Comment gérer la sècheresse ?
Quelles sont les origines de la sècheresse ? En France, les ressources en eau sont-elles suffisantes ? Comment sont décidées les mesures de restriction. ? Sècheresse et changement climatique : comment anticiper ? Toutes les réponses apportées dans ce dossier consacré à la sècheresse.
Sommaire :
La réutilisation des eaux usées
Eaux usées : une ressource en eau complémentaire
Après leur passage en station d’épuration, au lieu d’être rejetées dans les eaux superficielles des cours d’eau, plans d’eau ou littorales, les eaux usées peuvent faire l’objet d’une épuration supplémentaire et être ré-utilisées notamment pour des usages agricoles. Cette réutilisation permet d’une part de mobiliser une ressource en eau supplémentaire et d’autre part de protéger les eaux réceptrices accueillant les eaux usées traitées.
Des règles précises d’utilisation
La réglementation prévoit ainsi la possibilité d’irriguer les cultures ou d’arroser les espaces verts. Elle distingue les garanties à apporter sur cette activité en fonction des risques (type de culture, environnement proche et qualité des eaux traitées). Cette réutilisation doit être compatible avec les impératifs de protection de la santé publique et de l’environnement : le risque sanitaire lié à la réutilisation dépend à la fois des concentrations des contaminants et du degré d’exposition des populations. Les populations exposées sont principalement les travailleurs agricoles, les consommateurs et les populations vivant à proximité des zones d’irrigation.
L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a été sollicitée à plusieurs reprises sur ce dossier encore peu connu en France. Il est prévu une phase transitoire, avant sa généralisation, pour le mode de dissémination par aspersion, celui dont la zone d’influence est la plus importante à priori, le temps de la quantification par l’ANSES des risques vis à vis de cette technique d’irrigation. A l’issue de cette étude, dont le rendu est attendu fin 2011, l’arrêté interministériel sera révisé.
Même si les normes retenues par l’arrêté du 2 août 2010 paraissent très supérieures à celles préconisées par l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) pour les pays en voies de développement, elles sont du même ordre de grandeur que celles des pays qui ont choisi la même protection sanitaire des populations que la France, comme la Californie (USA), l’Australie, l’Espagne ou l’Italie.
La réutilisation des eaux usées a un coût élevé qui est bien souvent supérieur à celui de la simple captation des eaux là où elles sont abondantes. Dans ces conditions, ce sont principalement les zones en très fort stress hydrique, là où la demande est forte, qui pourront développer cette technique dans un premier temps dans l’attente de l’acquisition d’une expérience française plus large qui permettra mécaniquement une baisse des coûts de traitement.
