Accès aux contenus de la page (appuyer sur "Entrée")

La filière biocarburant gazole

7 juillet 2011 - Énergie, Air et Climat
Imprimer

Sommaire :


      

Les EMAG : esters méthyliques d’acide gras

7 juillet 2011 (mis à jour le 23 février 2012)


Pompe gazole © Laurent Mignaux - MEDDTLLa production des EMAG

 
Les huiles végétales et les graisses animales ne peuvent pas être utilisées telles quelles (même en mélange dans le gazole) pour l’alimentation des moteurs Diesel modernes. C’est pourquoi elles sont « estérifiées », c’est-à-dire transformées en esters d’acide gras, par une réaction chimique de transestérification.
 

La réaction de transestérification

La réaction de transestérification consiste à faire réagir un corps gras (les tri glycérides contenus dans les huile ou les graisses) avec un alcool (méthanol ou éthanol) pour obtenir un ester d’acide gras.
 
Quand l’alcool utilisé pour la réaction est du méthanol, on obtient un ester méthylique d’acide gras (EMAG). C’est actuellement la voie la plus utilisée.
Quand l’alcool utilisé pour la réaction est de l’éthanol, on obtient un ester éthylique d’acide gras (EEAG). Cette voie est encore peu développée car elle présente des contraintes techniques de production, mais il s’agit d’un procédé innovant qui offre des débouchés pour le bioéthanol dans la filière gazole.
 

Les co-produits de la réaction de transestérification

Lors de la production des EMAG, on obtient également de la glycérine (aussi appelée glycérol), co-produit de la réaction de transesterification, qui est valorisée dans les domaines pharmaceutique (crèmes, dentifrice), cosmétique (produits de beauté) ou alimentaire.
 
Un autre co-produit obtenu lors de la production d’EMAG dans le cas où l’huile provient du broyage de graines (colza, soja, tournesol), est le tourteau, un résidu solide valorisé dans le domaine de l’alimentation animale. 
 
 
Les esters méthyliques d’acides gras (EMAG) regroupent les produits suivants, en fonction de la matière première utilisée :
 
  • les EMHV (ester méthylique d’huile végétale), issus d’huiles extraites de plantes oléagineuses (colza, tournesol, soja...)
  • les EMHA (ester méthylique d’huile animale), issus de graisses animales
  • les EMHU (ester méthylique d’huile usagée), issus d’huiles végétales alimentaires usagées et récupérées par un circuit de collecte identifié
 
En France, c’est principalement le colza qui est utilisé (avec une faible part de tournesol) pour la fabrication des EMHV.
 
En 2010, 32 unités de production d’EMAG ont bénéficié d’un agrément français pour une capacité de production de plus de 3 millions de tonnes d’EMAG.
 

L’utilisation des EMAG dans le gazole

Aujourd’hui, les EMAG sont utilisés en mélange dans le gazole commercial de manière banalisée à hauteur maximale de 7% en volume.
 
Les EMAG peuvent également être incorporés à hauteur de 30% volume dans le gazole. Ce carburant, appelé « B30 », n’est pas commercialisé en stations-service car il n’est pas compatible avec les moteurs de nombreux véhicules Diesel déjà mis en circulation. Le B30 est réservé à une utilisation en « flotte captive », c’est-à-dire pour des flottes de véhicules qui disposent de leur propre logistique d’approvisionnement et de distribution et de conditions de maintenance adaptée.

 

      
Imprimer

En savoir plus