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Agriculture durable

4 avril 2011 - Développement durable
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Les enjeux de l’agriculture durable : épuisement des ressources et changement climatique

4 avril 2011 (mis à jour le 19 mars 2014)


L’agriculture durable se définit par une production agricole économiquement viable, socialement équitable, et qui ne nuit ni à l’environnement ni à la santé.

Les progrès de l’agriculture depuis 50 ans, ont conduit à une augmentation importante de la productivité. En France, les rendements à l’hectare ont été multipliés par 7 en moyenne pour le maïs, et par 4 pour le blé. La productivité du travail, surtout, a été démultipliée, le nombre d’actifs agricoles passant de 5 millions en 1950 à 1 million dans les années 2000.

Ces performances sont le fruit d’orientations majeures :

  • la spécialisation et la standardisation des productions ont conduit à une répartition entre pays, entre régions, et entre fermes, des activités agricoles. De ce fait, la France importe une grande partie des protéines nécessaires à l’alimentation des animaux.
  • la mécanisation a été facilitée par cette standardisation.
  • Les intrants (semences, engrais et produits phytosanitaires), ont été conçus pour maximiser le rendement par hectare et par unité de main d’œuvre de ces productions spécialisées et mécanisées.

Aujourd’hui, cette évolution atteint ses limites avec le plafonnement des rendements depuis la fin des années 1990, l’épuisement des ressources nécessaires à la production agricole (phosphore, énergie, sols, biodiversité), la dégradation des milieux (eau, air), et les impératifs du changement climatique.

Les ressources en eau ont été fortement dégradées, en quantité comme en qualité.
En France, seules 45% des masses d’eau de surface sont considérées en bon état écologique et plus de 90% des eaux de surface analysées contiennent des résidus de pesticides. Chaque année, une centaine de points de captage d’eau potable sont fermés en raison de la détérioration de la qualité des eaux prélevées.

Sur le plan quantitatif, la question de la gestion de la sécheresse se pose autant à court terme en cas de situation de crise, qu’à long terme dans le contexte du changement climatique.

La biodiversité cultivée a été considérablement réduite avec l’abandon de nombreuses espèces cultivées et élevées, et la perte de diversité génétique au sein de chaque espèce, liés à la standardisation et à la simplification des systèmes de production.

Les sols agricoles sont menacés en quantité et en qualité. Ils agricoles représentent 75% du territoire. Mais leur surface est en permanence réduite par l’urbanisation qui détruit en moyenne 900 km² de sol par an (soit un département moyen tous les cinq ans). L’érosion des sols constitue également une perte importante, notamment pour les sols agricoles limoneux des grands bassins parisien et aquitain.

Parallèlement, de nombreux sols se sont appauvri en phosphore indispensable à la croissance des plantes, et en matière organique qui contribue à la stabilité, à la richesse en minéraux, et à la capacité du sol à réguler la teneur en eau.

L’énergie nécessaire à la production des engrais minéraux et à la mécanisation, a été un élément clé de l’essor de la productivité. C’est aujourd’hui une ressource dont l’utilisation doit être raisonnée pour optimiser l’efficacité énergétique de la production agricole.

La ressource humaine est un sujet d’alerte grandissant, car les vocations et les compétences manquent pour reprendre des exploitations agricoles de plus en plus grandes et complexes à gérer.

Le changement climatique est un enjeu majeur pour l’agriculture. En effet celle-ci y contribue fortement, et le subit en tout premier lieu.

Elle y contribue en libérant des gaz fortement contributeurs au réchauffement climatique : le méthane produit par les animaux ruminants, et le protoxyde d’azote dégagé lors de l’épandage des engrais minéraux. L’énergie consommée pour la production des engrais minéraux contribue également à l’accumulation de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. En contrepartie, l’agriculture est une des rares activités économiques qui permet de fixer le carbone et l’azote atmosphériques.

L’objectif est donc de maximiser cette fonction de fixation, et de réduire au maximum les émanations.

L’agriculture subit le changement climatique par la fréquence des incidents climatiques extrêmes qui perturbent la production, et par l’apparition de nouvelles maladies des cultures et des animaux.

      
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