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Eau et Biodiversité

5 février 2014 - Énergie, Air et Climat
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Sommaire :


      

Front d’expansion de la chenille processionnaire du pin

30 avril 2013 (mis à jour le 1er juin 2015)

Cet indicateur rend compte de l’évolution, en france métropolitaine, du front d’expansion de la chenille processionnaire du pin depuis les années 1970.



En Bref

D’origine méditerranéenne, la chenille processionnaire du pin présente un développement larvaire hivernal et se trouve, pendant ce stade,favorisée par une augmentation, même minime, de la température. Le front de progression annuelle est aisément identifié par l’observation des nids d’hiver, blancs, bien visibles à distance. 

Les contraintes thermiques, qui forçaient la chenille à demeurer au sud de la Loire dans les années 1970, ont été progressivement levées par le réchauffement climatique. Cela a permis son expansion continue vers le nord au rythme moyen de 4 km/an durant les dix dernières années. Cette progression pose des questions quant à son impact sanitaire potentiel (allergies, urtication, choc anaphylactique) pour l’homme et les animaux domestiques. Les populations situées à l’est et à l’ouest du Massif central, séparées à l’origine, se sont rejointes au nord de ce massif.

 Progression du front d'expansion de la chenille processionnaire du pin en France

 

Chiffre-clé : la chenille processionnaire du pin a progressé de 4 km/an vers le nord durant les 10 dernières années

 

Le front d’expansion de la chenille processionnaire du pin dans le sud du Bassin parisien s’est déplacé d’environ 100 km vers le nord entre 1972 et 2009, en parallèle à une augmentation moyenne de la température hivernale de 1,1 °C dans la même zone. Les chenilles se nourrissent des aiguilles des pins, entraînant une défoliation de l’arbre.

 

Analyse technique et données

Évolution du front d’expansion de la chenille processionnaire du Pin dans le Bassin Parisien entre 1972 et 2014

 

La carte animée de la région parisienne montre une progression moyenne d’environ 100 km vers le nord entre 1972 et 2009 en parallèle à une augmentation moyenne de la température hivernale de 1,1°C dans la même zone. Cette progression naturelle était relativement limitée entre 1972 et 1992, avec un rythme de 2 ,7 km/an, puis s’est notablement accélérée, avec un déplacement moyen de 4 km/an durant les 12 dernières années. L’ensemble de la région est désormais favorable au développement de l’insecte, qui a pu aussi s’implanter en foyers ponctuels largement au-delà du front (points en rouge en 2006, rouge foncé en 2011 et violet en 2014 sur la carte) à la suite d’introductions involontaires par l’Homme avec le transport de grands pins. 

Progression du front d’expansion de la chenille processionnaire en France entre 1980 et 2014

La carte globale, réactualisée tous les 5 ans, montre l’expansion latitudinale de la processionnaire du pin en France entre l’hiver 1980-1981 et l’hiver 2005-2006. D’origine méditerranéenne, cet insecte présente, contrairement à la plupart de ses congénères, un développement larvaire hivernal. Il se trouve, pendant ce stade, favorisé par une augmentation même minime de la température hivernale qui régule ses chances de survie. En l’occurrence, les contraintes thermiques de l’insecte sont d’une part une température létale inférieure à -16 °C et, d’autre part, des capacités de nutrition nocturne liées à l’exigence d’une température du nid d’au minimum 9 °C durant le jour suivie d’une température de l’air supérieure à 0 °C la nuit suivante. Alors que ces contraintes forçaient par exemple en Région Centre l’insecte à stationner au sud de la Loire dans les années 1970, le réchauffement climatique les a progressivement levées permettant une expansion continue vers le Nord. Les populations situées à l’Est et à l’Ouest du Massif Central, séparées à l’origine, se sont également rejointes au nord de ce massif. Une progression similaire est visible en altitude (Alpes, Pyrénées, Massif central).

