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Les installations nucléaires en France

3 novembre 2009 (mis à jour le 4 septembre 2015) - Énergie, Air et Climat
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Catégories d’installation

INB : en France, les installations présentant un caractère nucléaire affirmé appartiennent à la catégorie des Installations Nucléaires de Base (INB), soumises à un strict régime d’autorisations - contrôles, comme détaillé sur la page relative à la sécurité et à la sûreté nucléaires. Aujourd’hui, c’est plus d’une centaine d’INB qui sont implantées en France. Leur liste précise est tenue à jour par l’Autorité de Sûreté Nucléaire, et publiée annuellement (ex : décision n°2009-DC-0127 de l’ASN du 6 janvier 2009 établissant la liste des installations nucléaires de base au 31 décembre 2008, consultable sur le site de l’ASN).

INBS : par ailleurs, certaines installations nucléaires ont des activités intéressant la Défense Nationale (Installations Nucléaires de Base Secrète) : elles sont alors régies par le code de la défense, et l’autorité compétente en matière de sûreté est le Délégué à la Sûreté Nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la Défense (DSND).

ICPE : mentionnons aussi les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement, qui font l’objet d’une réglementation spécifique (cf. articles L511-1 et suivants du Code de l’Environnement), et qui peuvent concerner certaines installations lorsqu’elle ne correspondent pas aux critères de définition des INB.

Enfin, mentionnons qu’il existe des installations non-nucléaires (ne faisant pas intervenir de substances radioactives), mais faisant partie du tissu industriel du secteur nucléaire.

Activités des installations nucléaires

Parmi les installations nucléaires, telles que détaillées ci-dessous, on distinguera notamment les réacteurs électrogènes, les installations du cycle du combustible, les installations de recherche, et les centres de stockage de déchets radioactifs.

Réacteurs électrogènes

La France compte aujourd’hui 58 réacteurs de puissance en exploitation par EDF (Réacteurs à Eau sous Pression), répartis sur 19 sites : 34 tranches de 900 MWe, 20 tranches de 1 300 MWe et 4 tranches N4 de 1 500 MWe, pour une puissance installée du parc nucléaire de près de 63GWe. Si les plus anciens de ces réacteurs ont été mis en service dans les années 1970, la dernière tranche nucléaire N4 de 1 450 MWe à Civaux a été couplée au réseau en décembre 1999 et mise en service industriel en avril 2002.A ceux-ci, il convient d’ajouter l’EPR de Flamanville, actuellement en construction. Mentionnons aussi le projet du 2e EPR à Penly.

Les réacteurs nucléaires en France

Pour en savoir plus, consulter le chapitre dédié aux centrales nucléaires d’EDF au sein du rapport annuel de l’ASN

En plus de ces réacteurs de puissance en exploitation, il faut noter l’existence de réacteurs de première génération, auparavant exploités par EDF, mais arrêtés depuis plusieurs années et actuellement en cours de démantèlement (cf. ci-après).

De même, on a parfois comptabilisé, parmi les réacteurs de puissance, l’installation Phénix, exploitée par le CEA, qui (malgré une puissance électrique de 250 MW) était une installation de recherche, de type réacteur nucléaire à neutrons rapides (RNR) et à caloporteur sodium ; Phénix a été mis à l’arrêt définitif en septembre 2009.

Installations du cycle du combustible nucléaire

La fabrication du combustible pour les centrales nucléaire, puis le retraitement de celui-ci à l’issue de son utilisation dans les réacteurs, constituent le cycle du combustible. En France, plusieurs installations, exploitées par le groupe AREVA, participent à ce cycle du combustible.

La conversion de l’uranium (transformation du « yellow cake » fabriqué sur les sites miniers d’uranium, en hexafluorure d’uranium UF6) est réalisée par les établissements COMURHEX de Malvési (Aude) et de Pierrelatte (Drôme). Ces installations sont des ICPE mettant en œuvre de l’uranium naturel.

Pour l’enrichissement de l’uranium (un enrichissement de 3 à 5% en uranium 235 est nécessaire pour l’utilisation en filière REP implantée en France), la France dispose de l’usine Georges Besse exploitée par Eurodif sur le site du Tricastin, basée sur un procédé de diffusion gazeuse ; cette installation va être arrêtée dans les prochaines années, au profit d’une nouvelle installation Georges Besse II, en construction sur le même site, basée sur un procédé d’ultracentrifugation.

