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La France s’engage au 6e Forum mondial de l’eau

12 mars 2012 (mis à jour le 2 juillet 2012) - Eau et biodiversité
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Assurer un accès universel à l’eau et à l’assainissement, gérer durablement la ressource en eau et renforcer la gouvernance mondiale de l’eau : zoom sur trois engagements phares de la France.


1- Assurer un accès universel à l’eau et à l’assainissement

Engagement : Au niveau international, garantir un accès à l’eau et l’assainissement pour tous, si possible d’ici 2030

La France souhaite, en lien avec l’Union européenne, que la communauté internationale s’engage à garantir l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, si possible d’ici 2030.

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) prévoient la réduction de moitié de la population qui n’a pas accès à l’eau et à l’assainissement d’ici 2015. Ces objectifs seront globalement atteints pour l’eau mais pas pour l’assainissement.

Plusieurs milliards de personnes ne disposent toujours pas de toilettes. Le déficit en matière d’assainissement est le principal responsable des maladies diarrhéiques, qui tuent chaque année 2 millions de personnes dans le monde, dont 90 % sont des enfants de moins de 5 ans.

Focus sur deux actions phares

L’eau au service de la paix en Méditerranée : la France soutient la construction d’une usine de dessalement à Gaza

A Gaza, la France soutient le projet de construction d’une usine de dessalement d’eau de mer, qui permettrait d’améliorer l’accès à l’eau potable des quelque 1,6 million d’habitants de ce territoire.
Cette unité de dessalement représentera une innovation majeure et fonctionnera avec une énergie renouvelable. Le projet est estimé à 310 millions d’euros et sa réalisation à cinq ans. Il constitue également une opportunité de développement économique durable et de création d’emplois pour cette région qui connaît une très forte pression démographique, ainsi qu’un enjeu de stabilité politique.
Les Etats du Golfe Persique se sont déjà engagés à financer cette usine à hauteur de 50%. Le soutien de la France permettra désormais de faciliter la levée de fonds au niveau européen.

La France s’engage pour l’accès à l’eau et à l’assainissement en Afrique subsaharienne

Avec 350 millions de personnes privées d’accès à l’eau et 450 millions à l’assainissement, l’Afrique reste le continent où les retards sont les plus manifestes.

Pour résoudre cette situation, la Banque africaine de développement (BAfD) a lancé l’Initiative pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement en milieu rural (IAEAR) en 2005, afin de créer un cadre commun pour la mobilisation des ressources et des investissements. La France a participé activement à l’organisation de la première conférence internationale de lancement de cette initiative, qui s’est tenue à Paris le 1er avril 2005. Une contribution française de 40 millions d’euros au fonds fiduciaire créé à cette occasion avait été versée. A l’occasion du Forum de l’eau, la France s’engage à renouveler cette aide jusqu’à 40 millions d’euros supplémentaires.

2- Gérer durablement la ressource en eau


Engagement : Mieux prendre en compte les impacts du changement climatique dans la gestion de la ressource en eau

Aggravation et multiplication des tempêtes, progression des zones désertiques et plus largement soumises au stress hydrique, fonte de la banquise et des glaciers… le changement climatique constitue sans doute le principal défi écologique pour l’homme.
La prise en compte des interactions entre eau et climat doit donc être renforcée à tous les niveaux principalement au travers des politiques de lutte et d'adaptation au changement climatique.

La France propose :

  • Un accès pour les pays les plus vulnérables et les plus démunis au « fonds vert » pour financer leur politique de l’eau ;
  • Un renforcement des passerelles entre experts de l’eau et spécialistes du changement climatique soit par l’intégration de ces experts au sein du GIEC, en particulier dans le groupe traitant des impacts et de l’adaptation au changement climatique, soit par la création d’une « plateforme d’échange » entre scientifiques du climat et gestionnaires de l’eau.

3- Renforcer la gouvernance mondiale de l’eau


Engagement : Œuvrer pour l’entrée en vigueur de la convention des Nations Unies de 1997 sur les cours d’eaux internationaux

La France souhaite jouer un rôle moteur dans la ratification de cette convention pour laquelle il manque encore actuellement 10 pays signataires. Elle doit permettre, en renforçant la coopération entre les Etats, de garantir un accès équitable à l'eau dans les bassins transfrontaliers et de mieux protéger la ressource et les écosystèmes, notamment contre les pollutions venant de l’amont.

Il s’agit de passer d’une logique de gestion de l’eau basée sur les frontières administratives à une logique de gestion par bassins. On compte 276 cours d’eau internationaux qui traversent 145 pays.
La France considère que la ratification de cette convention constituera un progrès certain vers une gestion équitable et durable de la ressource en eau. Il s’agira aussi d’une étape essentielle vers une véritable gouvernance mondiale de l’eau.

Engagement : Donner à l’eau toute sa place au sein des Nations Unies

L’eau est un sujet vital pour l’humanité et les défis liés au changement climatique, à l’urbanisation et à la croissance démographique ne font que renforcer cette préoccupation. Pourtant sur le plan international la gouvernance de l’eau reste dispersée. On dénombre pas moins de 26 agences et programmes des Nations Unies aujourd’hui membres d’ONUEau, le mécanisme de coordination mis en place en 2003.

C’est pourquoi la communauté internationale doit faire toute sa place à l’eau au seindes Nations Unies. La création de l’Organisation Mondiale de l’Environnement, que la France défendra lors du Sommet Rio+20, est l’occasion d’intégrer le domaine de l’eau au coeur de la gouvernance internationale.

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