La descente continue
La descente continue… ou comment les pratiques opérationnelles de la Navigation aérienne contribuent à l’efficacité environnementale et économique de l’aviation.
La descente continue permet de réduire de façon significative et simultanée le bruit en zone terminale, la consommation de carburant et les émissions gazeuses des aéronefs.
De quoi s’agit-il ?
Habituellement la descente comporte des paliers à faible altitude – sous 1200 mètres environ – qui nécessitent une importante poussée des réacteurs et l’utilisation des dispositifs hypersustentateurs de l’avion (becs de bord d’attaque, volets de bord de fuite).
La descente continue est une technique qui permet aux équipages de conduire le vol à l’arrivée d’un aérodrome en évitant les paliers et en réduisant la sollicitation des moteurs et donc de faire des économies de carburant et de limiter les nuisances sonores.
La trajectoire réelle d’un avion en descente continue dépend de sa masse et des conditions météorologiques qu’il rencontre (vent, température, conditions givrantes, pression atmosphérique).
La coordination entre les équipages et le contrôle aérien joue un rôle capital dans la sécurité et l’efficacité environnementale de la descente continue. Enfin, cette technique est conforme aux exigences en matière de sécurité des vols.

Les bénéfices
Les bénéfices sont d’ordre environnemental (bruit, pollution de l’air) et économique (consommation de carburant).
Le relèvement des hauteurs de survol et la réduction de la traînée aérodynamique des aéronefs contribuent à la réduction des nuisances sonores dans l’environnement proche de la piste.
A titre d’exemple, à une distance de 25 km de Paris-Orly, le bruit sous la trajectoire des aérodromes en approche est ainsi diminué de 3 à 6dB.
La diminution de la puissance délivrée par les groupes turbo réacteurs et du nombre de changements de régime permet de réduire la consommation de carburant et les émissions de certains gaz dans des proportions importantes. Ces gaz, comme le dioxyde de carbone CO2 ou les oxydes d’azote NOX, participent à la pollution locale et à la pollution globale qui contribue elle-même au réchauffement climatique.
Des évaluations menées sur l’aérodrome de Paris-Orly ont montré qu’il était possible de réduire la consommation de carburant jusqu’à 370 kg environ pour un avion de type Boeing B747 et de 60 kg pour un avion de type Airbus A320. Sur la phase d’approche considérée ces valeurs correspondent à des réductions respectives de 39% et de 27% de la consommation de carburant. Les émissions de CO2 diminuent dans les mêmes proportions de 1100 kg et 180 kg respectivement.
Le déploiement des descentes continues en France
La Direction des Services de la Navigation Aérienne (DSNA) a conçu des procédures d’approches aux instruments en descente continue pour les aérodromes de Paris-Orly, Marseille-Provence et Strasbourg-Entzheim. De nouvelles procédures sont en cours d’élaboration à l’arrivée des plateformes de Paris-Charles de Gaulle et Toulouse-Blagnac.
Afin d’en accroître encore les bénéfices, la DSNA envisage également d’étendre la descente continue aux phases d’arrivées voire depuis la croisière.
Les descentes continues seront également intégrées aux développements des prochaines générations de systèmes de gestion du trafic aérien, comme la navigation 4D.
