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Les plantes de services contre les bioagresseurs en bananeraie

29 février 2016 (mis à jour le 24 février 2016) - Développement durable
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Les systèmes de culture bananiers de Guadeloupe et Martinique sont soumis à des pressions multiples de bioagresseurs (charançons, nématodes phytoparasites, plantes adventices…). Quels sont les moyens de protection contre ce bioagresseur en limitant l’utilisation des pesticides ?


Afin de réduire l’usage des pesticides, l’utilisation de plantes de services (aussi appelées « mauvaises herbes » poussent spontanément dans une culture et dont la présence est plus ou moins préjudiciable à celle-ci) en association avec la culture principale ou en jachère représente une voie pertinente pour mobiliser des processus écologiques permettant d’améliorer la protection de cette culture. Elle constitue un levier pour des systèmes de culture de bananes limitant l’usage des pesticides.

Quelles sont les plantes de services les plus aptes à contrôler les plantes adventices en bananeraie ?

En complément de la gestion des résidus de culture et des moyens mécaniques, l’utilisation de plantes de services en association avec les bananiers représente une option pertinente pour le contrôle des plantes adventices. Elles ne doivent cependant pas favoriser les maladies et les ravageurs, ni entrer en compétition avec la plante cultivée pour les ressources hydriques et minérales. Une approche de sélection précoce de plantes de services, par modélisation, a pour cela été développée. Les légumineuses Arachis pintoi et Neonotonia wightii sont ainsi des pistes prometteuses.

Quels sont les effets des plantes de services sur les nématodes phytoparasites et le charançon du bananier ?

Les plantes de services, par la diversité végétale qu’elles confèrent, sont un levier permettant de modifier les communautés de nématodes phytoparasites en limitant le développement des espèces les plus dommageables, en particulier Radopholus similis. Par ailleurs, le régime alimentaire des insectes prédateurs généralistes est modifié par la présence de plantes de services, suggérant un potentiel accru de contrôle du charançon.

L’introduction de plantes de services est-elle rentable ?

Des outils de modélisation ont permis de concevoir et d’évaluer d’un point de vue économique et social des prototypes de systèmes de culture combinant différents leviers. Les résultats montrent que les systèmes testés sont plus performants que le système monocultural, mais qu’ils nécessitent une période de transition d’environ deux ans avant d’être avantageux pour l’agriculteur.

L’introduction de plantes de services en bananeraie constitue une alternative intéressante aux pesticides, pour contrôler le développement des plantes adventices et lutter contre les nématodes phytoparasites et le charançon du bananier. Les jachères assainissantes utilisant des plantes de services se sont maintenant généralisées et il existe un fort potentiel de développement pour les plantes de services en association (présentes aujourd’hui dans 9% des surfaces bananières aux Antilles). Cependant, une période de transition est nécessaire pour que la rentabilité du système soit atteinte.

Pour en savoir plus sur les pratiques limitant l’utilisation des pesticides dans la lutte contre les bioagresseurs, consultez le point sur des pratiques pour limiter l’utilisation des pesticides : apports du programme de recherche « Pesticides ».

Le texte de cet article est pour partie repris de l’ouvrage : Pesticides, des impacts aux changements de pratiques. Bilan de quinze années de recherche pour éclairer la décision
publique. Éditions Quae, 400 p.

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