Couverture spatiale et temporelle des données

"Liste_points geo-references_front_expansion_2005-2006_4 km_par_4 Km_France"
France métropolitaine
période 2005- 2006

Provenance

INRA - Orléans
 

Tableau de la série

www.inra.fr/urticlim

 

Couverture spatiale et temporelle des données

"Évolution_front_processionnaire_1980_et_2005-2006"
France métropolitaine
période 1980 - 2005

Provenance

INRA - Orléans

Tableau de la série

www.inra.fr/urticlim

 

Couverture spatiale et temporelle des données

"Liste_exhaustive_points_geo-references_expansion_2005-2006_Bassin Parisien"
Régionale (Bassin Parisien, Briançonnais)
période 2005-2006

Provenance

INRA - Orléans

Tableau de la série

www.inra.fr/urticlim

 

Responsable de l’indicateur

Alain ROQUES

Organisme propriétaire des données

Institut National de la Recherche Agronomique (INRA)

Définition de l’indicateur

Cet indicateur présente la progression latitudinale et altitudinale annuelle de la chenille processionnaire du pin en France (Thaumetopoea pityocampa, famille des Notodontides, ordre des Lépidoptères).

Méthode de calcul de l’indicateur

La cartographie de la distribution de la chenille processionnaire était assez grossière par le passé et liée à sa seule importance économique. Elle était obtenue par repérage visuel non exhaustif et non géo-référencé des nids. L’observateur les reportait ensuite manuellement sur une carte Michelin. Depuis, l’INRA a pris la décision, compte tenu de son intérêt pour l’étude du changement climatique, de constituer une base de références suffisamment fiable pour servir de référence à des comparaisons scientifiques sur le long terme de l’expansion de cet insecte. Cela a été réalisé sur la base de deux campagnes de relevés visuels menées durant les hivers 2004-2005 et 2005-2006 par des techniciens INRA spécialisés dans l’étude de cet insecte. La présence d’au moins un nid dans une maille de 8 km par 8 km est la base prise en compte pour l’ensemble de la France. Des relevés plus précis ont été opérés sur certaines zones (Bassin parisien, Briançonnais) avec géo-référencement de tous les nids. Les relevés s’opèrent donc sur la base du front 2005-2006, permettant de calculer des vitesses de progression annuelle pour chacune des zones géographiques concernées.

Fiabilité de l’indicateur

D’origine méditerranéenne, cet insecte présente, contrairement à la plupart de ses congénères, un développement larvaire hivernal et se trouve pendant ce stade, favorisé par une augmentation même minime de la température qui régule ses chances de survie. Par comparaison avec le début des années 1990, la progression est visible aussi bien en latitude qu’en altitude (Alpes, Pyrénées, Massif central). Le front de progression annuelle est aisément identifié par l’observation des nids d’hiver blancs, bien visibles à distance. Les jeux de données basés sur une cartographie grossière existants avant l’an 2000 ont été remplacés par des collectes géo- référencées de présence des nids dans le Bassin Parisien et les Alpes du Sud depuis 2003. Ce dispositif a été généralisé sur toute la France durant l’hiver 2005-2006, pour lequel on dispose d’une carte de référence complète du front d’expansion. La carte du Bassin Parisien est réactualisée tous les ans et la carte globale tous les 5 ans.

Justification de l’indicateur

L’utilisation d’indicateurs d’ordre biologique présente l’intérêt d’une approche intégrée des conséquences du changement climatique. En l’occurrence, les contraintes thermiques de l’insecte sont d’une part une température létale inférieure à -16°C et, d’autre part, des capacités de nutrition nocturne liées à l’exigence d’une température du nid d’au minimum 9°C durant le jour suivie d’une température de l’air supérieure à 0°C la nuit suivante. Alors que ces contraintes forçaient par exemple en Région Centre l’insecte à stationner au sud de la Loire dans les années 1970, le réchauffement climatique les a progressivement levées permettant une expansion continue vers le Nord au rythme moyen de 2.7 km/an entre 1972 et 2009, avec une notable accélération à 4 km/an durant les 10 dernières années. L’insecte a ainsi progressé de 100 km vers Paris en parallèle à une augmentation moyenne de 1.1°C de la température durant la même période. On dispose par ailleurs d’un modèle prévisionnel de l’expansion adapté aux différents scenarii climatiques pour le futur. Un argument supplémentaire réside dans l’impact sanitaire conséquent (urtication/allergies/choc anaphylactique) pour l’Homme et les animaux domestiques.

Date de dernière actualisation de l’analyse technique et des données

23 février 2014.

Perspectives pour l’indicateur

Le front Bassin Parisien est réactualisé tous les ans mais le front global sur toute la France seulement tous les 5 ans.

      
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