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Le climat de la France au 21è siècle : actualisation des projections

4 septembre 2014 (mis à jour le 4 novembre 2014) - Énergie, Air et Climat
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Le volume 4 du rapport "Le climat de la France au 21è siècle" a été rendu public, le 6 septembre. Ce document propose une « synthèse approfondie sur les scénarios de référence à considérer pour la mise en œuvre du plan national d’adaptation français au changement climatique ». Il a été établi dans le cadre de la mission confiée par le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’énergie à Jean Jouzel, en juillet 2010.


Crédits photo : Serge Zastavkin_Fotolia

Le rapport « Le climat de la France au 21e siècle »

Cet ouvrage a pour but de présenter les changements climatiques futurs en France jusqu’en 2100." Il vise à présenter les changements climatiques futurs à l’échelle de la France, simulés à partir de deux modèles climatiques régionaux mis en œuvre par le CNRM (Centre National de Recherches Météorologiques de Météo-France) et l’IPSL (Institut Pierre Simon Laplace) en collaboration avec l’INERIS (Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques).

Le Volume 4 du rapport « Scénarios régionalisés – Editions 2014 pour la métropole et les régions d’outre-mer »

Contrairement aux volumes précédents, ce rapport ne rassemble pas les indices de températures, précipitations et vent de manière exhaustive, car ces derniers sont mis à disposition sur le portail DRIAS. Suite au projet GICC DRIAS, ce portail met à disposition des utilisateurs, des projections climatiques régionalisées sous différentes formes que ce soit des données corrigées (avec les observations), des indices ou encore des représentations cartographiques. Le présent document est destiné à fournir un accompagnement à l’analyse et l’interprétation de ces données.

Une autre nouveauté importante est que les scénarios climatiques de référence ne sont plus fondés sur les scénarios d’émissions de gaz à effet de serre dits SRES (Special Report on Emissions Scenarios) comme dans les précédents rapports, mais sur les nouveaux scénarios RCP (Representative Concentration Pathway), en cohérence avec le 5e rapport d’évaluation du GIEC.

Une fine résolution horizontale est adoptée dans les simulations, nécessaire pour la régionalisation des projections, en lien avec les processus de petite échelle liés à l’orographie notamment. Pour la première fois, des projections climatiques à résolution aussi fine ont aussi été produites pour les régions d’outre-mer.

Ce rapport propose aussi une nouvelle représentation des incertitudes autour des projections climatiques des deux modèles climatiques régionaux. On s’attache ici à prendre en compte l’incertitude liée au choix des modèles via une analyse multi-modèle (voir la partie 2.3).

Les analyses sont présentées sous forme de séries temporelles, pour les saisons hivernale et estivale, en moyenne sur la France métropolitaine dans un premier temps, pour la température et les précipitations, associées à des tableaux récapitulant les valeurs d’incertitudes liées à la modélisation climatique. Nous présentons également des cartes d’indices d’extrêmes calculés à partir des données corrigées de température et de précipitations. Dans un second temps, nous nous penchons sur le changement climatique dans les régions d’outre-mer, en terme de température et précipitations moyennes, et nous nous appuyons sur l’expertise du GIEC pour analyser l’impact du changement climatique sur l’activité cyclonique.

Découvrir la version complète du rapport

 

Les principales conclusions du volume 4 sont les suivantes :

A l’horizon proche (2021-2050), le rapport montre (pour la métropole) :

  • une hausse des températures moyennes, comprise entre 0,6°C et 1,3°C, toutes saisons confondues, par rapport à la moyenne calculée sur la période 1976-2005. Cette hausse devrait être plus importante dans le Sud-Est de la France en été, avec des écarts à la référence pouvant atteindre 1,5°C à 2°C.
  • une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en été, comprise entre 0 et 5 jours sur l’ensemble du territoire, voire de 5 à 10 jours dans des régions du quart Sud-Est.
  • une diminution des jours anormalement froids en hiver sur l’ensemble de la France métropolitaine, entre 1 et 4 jours en moyenne, et jusqu’à 6 jours au Nord-Est du pays.
  • une légère hausse des précipitations moyennes, en été comme en hiver, avec une forte incertitude sur la distribution géographique de ce changement.
  • les modèles Aladin-Climat et WRF utilisés pour les projections climatiques simulent de faibles changements des pourcentages de précipitations extrêmes. Cependant, les deux modèles se situent dans la fourchette basse d’un ensemble multi-modèle européen.


A l’horizon plus lointain (2071-2100), le rapport indique :

  • une forte hausse des températures moyennes. De 0,9°C à une augmentation comprise entre 3,4°C-3,6°C en hiver, et de 1,3°C à une fourchette comprise entre 2,6°C et 5,3°C en été, selon les scénarios utilisés. Cette hausse devrait être particulièrement marquée en allant vers le Sud-Est du pays, et pourrait largement dépasser les 5°C en été par rapport à la moyenne de référence.
  • une forte augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en été, qui pourrait dépasser les 20 jours au Sud-Est du territoire métropolitain.
  • une augmentation des épisodes de sécheresse dans une large partie sud du pays, mais pouvant s’étendre à l’ensemble du pays.
  • une diminution des extrêmes froids sur l’ensemble du territoire. Elle est comprise entre 6 et 10 jours de moins que la référence dans le Nord-Est de la France. Cette diminution devrait être limitée sur l’extrême sud du pays.
  • une hausse des précipitations hivernales.
  • un renforcement du taux de précipitations extrêmes sur une large part du territoire, dépassant 5% dans certaines régions avec le scénario d’émission le plus fort, mais avec une forte variabilité des zones concernées selon le modèle utilisé.


Concernant les régions d’outre-mer :

  • une augmentation de la température de l’ordre de 0,7 à 3,5°C d’ici 2100 selon les scénarios, sur l’ensemble des territoires.
  • une diminution des précipitations moyennes, en particulier pour la saison sèche sur l’ensemble des territoires.
  • une probable augmentation de l’intensité des cyclones en fin de siècle dans un contexte de stabilité ou de diminution de la fréquence des cyclones à l’échelle mondiale. Un faible niveau de confiance est accordé à l’évaluation de l’évolution de la fréquence et de l’intensité des cyclones pour un horizon proche.

Découvrir la version complète du rapport

 

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- IPSL : Institut Pierre-Simon Laplace (CNRS/UPMC/UPEC/Ecole Polytechnique/CNES/IRD/ENS/Université Paris Diderot/UVSQ/CEA), institut de recherche en sciences de l’environnement qui regroupe six laboratoires franciliens en sciences de l’environnement
- CERFACS : Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (CNRS / CERFACS / Total SA / Safran / EDF/ EADS France SAS / CNES / Météo-France / ONERA)

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