La disponibilité et demande en eau
Sommaire :
Les prélèvements en eau
Pour l’année 2004, le SoeS (ex IFEN) estime que les prélèvements en eau douce en France représentent 34 milliards de m3, dont 28 milliards de m3 en eaux superficielles et 6 milliards de m3 en eaux souterraines.
Les eaux prélevées dans les aquifères sont restituées dans les eaux de surface et les eaux prélevées en surface ne sont pas nécessairement restituées dans leur bassin versant d’origine. De plus, aucun des usages ne laisse l’eau dans son état originel, l’eau restituée subit une dégradation sur les plans physique (température), chimique (macro- ou micropolluants) ou biologique (bactéries, virus ou protozoaires), ou une combinaison des trois.
En raison d’une connaissance encore partielle des prélèvements, en particulier dans les eaux souterraines, les volumes prélevés restent sous-estimés.
Les volumes d’eau prélevés sont très variables selon les usages, les périodes et les régions. Par exemple, les prélèvements pour l’irrigation sont concentrés sur une période courte et sèche de l’année, ce qui en termes relatifs accroît encore son impact sur les étiages des rivières concernées.
Les prélèvements pour l’approvisionnement en eau potable
Sur les 6 milliards de m3 prélevés pour l’approvisionnement en eau potable, 62 % proviennent des eaux souterraines. La croissance des volumes prélevés s’est fortement ralentie au cours des dernières décennies mais elle reste cependant en légère progression. Ni l’augmentation de la population, ni la réduction des pertes en réseau ne permettent d’expliquer totalement ces évolutions. Chaque année, environ 100 m3 par habitant sont prélevés pour la production en eau potable. Les prélèvements sont plus importants dans les régions à forte densité de population et à fort potentiel touristique (Ile-de-France, PACA, Rhône-Alpes).
Les prélèvements destinés au secteur industriel
Le secteur industriel représente un prélèvement annuel de 3,5 milliards de m3. Les régions de l’Est, du Nord, de la Vallée du Rhône ou encore du Sud-Ouest sont marquées par des prélèvements plus importants que dans des régions moins industrialisées, comme l’Auvergne ou le Limousin.
Les prélèvements agricoles
L’agriculture est le plus gros consommateur en eau avec 48 % de la consommation totale.
Les volumes prélevés pour l’irrigation sont fonction de la nature des cultures, de l’importance des activités agricoles, du climat et du mode d’irrigation. 60 % de la surface irriguée est occupée par le maïs.
Historiquement présente dans le Sud-Est de la France et dans une moindre mesure dans le Sud-Ouest, l’irrigation a connu un fort développement au cours des vingt cinq dernières années (+66 % de surfaces irriguées entre 1988 et 1997), rendu possible par la grande densité du réseau hydrographique et des ressources souterraines. Ce développement s’explique par la conjonction d’épisodes climatiques particulièrement secs (années 1989 à 1991), d’un système d’aides directes spécifiques aux cultures irriguées institué par la politique agricole commune, et plus généralement de l’évolution tendancielle des modes de productions agricoles. L’irrigation permet en effet d’augmenter les rendements et de réduire leur variabilité.
Sur les 4,7 milliards de m3 prélevés pour l’irrigation, 77 % proviennent des eaux superficielles. La progression des surfaces irriguées a été très forte sur l’Ouest de la France (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Poitou-Charente, Pays de la Loire et Centre) qui regroupe plus de la moitié de la sole irriguée. En 2007, les sept premiers départements dépassant les 40 000 hectares irrigués (céréales, oléagineux et protéagineux) sont les Landes, le Gers, le Lot et Garonne, la Charente Maritime, la Vendée et la Haute Garonne.
Depuis 1995, le niveau des surfaces irriguées en France (1,4 millions d’hectares) s’est stabilisé. Les prélèvements destinés à l’irrigation peuvent avoir des impacts saisonniers ou chroniques très importants (perturbation de l’équilibre des milieux aquatiques et des habitats piscicoles) car ils ont lieu à 80 % lors des périodes d’étiage des cours d’eau et des nappes phréatiques.

