Colloque « La responsabilité sociale des organismes publics : une approche responsable du capital humain »
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« La ressource humaine : un levier de performance pour l’entreprise » - Interview de Sébastien Gourgouillat, adjoint au directeur des ressources humaines à RFF
Formations, appels d’offres, conditions de travail.…Les organismes publics sont partie prenante dans la mise en œuvre du développement durable, à travers la responsabilité sociale des organismes publics (RSO). Sébastien Gourgouillat, adjoint au directeur des ressources humaines à RFF, nous explique la stratégie de son entreprise.
Quelle est votre définition de la responsabilité sociale des organismes publics (RSO) ?
Sébastien Gourgouillat. Faire en sorte que toutes nos actions aient un impact positif pour la collectivité. Cela implique une stratégie en interne et en externe. La RSO, pour moi, ne se conçoit pas sans une vue externe des activités. Nous menons une politique globale qui implique un investissement sur notre personnel et nos activités mais aussi sur tous ceux qui, de près ou de loin, travaillent pour RFF. Nous faisons intervenir des entreprises extérieures et des sous-traitants dont les conditions de travail doivent être bonnes, sinon on manque une grande partie de la cible. J’ajoute que notre cœur de métier – le train – est conçu comme une activité écologique, sûre et socialement responsable, ce qui facilite les choses.
Concrètement que signifie la RSO à Réseau ferré de France ?
Sébastien Gourgouillat. Pour nous, la ressource humaine est un levier de performance pour l’entreprise. Augmenter les compétences et le bien-être de nos personnels est un objectif important. Cela passe notamment par un plan de formation dont la moitié est revue chaque année et une politique de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences très active. Les parcours professionnels sont très suivis et ceci d’autant plus que les risques psychosociaux ne sont pas nuls. Nos cadres sont exposés : chaque ingénieur ou chef de projet est responsable de dossiers à plusieurs centaines de millions d’euros. Nous voulons sécuriser les salariés par un management adapté. Ces responsabilités individuelles importantes doivent être compensées par une solidarité des équipes et un soutien sans faille de l’entreprise. Par ailleurs, nous faisons des enquêtes régulières sur le moral et les conditions de travail. Les dispositifs sont à la fois formels (CHSCT) et informels. Nous avons une démarche de dialogue social au long court.
En ce qui concerne les sous-traitants et les entreprises extérieures, quels sont vos leviers d’action ?
Sébastien Gourgouillat. Nous sommes très exigeants sur le respect des conditions de travail, en particulier dans les appels d’offres, les pratiques contractuelles. Dans le domaine du génie civil, le BTP, il y a des gros enjeux sociaux. Sur la ligne à grande vitesse Rhin-Rhône, par exemple, nous avons exigé que 7 % des heures travaillées le soient par du personnel en insertion sociale. Or, au final, le pourcentage atteint est de 12 %. Sur un chantier comme celui-ci, qui s’élève à 2,3 milliards d’euros sur 5 ans, cela représente plus de 700 personnes employées. Une telle réussite, que nous tentons de reproduire dans nos nouveaux projets, n’est possible qu’avec une implication collective forte des entreprises de travaux, mais aussi du service public de l’emploi, des missions locales pour l’emploi et du tissu associatif.
RFF en quelques chiffres
- 30 000 km de réseau ferré
- 15 000 trains par jour
- 1 400 salariés dont 90 % de droit privé et une activité qui représente 100 000 emplois directs
