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Le transport fluvial durable

22 août 2013 - Transports
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Avec 8 500 km de voies d’eau navigables, la France possède le plus long réseau navigable d’Europe. Le réseau européen compte près de 41 000 km reliant 12 pays de l’Union européenne. Le transport de marchandises par voies fluviales européennes interconnectées représente plus de 140 milliards de tonnes-kilomètres (Eurostat 2011).

Définition

Le transport fluvial est un mode de déplacement terrestre par voie d’eau (canaux, voies navigables, fleuves, rivières...) permettant le transport de marchandises ou de voyageurs. Il est possible de naviguer sur des rivières à courant libre, parfois aménagées ou chenalisées (sans barrages ni écluses mais à l’aide d’épis ou de digues destinés à resserrer et maintenir son chenal), sur des rivières canalisées (au moyen de barrages et d’écluses) ou sur des canaux (rivières artificielles).

Contexte

Sur les 8 500 km de voies navigables, l’établissement public Voies navigables de France (VNF) gère, depuis 1991, 6 700 km de voies et plus de 2 000 ouvrages (ponts, écluses, barrages...) dont il assure l’entretien, l’exploitation et la modernisation. Le reste du réseau navigable est géré par des concessionnaires comme la Compagnie nationale du Rhône pour le Rhône, par l’État directement ou par les collectivités territoriales pour les réseaux décentralisés, comme en Bretagne.

Depuis 2005, un décret fixe la liste des voies d’eau constituant un réseau magistral non transférable en raison de son utilité pour le transport de marchandises, principalement géré et exploité par VNF. Depuis 2008, L’État a modernisé la gouvernance de VNF afin d’étendre ses compétences, de renforcer son ancrage territorial et son rôle au niveau de la coopération internationale.

Au 1er janvier 2013, les services de navigation de l’État et les services de VNF ont été unifiés sous l’égide de l’établissement public administratif VNF afin de créer un gestionnaire unique de la voie d’eau en France.

Objectifs

La loi du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, dite Grenelle 1, a fixé l’objectif, d’ici 2022, d’augmenter la part du transport non routier et non aérien de marchandises de 14 % à 25 %. L’État accordera en matière d’infrastructures une priorité aux investissements concernant le réseau fluvial dit magistral et en particulier celui à grand gabarit pour le développer et le moderniser.

Le transport fluvial durable répond aux exigences des trois piliers du développement durable :

  • sur le plan économique, les prix de marché du transport fluvial restent compétitifs face à ceux de la route.
  • Sur le plan environnemental, il est à la fois sobre sur le plan énergétique et vertueux en matière d’émission de gaz à effet de serre.
  • Concernant le pilier social, ce mode sûr génère peu d’accidents. En outre, il présente un fort potentiel de développement en termes de flux ce qui offre une capacité de croissance de l’emploi importante, notamment en zones portuaires.

Indicateurs physiques :
6 700 km de rivières et canaux sont aménagés dont environ 2 000 km de grand gabarit. La progression du transport fluvial est tendancielle. De 1997 à 2011, le trafic a progressé de plus de 30 %. En 2011, le transport fluvial représente 8,2 milliards de tonnes-kilomètres et 61,5 millions de tonnes, hors transit rhénan.

Indicateurs économiques :
le prix du transport fluvial de marchandises est attractif (deux à quatre fois moins cher que le routier) car il permet une optimisation logistique compatible avec la logique de livraison « juste à temps ». En 2011, la part de marché se maintient autour de 2 %. Le transport fluvial, comme les autres modes de transports, est affecté par la crise économique.

Logistique :
le transport fluvial concerne de nombreuses filières qui s’intègrent dans les chaînes logistiques internationales : la moitié des t-km mesurées sur le réseau national ont une origine ou une destination européenne.

