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Our common future under climate change

8 juillet 2015 (mis à jour le 6 septembre 2016)
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Retour jour après jour sur la conférence scientifique internationale du 7 au 10 juillet 2015 à Paris (Unesco)


La conférence

Événement scientifique de l’année pour préparer la COP21, la conférence a rassemblé plus de 2000 participants de 100 pays dans quatre sessions plénières, 20 grandes sessions tenues en parallèle, 140 autres sessions (également en parallèle) et des sessions dédiées aux posters. 75 side-events étaient organisés de par le monde. Les ministres chargés de l’écologie et de la recherche ont ouvert la conférence en appelant à un succès de la COP21 : sans la science, pas de COP21, on a gagné la bataille des idées, il faut maintenant gagner la bataille de l’action. Le ministre chargé des affaires étrangère a clos la conférence : il est indispensable que la COP21 aboutisse à un accord s’appuyant sur quatre piliers, un accord universel et juridiquement contraignant ; la présentation des engagements nationaux où l’expertise scientifique sera précieuse ; les moyens financiers et technologiques ; enfin la mobilisation des acteurs non étatiques/agenda des solutions. Le commissariat général au développement durable a organisé deux sessions parallèles, l’une portant sur le service du programme Copernicus aux utilisateurs portant sur le changement climatique et l’autre sur la co-construction de connaissance entre disciplines scientifique et parties prenantes sur la gestion des impacts du changement climatique. Le commissariat général a soutenu financièrement la conférence et faisait partie de son haut comité. Il va accompagner les responsables scientifiques de la conférence pour poursuivre la valorisation des résultats au-delà du public scientifique.

 

Messages clés

La conférence était l’occasion d’actualiser l’état des connaissances en matière d’évolution du climat. Après le relatif plateau des années 2000 de l’évolution de la température globale, expliqué notamment par la variabilité interne du système Terre et une succession de petites éruptions volcaniques, la hausse de la température globale a repris et il est probable que l’année 2015 soit la plus chaude depuis la première révolution industrielle. Le changement climatique est sans équivoque et dû aux activités humaines.

Cette hausse des températures est attribuée pour l’essentiel à l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et principalement à celle du dioxyde de carbone. Durant les 800 000 dernières années, celle-ci a fluctué entre 180 ppm et 300 ppm (l’air est composé de vapeur d’eau en proportion variable de 0 à 5% et d’air sec qui contient principalement de l’azote (78%), de l’oxygène (21%) et de l’argon (1%). Il contient aussi de nombreux gaz trace qui, s’ils sont négligeables sur le plan massique, peuvent être très important sur le plan radiatif, soit pour absorber le rayonnement solaire (par exemple l’ozone pour les UV), soit le rayonnement infrarouge émis par la terre, par exemple le dioxyde de carbone dont la concentration est aujourd’hui de 400 ppm (parties par million) = 0,04 %.), se situant autour de 280 ppm durant l’holocène préindustriel. Elle a dépassé 400 ppm au printemps 2015.

Le choix du chiffre de 2°C correspond pour les scientifiques du climat à rester dans un monde connu avec des conditions du type de celles de l’holocène. En effet on pensait que les principaux points d’irréversibilité se situaient probablement au-delà de 2°C.

Pour rester en deçà d’une hausse de 2°C, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70% d’ici à 2050, puis tendre vers 0, et même imaginer des émissions négatives (séquestration). En conclusion, il y a urgence à agir !

Le système Terre est une formidable machine à transformer le dioxyde de carbone. Il absorbe et transforme 55% de nos émissions en moyenne. Nous devons approfondir nos connaissances sur son fonctionnement pour tirer le meilleur parti de ce système et diminuer ainsi la part du dioxyde de carbone qui reste dans l’atmosphère. Le vivant joue un rôle clé dans ces processus de transformation.

Les études les plus récentes portant sur l’évolution des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique de l’ouest indiquent qu’elles fondent plus vite que l’on ne pensait. La fonte de la glace à la surface de ces calottes qui se produit l’été conduit à des infiltrations d’eau qui viennent lubrifier le contact entre les glaciers et la roche sous-jacente. Les glaciers peuvent alors s’écouler plus vite vers la mer. Nous pourrions être face à une irréversibilité qui se situe en deçà des 2°C susmentionnés. La calotte du Groenland va fondre, la question scientifique aujourd’hui ouverte est à quelle vitesse ? Rappelons qu’une fonte totale conduirait à une hausse du niveau des mers de l’ordre de 7 m, mais que cela devrait prendre plus de 1000 ans.

La hausse du niveau des mers (2 mm par an au vingtième siècle) s’accélère (un peu plus de 3 mm par an ces 20 dernières années). Elle est due principalement à la dilatation thermique de la colonne d’eau et à la fonte des glaces continentales, glaciers et calottes glaciaires. La hausse du niveau des mers présente une grande variabilité géographique.L’océan se réchauffe, s’acidifie et voit sa teneur en oxygène baisser. Ceci accroît la vulnérabilité des écosystèmes comme ceux autour de la banquise en été ou encore les récifs coralliens. La conjonction des trois points rappelés ci-dessus pourrait conduire à une baisse importante de la ressource halieutique.

De nombreux organismes sont d’ores et déjà affectés avec des déplacements d’espèces. Par exemple le plus rapide concerne le phytoplancton dont les espèces peuvent remonter vers le Nord d’environ 400 km par décennie, induisant par là même une perturbation de toute la chaîne trophique. Sur les continents, on observe des décalages temporels qui viennent aussi perturber, parfois gravement la chaîne trophique.

Historiquement, l’évolution du PIB et de la consommation énergétique ont été très corrélées. Au-delà de la maîtrise de la consommation énergétique et de l’augmentation de la part des énergies non émettrice de dioxyde de carbone dans le mix énergétique, est-il possible de concevoir une transition énergétique consistant à décorréler croissance et augmentation de la consommation énergétique ?

Si on souhaite maintenir le changement climatique à l’intérieur d’une fourchette de hausse de 2°C, il faut avoir conscience que nous avons d’ores et déjà consommé 65% du budget carbone, ce qui implique qu’il faut laisser dans le sol 1/3 des ressources connues en pétrole, 1/2 de celles en gaz et 80% de celles de charbon. Mais pourtant, les pays limitrophes de l’océan Arctique se précipitent pour de la prospection sur les gisements d’hydrocarbure.

