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L’économie circulaire

19 novembre 2015 (mis à jour le 24 novembre 2015) - Développement durable
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L’économie circulaire désigne un concept économique qui s’inscrit dans le cadre du développement durable et dont l’objectif est de produire des biens et des services tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, de l’eau et des sources d’énergie. Il s’agit de déployer, une nouvelle économie, circulaire, et non plus linéaire, fondée sur le principe de « refermer le cycle de vie » des produits, des services, des déchets, des matériaux, de l’eau et de l’énergie.

Sommaire

 

Les enjeux de l’économie circulaire

L’économie circulaire est à la croisée des enjeux environnementaux et économiques.

Le système linéaire de notre économie (extraire, fabriquer, consommer, jeter) a atteint ses limites. Nous commençons en effet à entrevoir l’épuisement d’un certain nombre de ressources naturelles et d’énergies fossiles. L’économie circulaire propose donc un nouveau modèle de société qui utilise et optimise les stocks et les flux de matières, d’énergie et de déchets et vise ainsi à l’efficience de l’utilisation des ressources.

L’économie circulaire est porteuse d’emploi. En France, le secteur de la gestion des déchets représente plus de 135000 emplois.

Dans un contexte de raréfaction et de fluctuation du coût des matières premières, l’économie circulaire contribue à la sécurisation des approvisionnements de la France et à la réindustrialisation du territoire national.

Avec la la loi transition énergétique pour la croissance verte promulguée le 17 août 2015, l’économie circulaire franchit une étape importante. En effet, la loi consacre son titre IV à la lutte contre les gaspillages et la promotion de l’économie circulaire. Elle prévoit notamment :

  • La réduction de moitié des quantités de déchets mis en décharge.
  • L’objectif de recycler 60% des déchets en 2025.
  • L’amélioration de la conception des produits pour réduire leur impact environnemental et augmenter leur durée de vie.
  • La mise en place d’une stratégie nationale de transition vers une économie circulaire.

Les déchets des uns deviennent les ressources des autres

Le produit doit être conçu pour être déconstruit, et c’est ce qui change tout. « L’économie circulaire, c’est faire de nos déchets des matières premières. C’est le seul système d’avenir » affirme François-Michel Lambert, président de l’institut de l’économie circulaire. « Et pour plusieurs raisons. D’abord, les prix des matières premières (les déchets) sont connus à l’avance. Ensuite, les impacts environnementaux sont d’autant moins coûteux pour les entreprises qu’elles revendent leurs déchets devenus des ressources pour d’autres. Enfin, ce système est créateur d’emplois locaux non délocalisables. »

Enquête : économie circulaire, les Français sont-ils prêts ?

A l’occasion des assises de l’économie circulaire du 17 juin 2014, l’Ademe a souhaité livrer les résultats d’une étude réalisée à sa demande par le Credoc (PDF - 483 Ko), sur la façon dont les Français évoluent – plus ou moins consciemment – dans leurs comportements et leurs aspirations, vers ce nouveau modèle économique.

L’étude du Credoc le montre, les Français sont prêts à suivre le mouvement. Ils l’ont parfois même initié ! Cette analyse, souhaitée par l’Ademe, permet de dresser un panorama des habitudes et modes de consommation des Français et d’identifier le potentiel de développement de l’économie circulaire au sein de la population.

 

Comment fonctionne l’économie circulaire ?

L’économie circulaire repose sur plusieurs principes :

  • L’éco-conception : prendre en compte des impacts environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie d’un produit et les intégrer dés sa conception.
  • L’écologie industrielle et territoriale : mettre en place un mode d’organisation industrielle sur un même territoire caractérisé par une gestion optimisée des stock et des flux de matières, de l’énergie et des services.
  • L’économie de la fonctionnalité : privilégier l’usage à la possession, vendre un service plutôt qu’un bien.
  • Le réemploi : remettre dans le circuit économique des produits qui ne correspondent plus aux besoins premiers du consommateur.
  • La réutilisation : réutiliser certains déchets ou certaines parties du déchet encore en état de fonctionnement dans l’élaboration de nouveaux produits.
  • La réparation : trouver une deuxième vie aux biens en panne.
  • Le recyclage : réutiliser les matières issues des déchets.

Le tee-shirt « idéal » de l’économie circulaire

Le tee-shirt « idéal » est, dans un premier temps, fabriqué avec du coton biologique issu du commerce équitable. Le vêtement usagé est ensuite récupéré pour servir à la fabrication d’une garniture de canapé, elle-même transformée en laine d’isolation pour le bâtiment. Stade ultime, les fibres de coton (qui n’ont subi aucun traitement chimique) peuvent retourner à la nature.

 

Quels sont les acteurs de l’économie circulaire au sein du ministère ?

L’économie circulaire s’adresse tant aux acteurs publics en charge du développement durable et territorial, qu’aux entreprises en recherche de performance économique, sociale et environnementale qu’à l’échelle de la société qui doit réinterroger ses besoins.

