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Information géographique

20 août 2010 - Développement durable
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Sommaire :


      

Information géographique : des enjeux majeurs pour une politique publique

14 août 2010 (mis à jour le 16 mai 2013)


Définition et contexte

On appelle information géographique une information contenant une référence à un lieu, qu’il s’agisse d’un point précis du territoire, d’une infrastructure linéaire telle qu’une route ou encore d’un périmètre donné : aire protégée, zone d’emplois, ville, etc. Les données géographiques concernées peuvent être de trois sortes :

  • les référentiels géographiques (cartes ou plans, photographies aériennes et satellitaires), qui servent surtout de fond de plan pour la présentation des autres données ;
  • les objets géographiques (bâtiments, routes, zones urbanisées, forêts, parcelles, limites de communes...), que l’on peut visualiser par superposition aux référentiels ;
  • les données proprement dites, généralement rattachées à l’un de ces objets géographiques : par exemple la largeur ou le trafic d’une route, le nombre de logements, d’habitants ou d’emplois dans une zone, la population d’une commune…

L’information géographique suscite un intérêt croissant, de la part tant des particuliers et des entreprises que des autorités publiques : État, collectivités territoriales, services publics. Les besoins de données géographiques ont bien sûr toujours existé, mais ils étaient difficiles à satisfaire, car ce n’est que de façon récente que les systèmes d’information ont pu traiter ces données efficacement et massivement, ce qui a permis à quelques grands acteurs de diffuser des informations géographiques sur Internet : en particulier Google (Google Maps), Microsoft (Bing Maps) et en France l’IGN avec le Géoportail. Concrètement il s’agit de publier, grâce aux technologies du web 2.0, des cartes interactives et les données qui leur sont associées. Ainsi le Géoportail met à la disposition de tous les internautes des photos aériennes et des cartes du territoire français, à diverses échelles.

Ces évolutions techniques ont entraîné une forte attente sociale et économique pour le développement de services sur Internet, qu’ils soient commerciaux, culturels ou administratifs, avec le développement de sites diffusant des informations publiques ou commerciales et permettant d’obtenir des renseignements en ligne, d’acheter en ligne, de réaliser une téléprocédure… De nombreux services utilisant des données géographiques sont maintenant offerts au grand public sur le web : on peut aujourd’hui visualiser en ligne la localisation d’une adresse postale sur un plan, rechercher des commerces ou des services autour de cette adresse, choisir un itinéraire en véhicule particulier ou en transports en commun pour s’y rendre, calculer un temps de transport en voiture, acheter son billet de train ou d’avion, réserver une chambre d’hôtel après une visite virtuelle de celui-ci et de la ville où il se trouve, consulter le cadastre ou un PLU en ligne, procéder à des visites virtuelles de biens immobiliers à vendre…

Le développement de l’information géographique ne concerne pas seulement le grand public et les producteurs de données et de services géographiques, mais aussi toutes les entreprises dont l’activité a une dimension territoriale : transports, immobilier, tourisme, grande distribution, services aux entreprises et aux particuliers… L’information géographique représentera au cours des prochaines années un important potentiel de croissance économique et de créations d’emplois.

Un atout pour les autorités publiques

L’intérêt de l’information géographique est également très grand pour les autorités publiques. Parmi les nombreuses applications possibles, on peut citer :

  • la gestion de crise ;
  • la réalisation d’études d’impact d’infrastructures ponctuelles ou linéaires en superposant des variantes d’implantation ou de tracé à des zonages environnementaux ;
  • l’étude d’implantation d’équipements (gare, échangeur, hôpital, crèche…) en fonction de la population, des emplois et des richesses environnementales présents dans un périmètre donné ;
  • l’implantation d’une nouvelle zone de logements ou d’activités en fonction des temps de transport en véhicule particulier ou en transports en commun ;
  • l’offre de procédures en ligne, notamment dans les domaines de l’urbanisme, du foncier, de la maintenance d’équipements publics...