Comment gérer et réussir la transition vers des villes résilientes et peu émettrices de dioxyde de carbone ? Plusieurs questions se posent : a/ La complexité : les villes représentent une contribution majeure à l’émission de dioxyde de carbone, mais à service égal elles présentent un haut niveau d’efficience, ceci est mal compris et peu reconnu dans les pratiques et règlements ; b/ La notion de territoire concerné (particulièrement dans les zones en urbanisation rapide) est important et doit être pris en compte lors de l’application de politiques décidées au niveau national ; c/ Il ne s’agit pas que d’une transition par une approche technique, mais d’une transformation sociétale qui seule permettra de mener à bien la mutation globale nécessaire ; d/ Un effort de recherche est nécessaire pour comprendre les mécanismes à l’œuvre dans le fonctionnement si complexe des villes.

Une transition est à construire, pour ce faire il faut revenir aux valeurs collectives et au-delà de la science et des incertitudes, il faut aborder une réflexion globale, philosophique, multiculturelle, avec une perspective à long terme. Encore une fois et avec humilité, il ne faut pas se reposer seulement sur la science, il faut répondre à des questions de base, prendre en compte le rôle des communautés, de l’histoire et de la culture, aborder les questions de justice, avoir des approches participatives, replacer toutes les questions climatiques dans ce cadre.

 

Retour sur la séance de clôture, 10 juillet 2015

Plus de 2200 participants de 100 nationalités différentes ont participé à la conférence.

C Field, président du comité scientifique de la conférence a la conviction que nous allons aller vers une ère post-carbone avec des actions d’atténuation et d’adaptation en tenant compte des mesures d’équité. Les scientifiques se sont engagés pour cela à aider les politiques et vont faire passer un message à la COP21 que l’on peut co-signer. M. C Field lit le texte proposé en séance, disponible sur www.commonfuture-paris2015.org

J-F Soussana remercie l’ensemble des organisateurs de la conférence. H Le Treut remercie le comité présidé par J Jouzel qui avec le soutien des ministères et des organismes a permis cette conférence. H Le Treut remercie également les membres du Comité d’organisation dont il a la présidence.

El Gizouli, président par intérim du GIEC confirme que la science est un socle important pour conduire à des décisions et le 5ème rapport fournit des leçons pour aller vers un accord sur le climat. Il faut réduire et atténuer les risques du changement climatique pour aller vers un développement durable juste et équitable.

D Reifsnyder, co-président de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) rappelle l’origine de la création du GIEC, structure scientifique, séparé du politique. Mais il faut maintenant que scientifiques et politiques marchent dans le même sens. Pour l’accord de Paris, nous avons déjà eu deux réunions de négociations, Genève et Bonn, et un texte sera élaboré d’ici le 31 juillet.

A. Djoghlaf, co-président de la CCNUCC, plateforme de Durban, remercie l’ICSU et l’UNESCO pour la réussite de cette conférence. Les scientifiques sont là pour accompagner l’accord de Paris et les engagements des pays pour cet accord. L’accord de Paris est l’affaire de tout le monde, scientifiques, entreprises, citoyens. A Djoghlaf remercie la France et plus particulièrement M Fabius pour son engagement pour la réussite de cet accord.

Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères et du développement international qui participe en ce moment aux négociations internationales avec l’Iran a tenu à être présent pour cette clôture. Cette conférence a donc permis d’élaborer un message vers les politiques, piqure de rappel bien nécessaire. Le rôle des scientifiques est important pour le constat qui nous a fait rentrer dans le temps des certitudes comme le dit J Jouzel. Le mérite en revient au GIEC. Vous vous êtes donnés les moyens d’être incontestables, l’esprit de la recherche et sa rigueur l’ont emporté. La réalité du CC et son origine humaine ne sont plus contestés. Les conséquences de l’inaction sont irréversibles.

La communauté scientifique joue également un rôle d’alerte qui nous oblige à agir. Enfin les scientifiques sont là pour nous aider à trouver des solutions. Il est indispensable que la COP21 aboutisse à un accord s’appuyant sur quatre piliers : un accord universel et juridiquement contraignant, la présentation des engagements nationaux où l’expertise scientifique sera précieuse, les moyens financiers et technologiques, enfin la mobilisation des acteurs non étatique/agenda des solutions. Cet Accord doit être durable et ne pas s’arrêter en2030. Il pourrait être réactualisé via un mécanisme de révision pour remise à niveau en fonction des avancées.

Les scientifiques de toutes les disciplines ont averti la communauté internationale, politiques, hautes autorités spirituelles, qu’ils en soient remercié et ils sont attendus et bienvenus à la COP21.

 

Retour sur quelques faits marquant de la journée du 10 juillet 2015 - Action collective et solutions de transition

Séance plénière (9h00 – 10h30)

J. Stiglitz, université Columbia, USA, prix Nobel d’économie 2001, ex vice-président à la Banque mondiale, donne un éclairage économique, notamment sur le calendrier climatique par rapport aux problèmes économiques en expliquant que c’est justement le bon moment pour traiter le problème. Dans une période où la demande est faible, la lutte contre le dérèglement du climat et les inégalités sociales peuvent stimuler l’économie et les investissements. Il y a de nouvelles institutions, Banque des BRICS, Banque asiatique… qui peuvent aider ou renforcer les investissements.

Concernant les négociations climatiques de la COP21, il y a une question d’équité entre pays riches et PED, un problème aussi d’externalités et de transfert entre pays. Le plafonnement et les permis de droit d’émissions ne sont pas la solution, les états n’étant pas capables de se mettre d’accord sur le non financement des énergies fossiles et butant sur les difficultés de mettre en place ces principes, avec le problème des gagnants et des perdants. Il faut réfléchir à un prix du carbone efficace, général et modéré qui pourrait évoluer. Concernant les pays en voie de développement il faut un engagement de ces pays sur l’adaptation et les transformations et une contribution et des aides réelles des pays développés.

En conclusion, il faut s’appuyer sur une croissance verte avec un accord sur le prix du carbone concernant l’ensemble du monde et des entreprises.

