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PRESSE

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Intervention de Ségolène Royal, présidente de la COP21, en ouverture du Climate Action Summit à Washington

6 mai 2016 - COP 21
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- Seul le prononcé fait foi -

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,
Monsieur le Président du Groupe de la Banque mondiale,
Je salue également les personnalités engagées auprès du SGNU et du
climat : Al Gore, Michael Bloomberg,
Ainsi que bien évidemment Anne Hidalgo, la maire de Paris, ville hôte de la COP21,
Mesdames et Messieurs,

Je souhaite vous adresser trois messages très simples.

1/ Avec 175 signatures, l’esprit de Paris est toujours là, à nous d’accélérer la mise en oeuvre

- Moment très fort dans un contexte difficile
- Nous avons pu avancer grâce à l’engagement de tous
- Cette réussite et cet engagement nous obligent
- En tant que présidente de la COP je veille à mettre en oeuvre au plus vite cet accord.
- Avec le SGNU nous avons mobilisé les Etats pour que le plus grand nombre de parties signent le 22 avril, journée de la Terre. Ce n’était pas gagné d’avance.
- On pouvait craindre une démobilisation. 175 Pays ont répondu présent.
- La prochaine étape c’est la ratification de l’Accord. Avec la cible
d’obtenir 55 Etats représentant 55% des émissions pour l’entrée en
vigueur de l’Accord
- Mon objectif c’est que cette étape soit réalisée avant la fin de cette
année pour donner un nouvel élan. C’est difficile mais à notre portée.
- Les Etats-Unis et la Chine qui représentent à eux deux 38% des émissions mondiales ont déjà fait part de leur intention et je veille à ce que l’Europe soit à l’offensive
- Et d’ailleurs j’ai présenté hier le projet de loi de ratification par la France qui sera adopté par le parlement avant l’été. La France est le premier pays d’Europe à le faire. Et je mobilise tous les chefs d’Etat et de gouvernement européens pour que l’Union européenne ratifie.

2/ La mobilisation est en marche. Rendons la irréversible.

- Les Etats qui ont la responsabilité de la ratification et des contributions nationales : comment concrétiser les actions pays par pays,
- Les entreprises et les investisseurs : ce sont eux qui oeuvrent pour réalisent la transition énergétique, c’est la grande nouveauté de la COP21 pour appliquer l’Accord de Paris.
- Les ONG et les citoyens, pour s’assurer que la parole donnée à Paris est respectée
- Et surtout les villes avec les grandes coalitions qui se sont exprimées lors de la COP21, notamment le C40 (city for climate) et je salue Michael Bloomberg, Anne Hidalgo et Eduardo Paes.
- Les 20 plus grandes mégalopoles du monde sont directement menacées par la montée des océans.
- La démocratie locale s’exerce également au niveau des territoires et je salue les nombreux élus présents aujourd’hui. 70% des actions doivent être menées à l’échelle locale, au plus près des citoyens. C’est pour cela que j’ai souhaité décliner en France les objectifs de la loi transition énergétique au niveau de 400 territoires à énergie positive. L’Etat doit soutenir les initiatives locales.
- Un grand apport de la COP21 est d’avoir associé aux cotés des Etatstous les acteurs qui comptent pour impulser une transition majeure de
notre modèle de développement.
- Le plan d’action Lima-Paris a créé une dynamique qui rassemble plus de 10 000 villes, régions, entreprises, investisseurs et associations dans 180 pays et 70 coalitions.
- Pour avoir participé à plus d’une centaine d’évènements pendant les 10 jours de la COP21, et pour suivre la montée en puissance des coalitions, je peux témoigner du mouvement irréversible.
- Les 70 coalitions fondées à Paris, dont 15 à l’initiative de la France offrent un nouveau cadre pour fédérer des Etats, des entreprises, des syndicats, des associations autour des principaux enjeux du changement.
- Depuis la COP21, la France s’emploie à consolider ces différentes initiatives. Il faut ainsi souligner les progrès de l’Alliance solaire internationale. J’ai présidé à New York en marge de la cérémonie de signature une réunion ministérielle qui a vu le lancement de 2 premiers programmes de travail.
- Le lancement de l’initiative contre l’érosion des cotes ouest-africaines, la mise ne place de la feuille de route de la coalition mondiale pour le bâtiment et l’adoption d’une première liste de projets pour l’initiative africaine pour les énergies renouvelables.

3/ Je lance un appel aux villes et aux investisseurs à rejoindre la
coalition sur le prix du carbone et à développer la finance verte.


Financements publics :
- Beaucoup a été promis lors de la COP. Les banques multilatérales ont pris la mesure des efforts à fournir.

- Plus de 40 milliards de dollars d’obligations vertes émises l’an dernier c’est plus du double de 2013. La France se place en tête des pays d’origine des émetteurs d’obligations vertes. Des villes et des territoires ont déjà repris l’initiative, à l’instar de New York et de Paris. Le président Hollande a annoncé que la France serait le premier Etat à émettre des bons du Trésor verts.

Financements privés :
- Beaucoup a été fait en peu de temps comme par exemple la coalition pour la décarbonation des portefeuilles (600 Md $ d’actifs dépassant largement l’objectif initial de 100 Md $). Je mobiliserai la moitié des 500 plus gros investisseurs qui ne prennent pas encore en compte le climat dans leurs choix d’investissement.

- En tant que président de la COP je souhaite aussi que l’on prenne aussi la mesure des opportunités de la croissance verte et de l’économie bleue.
- Je souhaite encourager ces bonnes pratiques en développant le reporting climatique que la France est la première à mettre en oeuvre avec le fameux article 173 que j’ai inscrit dans la loi française de transition énergétique pour la croissance verte.

Tarification du carbone : Avec une grande coalition des Etats et des
entreprises. Comme présidente de la COP je pense que ce grand mouvement doit s’organiser autour de 3 principes ainsi que nous l’avons dit lors des réunions de printemps avec la Banque mondiale :

  • Un prix suffisamment élevé pour changer les comportements
  • Un prix stable et prévisible pour donner de la visibilité aux acteurs économiques et financiers
  • Un prix coordonné comme le propose la Banque mondiale pour en faire un instrument de cohésion et non de concurrence.

J’ai ouvert le premier panel de la coalition des Leaders pour un prix du carbone réuni à la banque mondiale à Washington, le 15 avril. Après le Québec et la Californie, l’Ontario a notamment annoncé sa décision de lancer un marché du carbone. A l’heure actuelle, une quarantaine de pays et 23 villes, Etats et provinces tarifient le carbone.


Pour la réussite de cet accord, mon message final est simple :

- Nous devons agir vite

- Nous devons agir de manière juste parce que beaucoup de promesses ont été faites et notre action doit être guidée par la justice écologique,

- Nous devons agir ensemble parce que l’accord de Paris a été un grand moment de consensus de la communauté internationale et nous devons conserver l’esprit de Paris

- Nous devons saisir la chance que nous donne l’obligation de relever le défi climatique, c’est une opportunité d’inventer le monde de demain.

 

Télécharger le discours de Ségolène Royal (PDF - 113 Ko)

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