Au sein du ministère, plusieurs services ou directions travaillent sur ce thème.

La direction générale de la prévention des risques et son département politique de gestion des déchets sont chargés de définir les orientations de politique publique de gestion des déchets, incluant les objectifs de recyclage. Le conseil national des déchets réinstallé le 6 février 2013 sous la présidence du sénateur Gérard Miquel a mis en place un sous-groupe de travail « économie circulaire ».

La direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature est impliquée via  :

  • La direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages : les sujets des déchets issus de la déconstruction et de la rénovation des bâtiments (ex : diagnostic déchets / matériaux, avant démolition des bâtiments).
  • La direction de l’eau et de la biodiversité : les métaux, les mines et par extension la « mine urbaine » que constituent les villes modernes.

Le commissariat général au développement durable est chargé de mettre en œuvre la stratégie nationale de transition vers une économie circulaire. Il mène également des actions consistant à promouvoir l’économie circulaire via :

Du côté des industriels, le commissariat général au développement durable suit les travaux du comité stratégique de la filière des éco-industries (CSF éco-industries) et plus particulièrement :

 

Quels sont les bénéfices de l’économie circulaire ?

Le développement de l’économie circulaire doit permettre de diminuer le prélèvement des ressources, de réduire la production de déchets et de restreindre la consommation d’énergie. Il doit participer également au redressement productif de la France. En effet, outre les bénéfices écologiques, cette activité émergente est créatrice de richesse et d’emplois (y compris ceux relevant du champ de l’économie sociale et solidaire) sur l’ensemble du territoire et son développement doit permettre à la France d’en tirer un avantage compétitif dans le contexte de la mondialisation.

Quelques chiffres

Selon le rapport McKinsey commandé par la fondation Ellen MacArthur, l’adoption de modèles circulaires pourrait générer une économie nette de matières premières de l’ordre de 700 milliards de dollars. Par exemple, la collecte systématique des déchets alimentaires ménagers, leur utilisation dans la production de biogaz et le retour des nutriments aux terres agricoles représente une réelle opportunité puisqu’une tonne de déchets alimentaires peut générer pour 19,5 euros d’électricité, pour 13,5 euros de chaleur et pour 4,5 euros d’engrais.

 

Comparaison internationale des politiques publiques en matière d’économie circulaire

Les démarches d’économie circulaire font depuis ces dernières années l’objet d’une attention grandissante des pouvoirs publics et des acteurs économiques car elles répondent à une nécessité tant sur le plan économique qu’environnemental, pour faire face à la raréfaction des ressources et à l’envolée du prix des matières premières, mais aussi aux incidences négatives, notamment climatiques, de nos modes de production et de consommation.

L’appréhension de ce concept donne lieu à des approches et priorités différentes selon les pays. L’étude de comparaison internationale menée par le commissariat général au développement durable a eu pour objectif de fournir quelques éléments d’appréciation utiles dans le cadre de la préparation de la conférence environnementale de 2013.

L’étude analyse les politiques publiques et initiatives d’acteurs menées dans quatre des pays précurseurs sur ce sujet : le Japon, pays le plus souvent associé au concept des 3R (réduction, réutilisation et recyclage) en matière de gestion des déchets et qui promeut le concept de « sound material-cycle society » avec une loi cadre associée (2000), deux pays européens qui sont réputés être parmi les plus performants en terme de recyclage des déchets : l’Allemagne et les Pays Bas. L’Allemagne a été un des premiers pays à adopter une loi s’inspirant des principes de l’économie circulaire (loi de 1994 sur la gestion des déchets dans un « cycle fermé de substances ») mise à jour en 2012 dans le cadre de la transposition de la directive cadre européenne sur les déchets et complétée par un programme national sur l’utilisation efficace des ressources. Les Pays-Bas ont intégré récemment une approche cycle de vie en matière de gestion des déchets (plan national de gestion des déchets 2009-2021 : « towards a material chain policy »). La Chine, puissance émergente, a également été intégrée à l’étude dans la mesure où elle a, depuis 2008, une loi de promotion sur l’économie circulaire

 

L’écologie industrielle et territoriale

L’écologie industrielle et territoriale se concrétise par la mise en commun volontaire de ressources par des acteurs économiques d’un territoire, en vue de les économiser ou d’en améliorer la productivité : partage d’infrastructures, d’équipements (réseaux de chaleur, outils ou espaces de production...), de services (gestion collective des déchets, plans de déplacements inter-entreprises...), de matières (le rebut de production de l’un peut être utilisé comme matière secondaire par un autre…)…

 

Références

 

Documentation

Un grand nombre de rapports, études, retours d’expérience, échanges de bonnes pratiques, guides… sont désormais rassemblés sur la plateforme www.economiecirculaire.org

 

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