S. Jasanoff, Harvard, USA, espère que les scientifiques présents pèseront sur les négociations à venir mais il faut aussi tenir compte des inégalités entre les sociétés et les peuples. Il ne faut pas en rester aux conclusions scientifiques du GIEC. Il faut revenir aux valeurs collectives et au-delà de la science et des incertitudes, il faut aborder une réflexion globale, philosophique, multiculturelle, avec une perspective à long terme. Encore une fois et avec humilité, il ne faut pas se reposer seulement sur la science, il faut répondre à des questions de base, prendre en compte le rôle des communautés, de l’histoire et de la culture, aborder les questions de justice, avoir des approches participatives, replacer toutes les questions climatiques dans ce cadre.

Y. Sokona, partant du constat du rapport du GIEC, pense que le développement durable et la lutte contre le changement sont compatibles et sont une opportunité. Il faut noter que les émissions sont en grande parties imputables aux 40 derniers années dues au développement et à la démographie et il y a 1,4 Md de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté avec moins d’un $ par jour. Les mesures pour le climat doivent être alignés avec les objectifs du développement durable, réduire la pauvreté, donner l’accès à l’eau, à l’électricité et aux soins, prendre en compte l’équité et la protection de l’environnement. Il faut résoudre les problèmes aux niveaux politiques et financiers pour arriver à cette transformation avec une action court terme compatible avec une vision à long terme.

Table ronde sur les actions collectives et les solutions

L. Tubiana, Sciences Po, ambassadrice Climat : Comme dit par les intervenants, il faut tenir compte des aspects moraux et étiques, économiques et géopolitiques pour essayer de converger. Il faut convaincre tous les acteurs et créer des coalitions sur par exemple le prix du carbone, sur les technologies. Il faut chercher à faire bouger l’ensemble de la société.

R. Kyte, banque mondiale : Il y a un besoin de cohérence et de confiance pour contrer la volatilité et les incertitudes. Il y a des initiatives bottom-up, c’est normal, mais il faut rendre ceci cohérent aux différents niveaux de décisions et de financements. Il faut arriver à faire penser à un monde sans carbone.

H.-J. Schellnhuber, Potsdam, Germany : C’est très dangereux de dépasser les 2°C et le sujet est l’action. Par analogie avec l’abolition de l’esclavage, trois faits (3D) peuvent être déclenchant, le désastre, la découverte, la décence. Un espoir, le mot « décarbonisation » a été prononcé au G7 dernier.

Session parallèle « L4.2 – Resilience and transformative solutions »

L’étude des “NAP” (national adaptative planning) de ces états montre une sous-estimation du rôle de l’économie et du secteur privé. Il y a une tendance à présenter une vue déformé (« public sector lenses ») qui inhibe les changements. Le cas des Caraîbes est une sorte de modèle : besoin de coordination pour lancer de NAP véritablement régionaux entre états, avec implication du secteur privé et bancaire, sous le pilotage des ministères des finances et du développement et présentés comme de véritables plans d’investissement, avec des objectifs chiffrés de développement économique. La question de la justice environnementale et du poids trop faible de la diplomatie du climat (en particulier face aux USA) a été soulignée. Il faut améliorer la gouvernance régionale (via l’association CARICOM), et coordonner la mobilisation des fonds publics (Fonds verts notamment) comme privés.

Une étude intéressante sur le développement de l’éolien a été présentée pour illustrer le développement d’énergies renouvelables dans des îles non indépendantes (Porto Rico, Guadeloupe), en rappelant les axes « acceptability, impacts, capabilities ».

Session parallèle « L4.5 – Equity a condition to triggering action »

S. Caney, Royaume Uni, plaide pour une nécessaire prise en compte de l’éthique et de la justice dans les négociations et présente et discute les principes qui pourraient être appliqués en termes de responsabilité pour un traité sur le climat. D. Waskow, USA, étudie l’équité dans les engagements volontaires qui devraient, comme définis à la COP20 à Lima, être justes et ambitieux. Des outils basés sur l’historique et les capacités des pays permettraient d’évaluer ces engagements. S. Klinsky, USA, explique en quoi l’équité a de l’importance dans les négociations et commente les différents objets utilisés successivement dans les négociations « mitigation burden-sharing », « adaptation », « finance and support » et « loss and damage ».

Session parallèle « 4401 – Sustainable development goals and the new climate regime : synergies for change »

S’attaquer aux chalenges du changement climatique nécessite beaucoup de volonté de travail et des moyens. Il faut modifier les règles du jeu car les limites de la planète ont été dépassées, Il faut arbitrer entre les problèmes de compétitivité court terme et le nécessaire changement à plus long terme. Il faut répondre à la question :

What is scientifically reasonable and politically feasible ?

La Transition est difficile mais on a déjà vécu deux révolutions aussi importantes : la révolution industrielle et la révolution numérique. Mais, « It canot be a zéro sum game ». Il faut avoir une approche systémique et travailler au niveau global, pas national. Une Gouvernance par les objectifs, challenges et opportunités est à mettre en place. Il faut inventer une nouvelle forme d’interface entre la science et la politique. L’allocation de ressources pour l’adaptation nécessite équité, performance et transparence. A échéance de 2030 les SDGs doivent avoir contribué à éradiquer la pauvreté. De forts SDGs contribueront à l’implémentation d’un accord sur le climat.

Sujet de recherche : établir les liens entre événements extrêmes et pauvreté

Session parallèle « 4417 – Transforming Society and Science for Sustainability – Addressing Challenges in Transdisciplinary Research »

H. Hackmann, ICSU : Nous vivons dans un monde en crise et en mutation qui nécessite de changer les pratiques en sciences et en politique et globalement qui appelle un profond changement social. La science intégrée, interdisciplinaire, globale, transdisciplinaire pour/avec/dans la société (co-design, co-production, solution-oriented) peut contribuer à cette action. Par exemple, c’est l’objectif du programme international Future Earth.

Différentes analyses, expériences et méthodes sont présentées, notamment l’expérience de laboratoires virtuels (A. Malik, Australie), de réseaux entre nord et sud (R. Garcia, Mexico, A. Ely, Royaume Uni, J. Baum, Canada), de centres transdisciplinaires (P. Adam, Autriche).

