ce domaine-là, et donc je l’accompagne bien volontiers ; c’est une région que je connais, que j'ai fréquentée souvent ».
- « Le Spitzberg est une île qui est au nord de la Norvège, c’est une île habitée la plus proche du secteur du Pôle Nord. Il y a un village qui s’appelle Ny-Alesund, qui est un village international ; c'est une station, il y a une multitude de pays qui sont là, dont les Chinois, les Français, beaucoup d'Européens sont là, et ils font de la Recherche sur la situation en Arctique. Ça touche effectivement l’ozone, le climat, la fonte de la glace, la biodiversité. On a vu déjà des balistes, c'est-à-dire des poissons tropicaux, remonter vers le Nord ! Donc tout cet écosystème est touché ».
- « L’Accord de Paris représente une prise de conscience planétaire, l'ensemble des chefs d'État ont manifesté le fait que l'Homme était devenu un acteur du changement climatique et qu’il fallait prendre des mesures…

La COP21 a lancé un petit peu partout dans le monde au niveau des territoires, au niveau des villes, des mesures qui sont prises et qui vont dans le bon sens. C’est long, bien sûr, mais c'est en marche ».



Retrouver la Feuille de route nationale sur l’Arctique

Télécharger le programme de l'expédition scientifique en Arctique (PDF - 158 Ko)


 

Imprimer