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Matières mobilisées par l'économie française -

Matières mobilisées par l’économie française

11 mai 2016 - Développement durable
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Commissariat général au développement durable
Chiffres et statistiques - Matières mobilisées par l’économie française

Les comptes macroéconomiques de flux de matières enregistrent en masse l’ensemble des flux matériels (en dehors de l’eau) qui alimentent l’économie nationale (extraction intérieure ou importations de matières premières, importations de biens manufacturés) et l’ensemble de ceux qui en sortent (exportations de matières premières ou de biens manufacturés). L’eau est exclue en raison de l’importance relative de sa masse, qui dépasse de loin celle des autres flux (les flux d’eau sont comptabilisés dans des comptes physiques qui leur sont spécialement dédiés).

Les flux de matières qui irriguent l’économie d’un pays sont comptabilisés en tonnes, quelles que soient leurs spécificités (toxicité, rareté…). Les comptes de flux de matières sont établis à partir des recommandations méthodologiques établies sous l’égide d’Eurostat et de l’OCDE. Dans le cas de la France, ces comptes couvrent le territoire métropolitain et les départements d’outre-mer (DOM).

Les données relatives à l’extraction intérieure proviennent de différentes sources :

  • Service de la statistique et de la prospectiv) : agriculture et sylviculture ;
  • Service de l’observation et des statistiques : combustibles fossiles ;
  • Institut national des statistiques et des études économiques : minerais et minéraux industriels ;
  • Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction : minéraux de construction ;
  • Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture : pêche.

Les données relatives au commerce extérieur proviennent du service statistique des douanes françaises.

Pour la présentation des résultats, les flux de matières comptabilisés sont répartis dans un nombre limité de catégories en fonction de leur constitution (biomasse, métaux, minéraux non métalliques, combustibles fossiles). Les produits manufacturés sont alors classés dans ces catégories selon le matériau dont ils sont majoritairement composés. Au niveau des données de base, l’extraction intérieure couvre environ 130 catégories de matériaux et produits. Les importations et exportations sont réparties en plus de 5 500 produits. Dans la mesure où elles sont évaluées, les matières extraites dans les DOM sont comptabilisées ; elles sont cependant sous-estimées en raison d’une moindre disponibilité des données.

Les flux cachés (extraction intérieure inutilisée et flux indirects associés aux importations/exportations) sont calculés ici à l’aide de coefficients rapportant la masse de flux cachés à celle des flux apparents. Ces coefficients proviennent essentiellement de travaux du Wuppertal Institut für Klima, Umwelt, Energie GmbH, qui les a évalués pour l’Allemagne, complétés par des travaux réalisés à l’initiative du service de l’observation et des statistiques. L’établissement de ces coefficients s’appuie sur des résultats d’analyses de cycles de vie des produits, à partir desquels est estimée la masse de matières mobilisées depuis l’extraction des matières premières et de leur transformation, jusqu’à la commercialisation du produit final. Ces coefficients sont utilisés par d’autres pays européens.

Par ailleurs, des travaux complémentaires menés sous l’égide d’Eurostat permettent d’appréhender la consommation de matières en termes d’équivalent matières premières (approche RME (Raw Material Equivalent = équivalent matières premières) qui permet de transformer les importations et exportations de biens manufacturés en équivalent matières premières).

Une baisse stabilisée depuis la crise de 2008

Afin de mieux connaître les pressions sur les ressources naturelles, et notamment les matières mobilisées par l’économie et la population nationales, les comptes des flux de matières à l’échelle de l’économie fournissent une description de l’aspect matériel de cette utilisation au niveau du pays.

En France, la consommation intérieure apparente de matières par habitant a été relativement stable (14 tonnes par habitant – t/hab.) de 1990 jusqu’à la crise économique. Elle a diminué depuis 2008 pour s’établir à environ 12 t/hab. sur les dernières années. En tenant compte des flux cachés (extraction intérieure inutilisée, flux indirects associés aux importations/exportations), la consommation totale de matières de la France atteint en fait le double de sa consommation intérieure. Sur la période 1990-2013, la productivité matières (mesurée par rapport au produit intérieur brut – PIB) a augmenté. La consommation apparente de matières de la France reste inférieure à la moyenne de l’Union européenne.

Télécharger les matières mobilisées par l’économie française : ne baisse stabilisée depuis la crise de 2008 (PDF - 423 Ko)