Affichage environnemental : un test grandeur nature pour 168 entreprises
Engagement phare du Grenelle Environnement, l’affichage environnemental informera le consommateur de l’impact écologique de ses achats pour le guider vers les produits les plus respectueux de l’environnement. Le coup d’envoi de l’expérimentation aura lieu le 1er juillet prochain. 1 000 produits sont concernés.
Des informations pour donner le pouvoir au consommateur de changer de modèle de consommation et de production
Attente naissante des consommateurs, l’affichage des caractéristiques environnementales des produits apportera :
une information complète basée sur une approche multicritère des impacts environnementaux ;
la possibilité de pouvoir comparer des produits de même catégorie en fonction de leur impact sur l’environnement tout au long de son cycle de vie ;
le pouvoir d’arbitrer ses choix d’achat en fonction des critères de prix, de qualité et de pression sur l’environnement.
Une approche multicritère de l’affichage
L’enjeu de cette nouvelle expérimentation est de passer aujourd’hui d’une approche monocritère essentiellement centrée sur la lutte contre le changement climatique (consommation d’énergie et émissions de CO2) à une approche multicritères. L’empreinte écologique est différente en fonction des produits, c’est pourquoi il est important d’intégrer des informations également concernant leur impact sur la biodiversité, les ressources naturelles (eau, biodiversité, matières premières non renouvelables...).
Des entreprises représentatives de secteurs d’activité très diversifiés
L’appel à candidature a suscité une forte mobilisation puisque 230 entreprises se sont portées volontaires pour tester ce nouvel affichage. 168 ont finalement été sélectionnées. De la PME artisanale aux champions mondiaux de la distribution, ces entreprises sont représentatives de secteurs d’activité très diversifiés : alimentaire, boisson, produits d’hygiène, habillement, équipements électriques ou électroniques, mobilier, produits de construction….
Une mise en place progressive après expérimentation et consultation
Durant les prochains mois, les entreprises vont effectuer ou finaliser les analyses environnementales des produits qu’elles ont sélectionnés afin de commencer la diffusion effective d’informations auprès des consommateurs dès le 1er juillet 2011. S’agissant d’une expérimentation, toutes les informations ne seront pas cadrées dès juillet 2011 ; par exemple, les modes de communication vers le consommateur seront divers (internet, téléphonie mais aussi affichage en magasin ou sur le produit) et la forme de l’affichage pourra varier d’un produit à l’autre.
Tout au long de l’expérimentation, le site internet du ministère sera le support d’actions spécifiques : explication des principes de l’expérimentation nationale, consultation sur les différents supports et formats d’affichage… Ces initiatives complèteront les collaborations spécifiques construites sur ces sujets avec des associations de défense des consommateurs et de protection de l’environnement.
À l’issue d’une expérimentation d’une durée d’un an au moins, la loi prévoit que le Gouvernement remettra un rapport d’évaluation au Parlement. Sur cette base, la généralisation de l’affichage des caractéristiques environnementales des produits pourrait être décidée. Au niveau européen, la France a été précurseur dès 2007 grâce au Grenelle Environnement. Aujourd’hui, les initiatives nationales (Royaume-Uni, États-Unis, Japon…) et européennes se multiplient. L’initiative française autour de l’expérimentation d’un affichage multicritère pouvant déboucher sur une généralisation, est d’ores et déjà considérée avec grand intérêt par l’Europe.
De l’affichage monocritère à l’affichage multicritère
En matière d’affichage environnemental, différentes actions ont été initiées dont certaines ont déjà assez largement fait la preuve de leur efficacité en permettant de faire évoluer les offres des industriels vers des gammes de produits moins énergivores et moins émettrices de CO2 :
dès 1995, la mise en place de l’étiquette énergie a amélioré la performance énergétique des équipements électroménagers. 75 % des réfrigérateurs mis alors sur le marché se situaient dans le bas du classement entre G et D ; qu’en 2010, 90 % des ventes ont porté sur des appareils classés entre A et A++.
Depuis le Grenelle Environnement, cette action visant directement le consommateur s’est intensifiée, ainsi :
depuis 2007, une expérimentation d’affichage du contenu en équivalent CO2 des produits est soutenue par Casino, Leclerc, Alter éco ;
- depuis 2008, une étiquette CO2 est apposée sur les véhicules. Couplée à d’autres mesures incitatives comme le bonus-malus, elle a conduit à une baisse des émissions moyennes des voitures neuves achetées en France de 149 grammes de CO2 en 2007 à 130 grammes de CO2 en 2010 ;
depuis le 1er janvier 2011, la mention du classement énergétique (évaluation de la consommation énergétique et des émissions de gaz à effet de serre) des bâtiments doit apparaître dans les annonces immobilières de vente ou de location.
« La forte mobilisation des entreprises est un signal positif, il va nous permettre d’aller plus loin pour que chacun puisse disposer des informations lui permettant de modifier sa consommation. L’étiquette énergie sur l’électro-ménager ou plus récemment l’étiquette CO2 sur les véhicules ont prouvé leur efficacité, tout l’enjeu aujourd’hui est de réussir à passer à la vitesse supérieure en mettant en place une démarche multicritère qui nous renseigne pleinement sur l’empreinte écologique de nos achats » a souligné Nathalie Kosciusko-Morizet.
Liens utiles
- Le dossier de presse (PDF - 1673 Ko)
- L’expérimentation nationale de l’affichage des caractéristiques environnementales des produits
- Le dossier complet sur la consommation durable
- "L’affichage des caractéristiques environnementales des produits - Un enjeu majeur du Grenelle Environnement en matière de consommation durable"


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