 

Retour sur quelques faits marquants de la journée du 9 juillet 2015 - Répondre aux enjeux du changement climatique

 Séance plénière (9h00 – 10h30)

F. Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, présente le contenu du rapport publié il y deux semaines. Les engagements de réduction des pays les plus émetteurs, Chine, US et UE peuvent rendrent très optimiste pour la COP21. De plus les compagnies d’énergies par intérêt commencent à s’engager pour le futur. Le secteur énergétique qui correspond aux 2/3 des émissions doit prendre en compte l’atténuation des émissions mais il doit aussi permettre l’accès à l’énergie et la sécurité énergétique. Autre point qui rend optimiste, en 2014 l’augmentation de la consommation d’énergie n’a pas eu d’impact sur les émissions, ce n’est que la 3ème fois que cela se produit et les précédents étaient dus à des crises économiques. Un quart de l’énergie produite est aujourd’hui bas carbone et cette partie progresse rapidement.

Pour conclure, les attentes du secteur énergétique pour la COP21 sont : un pic des émissions en 2020, une revue des engagements tous les 5 ans en fonction de l’évolution des technologies, le besoin d’une cible sur les émissions et d’un suivi national.

O. Edenhofer, Allemagne, est plus pessimiste que l’interlocuteur précédent, en particulier il rappelle que les émissions ont progressé ces dernières années malgré l’efficacité et l’augmentation a cru sans « décarbonisation » avec un prix bas du charbon et même en Afrique avec des investissements dans le charbon. La cible de 2°C est loin du scénario actuel « business as usuel » et nécessite une révision de la gestion des sols et de nouvelles technologies non encore disponibles à faible carbone. 2°C se traduit en un cumul de 1000 Gt de CO2 émis et nous avons approximativement 15000 Gt de CO2 enfouis dans les sols de certains pays. Il devrait en grande partie y rester ! C’est un défi institutionnel, une solution pourrait être une fixation du prix du carbone.

S. Huq, Bangladesh, présente l’adaptation, une des composantes avec l’atténuation de la solution. Les rapports du GIEC ont présenté très tôt les impacts à venir qui ont permis de prendre conscience du risque climatique. Mais la vulnérabilité par exemple entre le Bangladesh et les Pays-Bas n’est pas la même face à l’aléa, c’est pourquoi l’adaptation a par la suite été abordée comme science. L’adaptation est un processus itératif qui aborde le problème des solutions aux changements climatiques, solutions qui sont locales, ou systémiques (littoraux, montagnes, estuaires,...), qui abordent le sujet des migrations des populations, de la maladaptation, des transformations sociétales (éducation, secteur économique, co-production de connaissances), le transfert de technologie, le financement vers les pays les plus pauvres et exposés. En conclusion, les accords de la COP21 sont importants car une adaptation face à une augmentation supérieure à 2°C n’est pas forcément possible notamment pour les PED.

Table ronde : Implementing Solutions and Overcoming Barriers

C. Nobre : la solution viendra en partie des sols (gestion, déforestation) et des valeurs (acceptation sociale) comme cela a été dit hier.

Z. Dajian, China, l’innovation technologique est importante mais l’innovation sociale est aussi très importante (comme le covoiturage). D’autre part, développement et environnement doivent aller de pair.

K. Caldeira, USA, il faut imaginer un avenir meilleur et de bien-être, incluant le développement et intégrant tous les problèmes de nos sociétés notamment le climat.

F. Geels, Royaume Uni, prône l’innovation et l’évolution, la compensation pour porter cette innovation et aider les perdants.

Session parallèle « L3.1 – Socioeconomics and instruments for transforming the energy sector ».

En Introduction, B. Pizer (Sanford School of Public Policy, Duke University, USA) a rappelé les courbes d’évolution des marchés Carbone dans les différentes régions du monde. Celles-ci sont très variables, à la fois dans le temps en accusant généralement une forte baisse, et entre les différentes régions. Il a aussi rappelé que des centrales thermiques propres (grâce à la séquestration du CO2) commencent à se développer aux USA.

M. Grubb (University college, London) a tout d’abord rappelé que les objectifs des politiques énergétiques sont progressivement passées de la « satisfaction », à l’ « optimisation" puis à la « transformation ». Il a ensuite expliqué, en tirant les leçons d’un quart de siècle de débats et d’expérience cherchant à favoriser la transition énergétique bas carbone, qu’il était aussi important d’avoir une vision et des règles du jeu claires que de fixer un prix de départ pour le marché du carbone. Dans un contexte de fluctuation des cours, il est essentiel de maintenir un ensemble de mesures d’accompagnement.

E. La Rovere (Fed. Univ. of Rio de Janeiro) a ensuite présenté la situation particulière du Brésil concernant la politique d’atténuation des émissions, avec une réduction importante de la déforestation obtenue depuis 2004, et une proportion d’énergies renouvelables atteignant déjà 45 % en 2010, grâce en partie aux bio-carburants. Des scénarios combinant politiques d’atténuation et mesures gouvernementales ont été regroupés jusqu’en 2030, et permettent ainsi d’en étudier les effets économiques, sociaux et environnementaux. Des résultats, avec ou sans taxe carbone ont ainsi été montrés (la croissance du PIB serait par exemple plus forte sans taxe carbone..).

J. Kejun (Energy Research Institute, National development and reform commission, Beijing, China) a évoqué l’établissement du prix du carbone en Chine. Il a rappelé qu’un marché du carbone a été lancé en Chine en 2011 avec 7 villes et provinces pilotes. Il a ensuite montré des résultats d’études de simulations du modèle IPAC (Integrated Politicy Model for China), qui a permis de vérifier la faisabilité pour la Chine d’amorcer, grâce à éventail de mesures et mécanismes identifiés, une réduction de ses rémissions à partir de 2025, pour atteindre 70% de réduction en 2050 par rapport à 2020. Il s’est intéressé plus particulièrement au marché et à la taxe carbone, et a affirmé qu’elles doivent fonctionner ensemble et que la taxe carbone est un bon outil. Il a aussi rappelé que les politiques dans les domaines de la qualité de l’air et de l’énergie ont forcément des impacts sur les émissions de CO2 et qu’il est souhaitable de lier les politiques carbone et qualité de l’air.

