Le soutien aux énergies renouvelables
Quel est le point commun entre l’aéroport d’Orly et la briqueterie Bouyer Leroux ? Les deux structures ont bénéficié du fonds chaleur destiné à financer le développement des énergies renouvelables.
Quand le secteur aérien investit le sol.
Depuis 2010, les voyageurs de passage à Orly ne le savent peut-être pas, mais ils sont chauffés par la chaleur de la terre. C’est le résultat de la mise en service d’une centrale de géothermie. Le principe en est simple : récupérer la chaleur de la terre pour chauffer les terminaux. En 2008, Aéroports de Paris s’est engagé à développer les énergies renouvelables. Énergie propre et illimitée, la géothermie s’est imposée. La technique choisie tient aussi à la géologie : le sol de l’Île-de-France est en effet très favorable au développement de cette énergie et la densité du réseau de chaleur permet de la diffuser largement et donc de rentabiliser des investissements lourds. L’eau est récupérée à 74 °C pour couvrir les besoins de chauffage des terminaux et de certains bâtiments aux alentours. L’intérêt est autant écologique qu’économique, puisqu’à terme le prix du mégawatt-heure pour la géothermie est inférieur à celui du gaz. De quoi investir le sol… même pour un secteur traditionnellement tourné vers les airs…
De la chaleur grâce… aux déchets.
Autre choix, autre région. En 2009, à la Séguinière, dans les Pays de la Loire, la briqueterie Bouyer Leroux a décidé de valoriser ses déchets pour concilier les deux activités de son entreprise : d’un côté, une usine de briques, très consommatrice d’énergie ; de l’autre, un centre d’enfouissement de déchets ménagers. Ces déchets, après fermentation, produisent du gaz, auparavant brûlé par l’entreprise, sans récupération énergétique. Le projet biogaz a consisté à utiliser ce gaz pour alimenter le réseau de chaleur de l’usine de briqueterie, située à seulement quelques centaines de mètres. Résultat : 10 % d’économies d’énergie pour la briqueterie, soit l’équivalent de la consommation de chauffage d’une ville de 1 500 habitants à l’année.
Le fonds chaleur, 600 millions d’euros et 10 000 emplois d’ici à 2015.
Ces deux projets ont été soutenus par le fonds chaleur. Créé en 2008 par le Grenelle Environnement et géré par l’Ademe, il a pour objectif de soutenir des projets de développement des installations de chaleur renouvelable dans l’habitat collectif, le secteur tertiaire, l’agriculture et l’industrie. Doté de 1,2 milliard d’euros pour la période 2009-2013, il a aujourd’hui fait la preuve de son succès. Entre 2009 et 2011, plus de 1 600 projets d’installations de chaleur renouvelable ont été soutenus par l’Ademe pour un montant global de plus de 600 millions d’euros. La majorité du fonds est utilisé pour les projets de biomasse (bois notamment) mais les autres secteurs (solaire, géothermie biogaz) sont également tirés par le haut. Ce fonds permettra une économie annuelle sur l’importation de produits pétroliers de 560 millions d’euros et la création de 10 000 emplois pérennes à partir de 2015. Contrairement aux pronostics initiaux, la demande dépasse l’offre, preuve que le choix d’une énergie renouvelable entre progressivement dans les mœurs… et les investissements.
