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L’Anses confirme que les traitements de semences des céréales d’hiver avec des néonicotinoïdes présentent des risques importants pour les abeilles et les pollinisateurs sauvages

14 janvier 2016 - Prévention des risques
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La famille des insecticides néonicotinoïdes est utilisée en France depuis le début des années 90 et a fait depuis l’objet de nombreuses contestations par les apiculteurs qui leur attribuent une forte responsabilité dans les surmortalités des ruchers. Ces insecticides présentent des risques importants pour les pollinisateurs mais également pour les oiseaux et sont détectés de façon croissante dans les masses d’eau.

Cinq substances sont approuvées dans l’Union Européenne et un moratoire interdisant l’enrobage par trois néonicotinoïdes (thiamétoxam, imidaclopride et clothianidine) des semences de céréales d’été et des cultures attractives des pollinisateurs est déjà en vigueur en Europe depuis 2013.

Cependant, leur utilisation en France continue de croître du fait notamment de leur utilisation en traitement de semences des céréales d’hiver qui sont hors du moratoire.

Suite à la saisine interministérielle du 24 juin 2015, l’Anses, qui délivre depuis le 1er juillet 2015 les autorisations de mises sur le marché des produits phytopharmaceutiques, a transmis les conclusions suivantes sur les risques que présentent les produits phytopharmaceutiques contenant néonicotinoïdes pour les abeilles et les pollinisateurs : 

  • Les connaissances actuelles ne permettent qu’une évaluation incomplète des effets des néonicotinoïdes sur les colonies d’abeilles domestiques et, a fortiori, pour les pollinisateurs sauvages ;
  • L’utilisation des néonicotinoïdes nécessite de conditions d’emploi contraignantes pour réduire leurs sévères effets négatifs sur les abeilles et les autres pollinisateurs ;
  • Pour le traitement de semences des céréales d’hiver, l’Agence a identifié des contraintes d’utilisation qui s’avèrent difficilement compatibles avec les pratiques agricoles réelles.

Cette question cruciale de la protection des pollinisateurs indispensables à la préservation de la biodiversité et donc de l’agriculture fera l’objet d’un débat parlementaire approfondi dans le cadre de l’examen au sénat du projet de loi de reconquête de la biodiversité.

La France a également demandé aux autorités européennes de maintenir ces restrictions et d’accélérer le processus de réévaluation des autres néonicotinoïdes.

Rapport de l’Anses

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