N. Dubash (Centre for Policy Research, New Delhi , India) a rappelé la position duale de l’Inde, qui d’une part doit poursuivre un développement durable pour ses citoyens, dont le niveau de départ est très bas, et qui d’autre part aura un effet considérable sur les émissions globales de gaz à effet de serre, en raison de sa taille et de la croissance rapide de son économie. Les principaux résultats d’études jusqu’en 2030 semblent montrer un doublement ou un triplement des émissions de CO2 mais avec une réduction par habitant par rapport à celles de 2011, une augmentation de l’utilisation du charbon de 2.5 à 3 fois, associés une forte croissance du PIB. La priorité politique est d’abord de satisfaire les besoins énergétiques, cependant les « co-bénéfices » peuvent être pris en considération et doivent être compris plus en détail, entre les préoccupations de qualité de l’air, sécurité énergétique, développement, atténuation et adaptation au changement climatique. Ces co-bénéfices peuvent être substantiels et susceptibles d’infléchir certaines courbes.

F. Lecocq (Centre International de Recherches sur l’Environnement et le Développement (CIRED), France) a ensuite présenté en remplacement de Jean Charles Hourcade, sous le titre « l’optimisme technologique ne suffit pas », les travaux du CIRED sur les politiques macoéconomiques et financières pour transformer le secteur énergétique. Les effets de plusieurs mesures politiques et de la taxe carbone sur la réduction des émissions jusqu’en 2050 ont ainsi pu être étudiées, en particulier dans le projet Encilowcarb. 68% de réduction pourraient ainsi être atteints en combinant mesures politiques et taxe carbone, et 85% de réduction en y adjoignant le financement des investissements à risques dans les technologies bas carbone.

Session parallèle « L3.3 – Managing transitions in Cities »

Transition et transformation vers des villes résilientes à basse consommation de carbone.

La question épineuse abordée ici est comment gérer et réussir la transition vers des villes résilientes et peu émettrices de CO2 ? Plusieurs points sont abordés

a/ la complexité : les villes représentent une contribution majeure à l’émission de CO2, mais à service égale elle présentent un haut niveau d’efficience, ceci est mal compris et peu reconnu dans les pratiques et règlements ;

b/ La notion de territoire concerné (particulièrement dans les zones en urbanisation rapide) est important et doit être pris en compte lors de l’application de politiques décidées au niveau national ;

c/ Si la transition est une approche technique, la transformation est un changement sociétal qui seul permettra de mener à bien le changement nécessaire ;

d/ Une effort de recherche est nécessaire pour comprendre les mécanismes à l’œuvre dans le fonctionnement si complexe des villes.

Les villes : résilience et adaptation au changement climatique 

Les auteurs présentent les rapports d’évaluation sur le changement climatique en ville (Assessment Report on Climate Change and Cities ARC3) du « Urban Climate Change Research Network » (UCCRN réseau sur le changement climatique en ville), qui sont une contribution importante à la connaissance du climat en ville. L’UCCRN est constitué d’un groupe d’experts travaillant à l’échelle globale. Le rapport initial date de 2011 et présente l’étude de cas concernant l’adaptation et l’atténuation dans une cinquantaine de villes. C’est la première évaluation globale, trans-régionale, interdisciplinaire dans le domaine des villes. Le prochain rapport (soumis) concerne une centaine de villes. Le New York City Panel on climate change (NPCC Comité sur le changement climatique de la ville de New York ) créé en 2008 est un des contributeurs essentiel de l’UCCRN. Dans son rapport 2015il fournit des projections pour la température, l’augmentation du niveau des mers et les précipitations jusqu’en 2100. Ce travail a été utilisé lors de la programmation des reconstructions suite à l’ouragan Sandy en 2012 et pour l’initiative récente du maire de New York en faveur d’une approche durable, résiliente, et égalitaire pour le 21ème siècle.

La mise en forme des infrastructures peu émettrices de gaz à effet de serre

La réduction de l’émission de gaz à effet de serre par les villes est une bataille décisive dans la lutte contre le changement climatique.

La planification stratégique doit être menée en coordination avec les parties prenantes, les besoins des bases des habitants étant pris en compte dans la définition des mesures d’atténuation. Cette planification doit aussi reposer sur une analyse scientifique robuste et tenir compte des infrastructures urbaines. Le coût élevé et les conséquences à très long termes de l’application de décisions en ville impliquent une attention particulière. Chaque territoire urbain possède des particularités et il paraît difficile d’apporter une solution unique aux problèmes rencontrés, cependant l’échange d’expérience permet de progresser plus vite pour des villes travaillant en réseaux d’information. Les auteurs concluent en indiquant que l’augmentation du prix des énergies fossile par une modification des taxes s’y appliquant devrait permettre de dissocier croissance économique et émission de gaz à effet de serre et permettre ainsi de mener une politique d’atténuation efficace.

Session parallèle « L3.4 – Ecosystem-based adaptation and biodiversity conservation »

Les résultats du rapport AR5 sont confirmés. Les écosystèmes terrestres sont plus vulnérables que les marins du fait de leur mobilité réduite. Par contre, les écosystèmes marins peuvent modifier le rôle de la biosphère dans l’évolution du système Terre (pompe à carbone notamment).

L’adaptation basée sur les écosystèmes (Ecosystem Based Adapatation EBA) propose des solutions prometteuses et durables, mais il n’y a actuellement que quelques exemples probants.

Il faut développer la publication de guides pratiques destinés aux acteurs de terrain.
Concernant le mécanisme des « chocs » écologiques, il ne faut pas oublier que l’eau et les perturbations (feux en particulier) sont au moins aussi importantes que la température seule.

