Grandes opérations de restauration de la continuité écologique en 2012 : et de deux !
La Sélune, fleuve côtier de la Manche qui se jette dans la baie du Mont-Saint-Michel est la 3ème rivière à saumons de France et est empruntée par de nombreux autres poissons migrateurs amphihalins, dont l’anguille. Les deux barrages de Vezins et la Roche qui Boit, respectivement 35m et 15m de hauteur, noient plus de 30% des frayères et bloquent totalement l’accès des deux tiers des 91km de linéaire du fleuve. L’anguille, espèce menacée comme le saumon, fait l’objet d’un règlement européen pour sa sauvegarde. En application de ce règlement, la France s’est engagée à étendre son périmètre de vie en eau douce et augmenter ses capacités de retour en mer notamment par l’aménagement ou la suppression des obstacles à sa migration.
Aussi, la Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie a confirmé la décision prise en novembre 2009 de ne pas renouveler les titres d’exploitation hydroélectrique des deux barrages pour lesquels aucune autre solution de franchissabilité que leur démantèlement n’a pu être trouvée. Et, le 3 juillet, le préfet de la Manche a notifié à EDF la décision d’arrêt de l’exploitation. Afin de garantir la sûreté des ouvrages et la sécurité publique, EDF continuera à en assurer la gestion jusqu’à l’achèvement de la vidange des retenues.
Conformément aux engagements pris par l’Etat, la vidange et l’effacement des barrages n’interviendront qu’une fois défini, en concertation notamment avec les élus concernés, le dispositif d’accompagnement prévu pour développer un nouveau projet de territoire pour la vallée de la Sélune.
Le démantèlement des deux barrages sera conduit conjointement par l’Etat et EDF. La Sélune deviendra ainsi, à l’horizon 2017, l’un des rares fleuves français à grands migrateurs entièrement libre d’obstacles transversaux.
Après le démarrage, début 2012, de la mise en œuvre d’une alternative au barrage de Poutès sur l’Allier sous la forme d’un seuil trois fois moins élevé (4 mètres) avec clapets centraux entièrement effaçables en crue, ce sont deux mesures phares de restauration de la continuité écologique inscrites dans la convention pour le développement de l’hydroélectricité dans le respect des milieux naturels signée le 23 juin 2010, qui se concrétisent cette année. Une nouvelle concession incluant l’exploitation du site de Poutès devrait être signée fin 2013 et la mise en service des nouvelles installations est prévue en 2016. En attendant cette échéance, des mesures transitoires ont été prises pour réduire l’impact de l’exploitation des installations actuelles (fin des éclusées et relèvement du débit laissé à la rivière).
Les deux opérations représentent par ailleurs des premières françaises et européennes, l’une comme effacement d’un des plus grands barrages jamais réalisé avec reconversion de la vallée, et l’autre comme transformation exemplaire d’un ouvrage existant permettant de concilier maintien d’une production hydroélectrique et optimisation de la migration du saumon de l’Allier.


