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Les importations françaises de pétrole en 2008

8 mars 2010 (mis à jour le 10 mars 2011) - Énergie, Air et Climat
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Les importations de pétrole

Les quantités de pétrole brut importées augmentent de 2,5 % en 2008 après avoir diminué[1] de - 1,2 % en 2007 et - 2,4 % en 2006. Les provenances se répartissent entre quatre zones principales : les pays de l’ex-URSS (29 %), l’Afrique (29 %), le Moyen-Orient (22 %) et la Mer du Nord (20 %).
Le déclin des gisements de Mer du Nord se poursuit, les importations d’Iran, du Royaume-Uni
et d’Azerbaïdjan se réduisent tandis que celles de Norvège et du Kazakhstan stagnent. En revanche, les flux venant de Russie, d’Arabie Saoudite et de Libye augmentent.

Le prix moyen annuel CAF[2] du pétrole brut importé s’établit à 99 $/bl, en augmentation de 38 % et suit donc de très près le cours du brent daté. Mais la baisse de la parité du dollar ramène cette hausse, exprimée en euro, à seulement 29 %.
La situation s’est complètement retournée en cours d’année, le prix du baril de brut importé chutant de 138 $ en juillet à 52 $ en décembre, ou en euros de 84,5 à 30 €/bl.

En 2008 pour les produits raffinés[3], les importations se stabilisent alors que les exportations progressent de 10 %. Le déphasage entre le marché et les possibilités du raffinage persiste : les raffineries françaises produisent trop d’essence relativement à notre marché actuel, où le gazole est nettement majoritaire, et doivent exporter les excédents, notamment vers les Etats-Unis. Inversement, elles ne produisent pas assez de gazole et doivent en importer, en particulier de Russie. Ce déséquilibre est d’ailleurs général et les cours du gazole à Rotterdam ont maintenant dépassé ceux de l’essence. De la même façon, les raffineries de France produisent du fioul lourd (FOL) destiné aux soutes maritimes internationales, en excédent par
rapport aux besoins nationaux et l’exportent alors que la France importe du fioul lourd peu soufré.

Le groupe Total a mis en service au début de l’année 2007 un nouvel hydrocraqueur à Gonfreville pour produire davantage de gazole à partir de la même quantité de pétrole brut. En mai, c’est Esso qui a installé une nouvelle tour de distillation sous vide à Fos-sur-Mer permettant d’améliorer le rendement et d’accroître particulièrement la production de gazole. De tels investissements pour mieux s’adapter au marché sont coûteux. En avril 2008, Shell cède trois raffineries, l’une au groupe néerlandais LyondellBasell et deux autres au groupe suisse
Petroplus.

Importations de pétrole brut(1) selon l’origine

Importations de pétrole brut selon l’origine
p : provisoire
1 : Y compris condensats et autres produits à distiller
2 : Royaume-Uni, Pays-Bas, Norvège et Danemark

Les importations de produits pétroliers raffinés ont été en 2008 d’environ 36 millions de tonnes, dont 43 % de gazole ou fioul domestique, 18 % de fioul lourd et 8 % de naphta pour la pétrochimie. Dans le même temps, les exportations atteignaient 29 millions de tonnes, dont 27 % de fioul lourd, 30 % d’essence et 12 % de gazole ou fioul domestique.

Le solde global des importations pétrolières est, en quantité, légèrement à la baisse :

  • Les importations de brut ont augmenté de 2,1 millions de tonnes (Mt) ;
  • Les importations de produits raffinés sont quasi-stables ;
  • Les exportations de produits raffinés ont augmenté de 2,75 Mt ;
  • Globalement, le solde importateur s’est donc réduit de 0,5 Mt.


Importations nettes de gaz naturel

En 2008, les importations nettes de gaz progressent, parallèlement à l’augmentation de la
consommation réelle (+ 3,7 % pour la consommation primaire totale) : elles passent de
480 TWh en 2007 à 504 TWh en 2008, soit une augmentation de + 5,8 %, après - 5,6 % en 2007 et - 3,1 % en 2006.
Les importations en GNL représentent un quart des entrées nettes.

Importations nettes de gaz naturel
*essentiellement du GNL en provenance du Nigeria pour l’Italie, restitué par du gaz ne transitant pas par la France

Les importations par des contrats de long terme ont globalement augmenté de + 2,8 %. Les
importations en provenance de Russie, qui avaient beaucoup baissé en 2007, progressent de près de 14 % mais ne retrouvent pas leur niveau de 2006.
Les importations en provenance de Norvège progressent de 7 % et elles représentent près du tiers des importations nettes totales. Les importations en provenance des Pays-Bas et
d’Algérie connaissent des variations plus modestes tandis que les nouveaux fournisseurs (Egypte, Nigeria, Qatar) représentent des volumes faibles qui n’ont pas beaucoup varié entre 2007 et 2008.

Les contrats de court terme ont été un peu plus sollicités en 2008 puisqu’ils représentent 6,6 % des entrées nettes de gaz naturel en 2008 contre 5 % environ en 2007 et en 2006 (près de 8 % en 2005).
Le coût CAF[4] du gaz naturel importé suit en général le mouvement du prix du pétrole, avec un
retard d’environ 5-6 mois, du fait de l’indexation des contrats de long terme. En conséquence, il répercute en 2008 la montée des cours pétroliers de la fin 2007 et du premier semestre 2008. Il connaît donc une forte hausse (environ + 35 % en euros constants), qui s’inscrit dans une tendance à l’augmentation (doublement depuis 2000 en euros constants) dans laquelle la stabilité constatée en 2007 fait figure de pause. Ce n’est qu’au cours de 2009 que le prix devrait s’orienter à la baisse suite à la chute des cours pétroliers du second semestre
2008.

La facture gazière est de 12,4 milliards d’euros, en hausse de 3,5 milliards (+ 39 %) et représente 21,2 % de la facture énergétique totale de la France, contre 19,8 % en 2007.

La production nationale continue de baisser (-11,4%) et n’est plus que de 10,5 TWh.

Les stocks (mesurés au 31 décembre), qui avaient progressé en 2005 (+7,3 TWh) et en 2006
(+ 11,7 TWh), mais diminué de - 5,6 TWh en 2007 sont restés stables en 2008.
A la fin de l’hiver dernier (30 avril 2008) les stocks utiles étaient à un niveau exceptionnellement haut, 51,7 TWh contre 45,5 TWh en avril 2007 et 31,8 TWh en avril 2006. Avant la période de chauffe (30 septembre) les stocks utiles étaient au même niveau en 2008 qu’en 2007. Enfin, en décembre 2008 le niveau des stocks utiles correspondait au niveau du début de l’année (96,7 TWh contre 97,8TWh en décembre 2007).

 ___________
[1] Source Observatoire de l’énergie. A la différence des données des
Douanes, le pétrole brut est classé ici selon le lieu de son extraction et
non selon la provenance du pétrolier qui le livre en France.
[2] CAF : coût, assurance, fret - Source DGDDI/DSEE.
[3] Données estimées principalement à partir de celles des Douanes.
[4] Le prix du gaz importé est ici calculé comme le ratio « facture
gazière, mesurée par les Douanes / quantités importées, déduites du
bilan gazier du SOeS ». Ce ratio entre deux sources hétérogènes ne
peut donner qu’un ordre de grandeur de l’évolution des prix.

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