Session parallèle « L3.5 – Integrating Adaptation and Mitigation at the Landscape Scale »

Une session avec de nombreux intervenants sur un large panel de présentations sur les actions combinées d’adaptation et d’atténuation, notamment dans des Pays en développement. M. Herold, Pays-Bas, insiste sur l’importance des observations, notamment les variables essentielles du climat mais dont les dimensions humaines ne sont pas assez présentes. Il renvoie au document UNFCCC/GCOS/ECV. Selon R. Nicholls, Royaume Uni, les scénarios futurs montre que l’atténuation a un effet fort sur la température globale entre 2° et 5°C mais moins marqué sur la montée du niveau de la mer attendue, inévitable, où l’adaptation sera forcément nécessaire. E. Castellanos, Guatemala, montre l’impact de la certification agro-écologique des fermiers et producteurs de café sur les pratiques, la séquestration du carbone et la productivité. J.-M. Carnus, INRA, rappelle l’importance des forêts plantées (7% des forêts et 45% de la production) pour l’atténuation, absorbant plus de carbone qu’une forêt non exploitée, et le problème de l’adaptation pour les forêts. L. Some, Burkina Faso, présente l’utilisation expérimentale de la diffusion des prévisions saisonnières de précipitation pour aider les petits fermiers et K. Meijer, Pays-Bas, la mise en place d’un protection côtière naturelle en Indonésie, financièrement viable, et ses bénéfices en terme de séquestration du carbone.

Session parallèle « 2232 – The Copernicus Climate Change Service : an European answer to Climate Change Challenges »

Cette session organisée par le MEDDE a réuni plus d’une cinquantaine de participants.

Mauro Facchini, chef de l’unité Copernicus à la Commission Européenne a remplacé au pied levé Philippe Brunet, Directeur des industries aérospatiales, maritimes et de défense, convoqué par le président Junker, pour présenter le programme Copernicus et son initiative de créer un service changement climatique.

Jean Noël Thépaut, responsable du service Copernicus Changement Climatique au CEPMMT a ensuite présenté les grandes lignes du service. Son collègue Dick Dee du CEPMMT a expliqué comment les observations sont utilisées pour développer une description compréhensible du climat. Puis Serge Planton du CNRM-Toulouse a évoqué comment les prédictions climatiques sont utilisées pour fournir des projections climatiques, l’intérêt d’une approche multi-modèles, et le besoin de descentes d’échelles régionales. Robert Vautard de l’IPSL-CEA/LSCE a évoqué les impacts du changement climatiques sur différents secteurs d’activité économique, qui nécessitent un co-design des produits et souvent des questions avec les acteurs. Un des enjeux sera aussi de rassembler les expériences de multiples initiatives existantes dans ces domaines. Enfin, Gregory Barker, ancien ministre Britannique sur le changement climatique s’est exprimé sur la façon d’informer les décideurs politiques. Il a rappelé leur besoin de certitudes. La crédibilité et la cohérence des messages est donc essentielle. Il vaut mieux pour eux des messages courts et fréquents, plutôt que de gros rapports ou volumes d’informations plus rares.

Session parallèle « 2236 – Scenarios, public deliberation and decisions »

Du scénario à l’action publique explorer le futur du climat au niveau national et international

Scénarios émergents

Les auteurs s’intéressent à l’émergence de nouvelles approches de conception des scénarios dans le domaine du changement climatique et notamment de la conception de scénarios assistée par ordinateur en insistant sur la question : quelles conditions permettent de distinguer les futures situations possibles ? Les auteurs suggèrent que ces scénarios pourraient être une alternative lorsque les solutions classiques échouent face à un changement majeur.

La construction et l’analyse de scénarios socio-économiques pour la prise de décision en situation d’incertitude une expérience de modélisation expérimentale pour explorer les principaux déterminant de la croissance économique dans un monde soumis à une contrainte sur le carbone

Les mesures utiles à l’évaluation macroéconomiques des voies d’atténuation dépendent du niveau d’atténuation à cibler ou bien du choix de la stratégie pour atteindre la cible déjà fixée. Choisir le niveau de réduction d’émission de gaz à effet de serre à cibler demande de mettre en balance les coûts d’atténuation par rapport aux coûts évités des dommages liés au changement climatique. Cette approche est de plus en plus remise en question du fait notamment du caractère incertain des conséquences du changement climatique. Les auteurs pressentent un modèle expérimental pour étudier le rôle d’une grande variété de variables socio-économiques pour deux paramètres : le PIB par habitant en fonction des scénarios d’atténuation et la perte de PIB par rapport au présent Six cent quarante-huit scénarios ont été analysés. Il ressort de cette analyse que les deux paramètres ne sont pas bien corrélés. Les auteurs concluent que les analystes et les décideurs devraient prêter plus d’attention d’une part au niveau du PIB en fonction des scénarios d’atténuation et d’autre part à l’incertitude sur la demande d’énergie et l’efficacité énergétique.Une augmentation du nombre de scénarios devrait permettre une meilleur approche des problèmes à résoudre.

Du scénario à l’action climatique

les auteurs présentent un projet de recherche global évaluant l’utilisation de scénarios pour le l’élaboration de politique publique dans le contexte de l’adaptation au changement climatique du développement socio-économique et de la sûreté alimentaire au travers de six études de cas (Afrique de l’Ouest, Afrique de l’Est Asie du Sud, Asie du Sud-Est, Les Andes, Amérique centrale). Les auteurs, travaillant avec 240 organisations et parties prenantes, concluent que

  • l’établissement d’un lien de confiance entre scientifique et décideur est primordial ;
  • les scénarios doivent être transparents, ceux visant un point précis sont les plus efficaces ;
  • les scénarios doivent être assez flexibles pour s’adapter mais assez crédible pour être utiles ;
  • les défis liés aux changements d’équipe gouvernementale ou dirigeante doivent être pris en compte et surmontés ;

Apport des jeux participatifs et des scénarios à la réponse sociétale au changement climatique

Les auteurs décrivent l’utilisation de jeux pour étudier les réponses d’acteurs sociaux à l’impact du changement climatique sur la production agricole dans un contexte rural en Afrique de l’Ouest. Les résultats suggèrent que des événements extrêmes ont une plus forte probabilité d’induire une réflexion plus profonde et déclencher des actions d’adaptation. Les auteurs soulignent que les risques doivent être liés aux conditions économiques pour être mieux pris en considération.

Session parallèle « 3303 – Decarbonizing Electricity/Electricity Transition »

Plus de 45 % des émissions de Co2 proviennent du secteur de l’électricité. La demande en énergie va doubler et en même temps, il faut diviser par 2 les émissions d’ici 2050.