D’une façon générale, l’information géographique favorise la connaissance, l’analyse et le suivi des territoires, leur aménagement, l’évaluation des impacts environnementaux et par conséquent le développement durable et la réalisation des objectifs du Grenelle Environnement.

Les services de l’État, les collectivités territoriales et les services publics développent l’utilisation de l’information géographique, pour améliorer le service rendu aux usagers, gagner en productivité et accroître l’efficacité des politiques publiques. Ils souhaitent répondre aux attentes de leurs partenaires (grand public, citoyens, entreprises, clients des services publics…), qui considèrent que les informations qui leur sont nécessaires, et en premier lieu les informations publiques, doivent être disponibles sur Internet.

C’est ainsi que le ministère du développement durable a mis en ligne sur Internet des sites diffusant des informations environnementales avec leurs aspects géographiques. On peut notamment citer :

De même, de plus en plus de collectivités territoriales utilisent l’information géographique sur Internet pour localiser et présenter de façon enrichie leurs propres informations : par exemple présentation par une commune de son patrimoine culturel, de ses atouts touristiques, de ses zones d’activités, des services de transport, du cadastre, du PLU... Les conseils généraux et régionaux ont également pris de nombreuses initiatives, notamment dans le domaine des transports.

Les obligations juridiques : d’Aarhus à Inspire

Si l’utilisation de l’information géographique est une opportunité intéressante pour les autorités publiques, sa diffusion est devenue une obligation, à la suite de la publication, depuis 2005, de plusieurs textes européens et français (PDF - 122 Ko), allant tous dans le sens d’une plus grande ouverture des informations publiques, notamment environnementales, et en particulier géographiques.

Après la convention européenne d’Aarhus, qui concerne le droit à communication des informations publiques relatives à l’environnement et impose la diffusion publique de certaines de ces informations, la directive européenne 2007/2/CE du 14 mars 2007, dite directive Inspire, impose aux autorités publiques, d’une part de rendre les données géographiques qu’elles détiennent accessibles au public en les publiant sur Internet, d’autre part de les partager entre elles.

La directive Inspire ne provoque pas en fait un mouvement nouveau, puisque l’Etat et de nombreuses collectivités territoriales ont déjà commencé à publier sur le web leurs données géographiques environnementales, afin de répondre aux attentes des citoyens et des entreprises. Mais elle facilite et accélère ce mouvement en définissant les conditions opérationnelles de l’interopérabilité des données et des services offerts, grâce à la publication, en cours, d’un ensemble de règles techniques.

En outre la mise en oeuvre des dispositions de la directive ne représente pas seulement un coût, mais surtout un investissement vite rentabilisé : les études menées par la commission européenne évaluent à 6 mois le délai de retour de tels investissements. En effet des gains importants sont dégagés rapidement dans de nombreux domaines, tels que le raccourcissement des délais de réalisation d’études, une meilleure efficience des politiques de protection et de suivi de l’environnement (au sens large, y compris les aspects sanitaires et la gestion des risques), la réduction de la duplication des données, notamment.

Ainsi la directive INSPIRE va apporter à la fois de nouveaux services aux habitants, d’importants gains de productivités aux services des collectivités territoriales comme aux entreprises, une croissance nouvelle et des créations d’emplois grâce à l’activité des entreprises réutilisant les données publiques pour fournir de nouveaux services.

La politique de l’information géographique

L’obligation de mettre en œuvre la directive Inspire impose à notre pays de moderniser son organisation, ses structures et ses méthodes dans le domaine de l’information géographique pour faire face aux exigences de la directive et de la convention d’Aarhus. Il s’agit aussi d’exploiter le potentiel de développement économique et de créations d’emplois induit tant par l’accélération des évolutions techniques que par une meilleure valorisation des données publiques.

Dans le domaine de l’information géographique, l’Etat s’appuie sur des opérateurs, au premier rang desquels figure l’IGN.

Les principaux axes de la politique nationale de l’information géographique sont les suivants :

 

      
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