Dans l’usine FBFC de Romans-sur-Isère, l’UF6 enrichi est transformé en oxyde d’uranium sous forme de poudre. Les pastilles combustibles fabriquées avec cet oxyde sont gainées pour constituer les crayons, lesquels sont réunis pour former les assemblages de combustible. Ces assemblages sont alors introduits dans le cœur du réacteur où ils délivrent de l’énergie par fission des noyaux d’uranium 235.

Après une période de l’ordre de trois à cinq ans en réacteur, le combustible usé est extrait du réacteur pour refroidir en piscine, d’abord sur le site même de la centrale, puis dans l’usine de retraitement AREVA NC de La Hague. Dans cette usine, l’uranium et le plutonium des combustibles usés sont séparés des produits de fission et des autres actinides. L’uranium et le plutonium sont conditionnés puis entreposés en vue d’une réutilisation ultérieure. Les déchets radioactifs produits par ces opérations sont gérés conformément à la stratégie de gestion des déchets radioactifs définie par la France (Cf. page sur la gestion et le stockage des déchets radioactifs).

Le plutonium issu du retraitement est utilisé pour fabriquer, dans l’usine Mélox de Marcoule, du combustible MOX (mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium), utilisé notamment dans certains réacteurs REP de 900 MWe du parc français.

Pour en savoir plus, consulter le chapitre dédié aux installations du cycle du combustible nucléaire au sein du rapport annuel de l’ASN

Installations de recherche

De nombreuses installations nucléaires en France sont à vocation de recherche. C’est notamment le cas de nombreuses installations exploitées par le Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies alternatives (CEA), à l’image du réacteur Phénix (qui vient cependant d’être mis à l’arrêt).Citons aussi le réacteur de l’Institut Laue Langevin (ILL), ou le Grand Accélérateur National d’Ions Lourds (GANIL).

Pour en savoir plus, consulter le chapitre dédié aux installations nucléaires de recherche et aux autres installations nucléaires au sein du rapport annuel de l’ASN

Centres de stockage de déchets radioactifs

Parmi les Installations Nucléaires de Base actuelles, deux sont des stockages de déchets radioactifs (pour les déchets de Faible ou Moyenne Activité et à Vie Courte, FMA-VC) :

  • le Centre de Stockage de la Manche (CSM), rempli et fermé dans les années 1990 ;
  • le Centre de Stockage de déchets FMAVC à Soulaines (Aube), ou CSFMA.

Par ailleurs, un autre centre de stockage de déchets radioactifs est exploité par l’Andra : il s’agit du CSTFA, classé ICPE.

Enfin, mentionnons ici le laboratoire de Bure, qui n’a pas vocation à stocker des déchets radioactifs, mais qui est utilisé pour étudier la faisabilité d’un stockage de déchets MHAVL et HA dans la couche géologique de ce site.Pour en savoir plus sur ces stockages et sur la politique de gestion des déchets radioactifs, consulter la page relative au plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs

Autres INB

Il existe d’autres INB à vocation industrielle ; il s’agit notamment de :

  • l’usine de Centraco, exploitée par SOCODEI, qui réalise un traitement de déchets faiblement radioactifs, par incinération ou par fusion de métaux, afin de diminuer le volume de déchets radioactifs à stocker ;
  • des installations d’irradiation ou d’ionisation, utilisant des sources radioactives scellées, qui assurent la stérilisation, par rayonnement gamma, de matériels médicaux ou de produits alimentaires ;
  • des installations d’entreposage de combustible neuf, ou d’installation de maintenance utilisée par EDF.

INB en démantelement

Certains chantiers de démantèlement sont en cours, comme l’illustre la carte suivante, qui décrit la situation en 2008.

Les installations en cours de démantèlement en France

 

Par ailleurs, plusieurs installations nucléaires ont déjà été déclassées et complètement démantelées par le passé.

Pour en savoir plus sur le démantèlement, consulter la page sur la sécurité et la sûreté nucléaires et la réglementation des INB, la page sur le financement du démantèlement des INB, ou encore le dossier « Contrôle » publié par l’ASN en novembre 2008 et dédié au démantèlement des INB.

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