Légende : Evolution des surfaces irriguées. Crédits : AGPM 2006
Même si les plus grands volumes sont mobilisés dans le Sud de la France (avec certaines régions qui pratiquent l’irrigation par ruissellement, plus consommatrice d’eau), les prélèvements sont également importants dans certaines régions de grandes cultures du Nord de la France (Centre, par exemple). En Picardie ou en Alsace, malgré une activité agricole assez forte, le régime pluviométrique rend les besoins en eau moins importants. L’illustration suivante reflète la répartition régionale des prélèvements.

Légende : Prélèvements d’eau pour l’irrigation par région en 2006 (SOeS, 2008)
crédits : SOeS 2008
Les prélèvements destinés à la production énergétique
Les eaux utilisées pour la production d’énergie sont présentées séparément des prélèvements pour les autres usages car leurs impacts ne sont pas comparables. Ces prélèvements pour le refroidissement sont très élevés puisqu’ils s’élèvent à 19 milliards de m3, soit 57 % du volume total prélevé, mais le volume réellement consommé représente 1,3 milliards de m3, c’est-à-dire 22 % du volume consommé en France tous usages confondus (6 milliards de m3). Les volumes prélevés n’ont pratiquement pas évolué depuis les dix dernières années. L’impact quantitatif de ces prélèvements est relativement modéré puisqu’ils ne concernent qu’un court tronçon de rivière, mais leur impact qualitatif n’est pas négligeable. Les eaux de refroidissement qui retournent au milieu ont une température plus élevée. Elles ne sont, sauf accident, pas contaminées en radioéléments. Mais elles peuvent être contaminées par des biocides ajoutés pour empêcher l’obstruction des conduites de refroidissement par le développement de larves de mollusques pouvant s’y fixer et causer des accidents graves.

Légende : Le parc de production d’EDF en France. Crédits : EDF (2009)
La répartition géographique des prélèvements liés à la production d’énergie suit celle des centrales, notamment des centrales nucléaires : les régions du Centre, des Pays de la Loire, de la Lorraine, de l’Alsace et surtout la région Rhône-Alpes présentent ainsi les volumes les plus importants.
Le débit prélevé dans le milieu naturel dépend directement de la puissance thermique à évacuer. Les besoins pour le refroidissement en circuit ouvert est de l’ordre de 10 m3/s pour une centrale thermique de 250 MWe, de 40 à 50 m3/s pour les centrales nucléaires de 900 à 1300 Mwe.
En circuit fermé, le débit d’eau prélevé pour une tranche nucléaire de 1300 MWe est de 2 m3/s.
En terme d’échauffement, la variation de température de l’eau rejetée en aval d’un système de refroidissement en circuit ouvert est de l’ordre de 10°C, ce qui, après dilution, engendre localement un échauffement de l’ordre du degré. A l’aval d’un système de refroidissement en circuit fermé, la variation est de l’ordre du degré, soit après dilution, un échauffement local de l’ordre du dixième de degrés.
Pour la France métropolitaine, l’eau évaporée (donc consommée) serait de l’ordre de 1,7 m3/MWh.
D’autres prélèvements
Des prélèvements importants ne sont encore à ce jour que partiellement connus (exemple des prélèvements pour le transport fluvial, non comptabilisés dans les synthèses nationales).
Pour plus d’informations :
- http://www.ifen.fr/acces-thematique/eau/ressources-en-eau/les-prelevements-d-eau-par-ressource-et-par-usage.html?taille=
- http://www.ifen.fr/acces-thematique/eau/ressources-en-eau/l-evolution-des-prelevements-d-eau.html?taille=
- http://www.ifen.fr/acces-thematique/eau/ressources-en-eau/la-repartition-geographique-des-prelevements-d-eau.html?taille=
