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Lyon St Exupéry, au cœur des Alpes Françaises

27 octobre 2016 - Transports
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Les 4 principales portes d’entrée des Alpes Françaises partagent le même espace aérien. L’approche de Lyon gère l’approche des plateformes de Lyon et de Grenoble et alimente l’approche de Chambéry et Annecy.

Pendant la saison d’hiver, l’approche de Lyon et ses terrains satellites peuvent être impactés par des épisodes neigeux de différente nature. La gestion du trafic aérien dans ces conditions suit des procédures bien identifiées.

Pendant la saison ski, le trafic augmente de manière significative et particulièrement sur les terrains satellites. 300 vols à destination de Chambéry et de Grenoble se répartissent sur 17 week-ends entre mi-décembre et mi-avril. Ils viennent s’ajouter au trafic habituel de Lyon St Exupéry. Le samedi, les tendances de trafic s’inversent et la pression s’applique sur Grenoble, Chambéry et Annecy dont la capacité est limitée. Dans la TMA Lyon, la circulation aérienne devient plus intense, la complexité s’accroit avec 3 approches simultanées à gérer et de nombreux croisements de trajectoires arrivées/départs à intégrer.

Si la pression du trafic hiver sur les plateformes de Grenoble et Chambéry se confirmait lors des 17 weekends de la saison ski, le dispositif CA actuel en TMA Lyon devra sans doute s’adapter à cette mixité du trafic.

Les différentes plateformes étant très proches, les épisodes neigeux prévus peuvent être impactant sur les trois terrains comme sur un seul. L’espace aérien pendant ces évènements doit être considéré comme unique. La ségrégation des flux de trafic qui s’applique habituellement s’avère inefficace dans ces conditions. A ce titre, le chef de tour a un rôle central. Il doit convenir de la meilleure stratégie à appliquer entre les 3 plateformes en organisant au mieux l’alimentation de ces aéroports lors de ce type d’évènement, afin d’assurer la sécurité des vols tout en minimisant les impacts.

La coordination avec les partenaires locaux et les centres adjacents est constante, et plus particulièrement avec l’approche de Genève dont le trafic est particulièrement dense pendant la saison d’hiver, et particulièrement impactant en cas d’évènements météo critiques.

 

 

Les terrains habituels de déroutement pour Lyon St Exupéry sont Genève, Marseille et Paris. Le terrain de Grenoble peut-être occasionnellement utilisé et de manière temporaire si la prévision météorologique est suffisamment précise pour annoncer une amélioration de la situation à court terme.

 

Les points clefs du plan neige de Lyon St Exupéry

De la coordination à la procédure de suspension des opérations

Le plan neige de Lyon est mis à jour chaque année. Il couvre la saison d’hiver de mi-novembre à mi-avril. Il détaille les rôles et responsabilités de tous les acteurs concernés côté piste et côté aéroport. Il fournit des orientations sur les différents niveaux de coordination à suivre entre les services de la circulation aérienne de Lyon (du chef de tour au responsable opérationnel), l’exploitant aéroportuaire (Aéroport De Lyon - ADL), les unités de sécurité et Météo France. Par exemple, lorsque des épisodes de neige sont prévus à J-1, l’exploitant aéroportuaire doit avertir le personnel dédié à des tâches spécifiques dans de tels cas (déneigement, opérations de dégivrage). Il doit veiller à ce que tous les véhicules et les équipements soient opérationnels.
Par ailleurs, le plan neige répertorie les actions temps réel à entreprendre en fonction de l’intensité de l’évènement météorologique en cours, tels que le risque potentiel de neige, le début des chutes de neige, fortes chutes de neige en cours. Il indique les priorités de déneigement sur l’aire de manœuvre (à savoir les circuits de déneigement standards : pistes préférentielles et taxiways clés à déneiger en priorité) et sur les différentes aires de parking. Ce plan fournit à tous les acteurs concernés une image claire de ce qu’il faut prévoir.

Souvenons-nous que le déneigement d’une piste et sa visite avant qu’elle ne soit rendue aux opérations aériennes peut prendre jusqu’à une heure et occasionner des perturbations dans la gestion du trafic aérien : exploitation de la plateforme en mono piste, taxiways obligatoires pour les sorties de piste.

SNOWTAM

Lorsque cela est justifié, un SNOWTAM sera publié par l’autorité aéroportuaire afin d’informer les utilisateurs de la présence de conditions dangereuses dues à la neige, à la glace, à la neige fondante ou à l’eau stagnante sur les aires de mouvement de l’aérodrome. La période de validité maximale d’un SNOWTAM est de 24 heures et un nouveau SNOWTAM est émis dès qu’un changement significatif intervient.

A-CDM Lyon

Les procédures Airport CDM (Collaborative Decision Making) viendront compléter le plan neige et les procédures de coordination actuelles. Cela renforcera la phase pré tactique par une réunion entre tous les acteurs concernés, dont les compagnies aériennes et l’exploitant aéroportuaire L’objectif est d’atteindre le même niveau de connaissance et de compréhension de la situation. Les informations opérationnelles clés telles que la mise en œuvre de régulations préventives pourront ainsi être partagées et acceptées de tous.

Si la situation temps réel se détériore et / ou devait durer, conduisant à des mesures qui métraient en péril la gestion opérationnelle de la plateforme (déneigement simultanées des deux pistes, fortes chutes de neige, etc.) la suspension des opérations peut être décidée.

 

Plan de déroutement massif quart sud-est

 

En cas de conditions météorologiques dégradées sur l’un des principaux aéroports du quart sud-est pouvant conduire à des déroutements massifs d’aéronefs, un plan est suivi afin d’anticiper cette phase critique pour tous les acteurs de première ligne. Marseille ACC (Area Control Center) recueillera les disponibilités parking et types d’aéronefs associés sur tous les aéroports pouvant accueillir les vols déroutés afin d’aider au mieux les équipages dans leur choix du terrain de déroutement le plus approprié.

 

A-CDM : Outil ATC (Air Traffic Control) pour améliorer le retour aux opérations normales

 

Le concept A-CDM est basé sur le partage des informations relatives aux vols et sur la prise en compte de l’ensemble des contraintes des acteurs concernés (compagnies aériennes, aéroports, assistants en escale et organisme ATS).
Le système GLD (Gestion Locale des Départs) de Lyon Saint-Exupéry calcule en permanence une séquence des heures de départ bloc délivrant pour chaque vol son heure de départ bloc optimisée. Il est relié à l’outil DSNA Departure MANager (DMAN) qui montre la séquence de départ au contrôleur tour, et assure la transmission en temps opportun des heures de décollage au gestionnaire de réseau à Eurocontrol (i.e. Network Manager).

Cliquez ici pour accéder à l’AIC (Aeronautical Information Circular) et la méthode d’établissement de la séquence de départ optimisée.

Ces outils se révèlent être particulièrement utiles lorsque des phénomènes météorologiques critiques se produisent. Ils mettent à disposition des informations clés auprès de tous les acteurs concernés. Le chef de tour peut ainsi changer l’état de la capacité des pistes en fonction de la situation temps réel dans un laps de temps de 2 heures. Cette nouvelle donnée mettra à jour la TSAT (Target Start Up Approval Time) automatiquement, permettant à chaque aéronef, de connaitre sa nouvelle position dans la séquence de départ en fonction de la perturbation météorologique en cours.
Quand une piste est enneigée et a besoin d’être déneigée, le D-MAN indiquera l’heure à laquelle la piste sera à nouveau en service, améliorant ainsi la prédictibilité de la phase de retour à la situation normale.

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