Filière Matériaux de construction Agroalimentaire Énergie
Trafic 2011 (en millions de t-km) 2 618,3 2 330,4 1 092,1

Report modal :
le transport fluvial permet de limiter la congestion routière. Le réseau fluvial, composé des canaux à grand gabarit et des liaisons entre bassins, sera modernisé et développé.

Respect de la biodiversité et préservation des écosystèmes :
la Trame verte et bleue, telle que prévue dans la loi Grenelle 1, permet de préserver des corridors biologiques fluviaux tels que les corridors subaquatiques, les linéaires de berge ou les zones humides, afin de limiter la fragmentation écologique liée aux activités humaines (obstacles physiques, modifications chimiques ou thermiques, différents types de pollution).

Prévention de la pollution :
la pollution agricole génère une eutrophisation des eaux ; la pollution industrielle, principalement chimique, liée aux métaux lourds ou à un réchauffement contribue aussi à l’appauvrissement de l’eau en oxygène ; enfin, le rejet d’eaux usées, non traitées à 100 %, et de boues d’épuration contribue à élever la toxicité de l’eau. D’importants efforts de prévention et de lutte contre ces pollutions restent à entreprendre.

Lutte contre le réchauffement climatique :
le transport fluvial est peu consommateur d’énergie et limite l’empreinte écologique. Un convoi fluvial de 4 400 tonnes équivaut à 220 camions. Le transport d’une tonne de marchandise par voie fluviale génère en moyenne quatre fois moins de CO2 que par la route.

Innovation :
afin d’accroître la sécurité, l’efficacité et la compétitivité des transports par voie navigable, l’Union européenne encourage le déploiement des technologies de l’information et des communications (TIC) à travers des spécifications techniques regroupées dans la directive River Information Service (RIS) du 7 septembre 2005.

Sûreté et sécurité :
ce mode de transport permet d’éviter les risques de saturation et limite les accidents. Il s’agit donc d’une solution adaptée au transport de matières sensibles et dangereuses permettant également de stocker des marchandises à moindre coût en limitant les risques de vol. La sécurité a été renforcée par la création des services d’information fluviale (SIF). Le fluvial ne représente que 0,5 % des coûts externes liés aux accidents dans les différents modes de transport. Cependant, la navigation ou le stationnement en centre urbain dense de grands tonnages de cargaison parfois dangereuse nécessite des précautions particulières.

Emploi et formation :
l’activité transport fluvial représente plus de 3 600 emplois. Le passage progressif d’une culture artisanale à une culture d’entrepreneur est accéléré par la mise en œuvre, depuis 2006, des préconisations de l’Union européenne dans le cadre du programme Naïades. Celui-ci concerne notamment l’aménagement des temps de travail, les exigences en matière de qualification professionnelle et le développement des compétences en matière de nouvelles technologies. Cette évolution représente une contrainte forte pour l’artisanat français de la batellerie qui doit réaliser des gains de productivité et moderniser sa flotte pour résister à la concurrence.

Culture et tourisme :
le domaine public fluvial s’étend sur 40 000 hectares et constitue un patrimoine culturel et naturel propice au tourisme : patrimoine architectural (immobiliers ou mobilier), identité paysagère des fleuves, traditions écrites, orales, métiers et savoir faire... En 2010, le tourisme fluvial représente plus de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les locations de coches de plaisance comptent 140 000 passagers par an ; plus de 9 millions de passagers utilisent des bateaux promenades et les embarcations offrant des croisières fluviales hébergent plus de 190 000 passagers.

Aménagement du territoire :
le mode fluvial dispose d’un potentiel de croissance important. La modernisation du réseau, le développement des plates-formes portuaires, des plates-formes multimodales reliées au fer et aux infrastructures routières et le développement du transport de produits conteneurisés entre les ports maritimes et leurs hinterlands permettront la création de nombreux emplois dans un cadre durable d’aménagement du territoire. Le transport de passagers par voie d’eau participe également à l’aménagement du territoire, notamment urbain.

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