Le secteur de l’Énergie représente 85% des émissions des USA, une transition est donc nécessaire. Il faut d’optimiser les bénéfices économiques et societaux (climat, santé,...) des différentes options d’énergies renouvelables. Utiliser les big data ou du moins de larges jeux de données temps réel, est très utile pour mesurer l’impact des interventions. Il faut par exemple regarder ensemble le CO2 et les polluants. Pour chaque énergie renouvelable regarder les bénéfices régionaux solution par solution produit des résultats parfois surprenants. Par exemple l’énergie solaire est plus efficace dans l’Arizona mais n’offre pas les meilleurs services sociétaux en Arizona. Optimiser la production d’énergie n’est donc pas systématiquement la meilleure option.

Session parallèle « 3321b – Health responses »

Adaptation au changement potentiel de site de production de larve du vecteur de la malaria

Les piliers de la lutte contre la malaria en Afrique sont le DDT, les moustiquaires et les antipaludéens. Ces approches sont notoirement insuffisantes.

Les auteurs proposent une évaluation de stratégies bio larvicides en complément. Les mares de production des moustiques sont identifiées par repérage satellitaire combiné à une confirmation naturaliste. Deux stratégies sont testées (50% des mares traitées, 100% des mares traitées) les deux approches s’avèrent effectives pour diminuer de façon importante la quantité de moustiques, la première étant moins coûteuse. Les effets sur l’extension de la malaria sont en cours d’évaluation.

L’effet de l’éducation sur la santé : l’exemple du développement de l’utilisation du biogaz en Éthiopie

Les auteurs rapportent une étude sur les effets de la mise en place d’installations de biogaz en Éthiopie. Ces installations permettant un apport énergétique à bon compte. Les populations concernées reçoivent ou non un enseignement sur les installations de production. Les auteurs concluent que la proximité entre l’installation et des habitations ainsi qu’un apprentissage de son utilisation sont souhaitables pour observer un effet positif significatif sur la santé de ces populations défavorisées.

Impact du changement climatique sur les maladies vectorielles en Méditerranée

Les auteur comparent et analysent les politiques de santé de plusieurs pays méditerranéens dans ce domaine (concernant notamment dengue, chikungunya, Malaria, fièvre du Nil occidental, leishmaniose).

Au-delà de la grande différence d’un pays à l’autre, les auteurs notent une faiblesse générale de l’effort d’éducation du publique, une faible collaboration transfrontalière et recommandent d’adopter une approche écosystémique, une gestion intégrée de vecteurs et une plus grande implication du public.

Une approche de la dualité vulnérabilité/résilience

Les auteurs décrivent des catégories de communautés humaines à haute ou basse vulnérabilité et à haute ou basse résilience. Pour l’aspect vulnérabilité, ils suggèrent que certaines communautés sont sur des territoires qui sont de longue date propres à être affectés par le réchauffement climatique, avec pour conséquence un impact négative pour la santé des populations concernées. Les auteurs suggèrent que cette situation de vulnérabilité pourrait-être équilibrée par une politique de renforcement des mesures permettant d’assurer une meilleur santé à la population concernée, aboutissant à une population fortement résiliente.

Session parallèle « 3326 – The Mediterranean Basin in a warmer and drier world : challenges and opportunities ».

La Méditerranée est un milieu encore plus vulnérable que d’autres régions marines : sensibilité aux sécheresses, aux vagues de chaleur, aux pluies intenses, milieu confiné, etc. Concernant le milieu marin, les questions d’acidification et de changement de la stratification verticale de la température sont exacerbées, et on peut craindre à terme (fin du siècle) un changement complet de la circulation thermohaline, et donc des écosystèmes marins, renforcé par l’augmentation des effluents d’origine humaine (activités et population en augmentation constante sur le littoral). 

Le programme de recherche MERMEX (composante de MISTRALS), en cours, pourra faire progresser l’étude de cette question.

L’observatoire des chênes de Haute Provence (O3HP) permet d’expérimenter sur des cas réels l’effet du stress hydrique sur les chênes.

Concernant les « leçons du passé », une étude très originale vient de débuter dans le Sud-Est de la France sur les capacités de résilience de l’agriculture pastorale depuis l’âge de bronze à partir de modèles calés sur les observations archéologiques et de proxys.

Session parallèle « 3330 – Facing climate change in sub-Saharan Africa »

D Lobell, USA, rappelle les effets du changement climatique, l’effet bénéfique du CO2 pour les rendements, mais l’augmentation de la température et les modifications de la pluviométrie qui conduisent à des impacts prévus négatifs dans l’ouest du Sahel. Des adaptations sont étudiées mais qui ne compenserons pas forcement ces effets. F. Affholder, CIRAD, analyse les contraintes sur le rendement dans cette région, notamment du millet, dont le rendement est aujourd’hui limité par les précipitations mais aussi fortement réduit par d’autres causes environnementales (nuisibles, nutritifs, mauvaises herbes) qu’il faudrait réduire pour accroître la sécurité alimentaire. C. Dardel, LSCE/CESBIO, indique que les observations satellitaires semblent démontrer que le Sahara ne progresse pas et que le Sahel « reverdit » sur les trois dernières décennies et discute ce paradoxe. Le changement climatique a aussi un impact sur la santé et les vecteurs de maladies, malaria, fièvre de la Vallée du Rift qui vont évoluer comme l’indique A. Morse, décroître ou augmenter en fonction des températures et des précipitations

Session parallèle 3338- « European Collaborative Research and Innovation for Climate Action »

Cette session a été l’occasion de présenter :

  • une approche stratégique pour les services climatiques dans H2020 (par A. Tilche, de la DG RTD de la Commission Européenne) visant à définir un agenda stratégique et une feuille de route pour les services climatiques en Europe ;
  • l’initiative de programmation conjointe sur le climat (JPI Climate) et l’Eranet sur les services climatiques ERA4CS par P. Monfray (ANR, France)
  • la communauté de la connaissance sur le climat (KIC-Climat) de l’institut européen de technologie (EIT), par B. Van Ee (Climate-KIC, UK) plus centré sur l’innovation et la formation dans les domaines de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique

Ces présentations ont permis de dresser un panorama assez complet du contexte des services climatiques en Europe et des recherches associées, dans lequel le service Copernicus Changement Climatique est appelé à jouer un rôle important qui a été souligné.’en est suivie une table ronde, au cours de laquelle , JP van Ypersele (vice-président du GIEC) a rappelé qu’il ne fallait pas oublier la recherche fondamentale sur le climat, qui devrait être la base de tout. Il se demande si on ne va pas un peu vite vers des services pilotés par les besoins des utilisateurs…

Side-event « monitoring atmospheric composition in a changing climate » coordonné par le CEPMMT

Le CEPMMT a réuni au ballon de Paris (sponsorisé par Generali) de nombreux invités pour ce side-event, principalement centré sur le service Copernicus-Atmosphère. Ce dernier a été présenté par son coordinateur Vincent-Henri Peuch, après que Jean Noel Thépaut ait montré une animation très instructive de toutes les observations utilisées depuis 1950 pour observer le climat. Jean Baptiste Renard du CNRS a ensuite présenté des moyens de mesure légers de la composition de l’atmosphère (particules et gaz) (LOAC), développés par le CNRS et pouvant être placés sur toutes sortes d’aéronefs, dont le ballon de Paris. Laurence Rouïl de l’INERIS a ensuite évoqué les liens entre changement climatique et qualité de l’air, en montrant que les efforts d’atténuation du changement climatique peuvent avoir des effets bénéfiques sur la qualité de l’air et donc sur la santé, pouvant justifier en grande partie les coûts de l’atténuation. Enfin un journaliste Jean Louis Caffier a évoqué le déphasage et le fossé, entre média et scientifiques sur le changement climatique et des efforts faits pour le réduire.

 

Retour sur quelques faits marquants de la journée du 8 juillet 2015 - Caractéristiques de notre destin commun

Séance plénière (9h00 – 10h30)

Karen O’Brien présente une conférence invitée portant sur les enjeux de la gestion des risques dans le contexte du changement climatique, résultat de l’aléa, de la vulnérabilité et l’exposition (groupe 2 du GIEC). La nature et l’intensité des risques dépend de l’augmentation de température et nous sommes donc dans un contexte incertain, à la fois en raison des incertitudes sur les scénarios, mais aussi en raison des incertitudes sur la dépendance des risques en fonction du changement climatique. Il faut néanmoins agir. Les capacités à s’adapter sont distribuées de façon inégales sur la planète, à la fois en raison de la variabilité géographique des risques, mais aussi de l’état de développement des pays.

Si on souhaite maintenir le changement climatique à l’intérieur d’une fourchette de hausse de 2°C, il faut avoir conscience que nous avons d’ores et déjà consommé 65% du budget carbone, ce qui implique qu’il faut laisser dans le sol 1/3 des ressources connues en pétrole, 1/2 de celles en gaz et 80% de celles de charbon. Mais pourtant, les pays limitrophe de l’océan Arctique se précipitent pour de la prospection sur les gisements d’hydrocarbure. C’est un problème de valeurs.

Mais le véritable risque est-il là quand on traite les enjeux d’adaptation par une réponse technique. Le véritable risque n’est-il pas de ne pas faire évoluer les hommes et leurs interactions. Ne faut-il pas faire évoluer les valeurs des croyances individuelles et partagées et ce à l’échelle mondiale ?

Nebojsa Nakicenovic s’intéresse à la conceptualisation de notre avenir : histoire et scénarios du futur changement climatique. Parmi les grands enjeux pour l’humanité, nous avons l’accès à l’énergie pour tous aux ressources et non pour seulement 50% de l’humanité, le changement climatique, la sécurité, les pollutions. Il note que dans les rapports du GIEC les observations d’émissions de gaz à effet de serre furent dans la fourchette haute des scénarios envisagés. Aujourd’hui nous n’avons plus le choix, pour maintenir la hausse des températures à 2°C, le pic d’émission de gaz à effet de serre doit se situer autour de 2020. Il montre la difficulté à inverser la tendance actuelle malgré les positions exprimées par l’Union Européenne, les USA et la Chine autour des INDC. Quelle est la réalité autour des émissions dites négatives comme la forestation, la captation ?

En conclusion, il doit y avoir un accès pour tous aux énergies modernes, il faut doubler l’efficacité énergétique, il faut doubler la part des énergies renouvelable.

Nobua Mimura, sous le titre « a weather ready world » insiste sur les mesures à prendre pour faire face à l’augmentation des événements extrêmes induits par le changement climatique. En faisant l’analogue avec la prévention du risque tsunami, il explique qu’il faut répartir les événements selon deux catégories. En premier lieu les événements majeurs, pour lesquels les mesures de précaution doivent se concentrer sur les mesures immédiates de mise en sécurité de la population et les autres événements pour lesquels les mesures peuvent être de nature technique, digue … Ainsi, on doit tendre vers une « weather ready society ». Plus le scénario climatique sera élevé, plus l’adaptation de la société aux risques sera difficile.

Ricarda Winkelmann introduit le concept de point de rupture dans la réponse du système Terre au changement climatique. Ces points de rupture proviennent d’une réponse fortement non linéaire aux forcings. Par exemple on peut citer la déstabilisation de la calotte glaciaire de l’Antarctique de l’Ouest qui pourrait conduire à une hausse du niveau des mers de 1 m, la fonte de la calotte du Groenland, qui une fois enclenchée ne peut que s’accélérer en raison de la baisse de l’altitude du plateau associée à la fonte, ou encore l’arrêt de la circulation thermohaline, la formation des eaux profondes en mer du Groenland et en mer de Norvège étant inhibée par l’apport massif d’eau douce provenant de la fonte du Groenland.

Elle insiste ensuite sur les possibles couplages qui peuvent exister entre ces points de rupture, sujet actif de recherche actuellement. Elle estime que la fonte de la calotte du Groenland qui induit une hausse du niveau des mers de 7 m, se produira si la hausse des températures atteint une valeur correspondant à un point de basculement qui en l’état des connaissances actuelles se situe dans une fourchette entre 0,8°C et 3,2°C, alors que si on ne fait rien pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (scénario « business as usual »), nous aurons un réchauffement de l’ordre de 5°C à la fin du siècle. On a probablement d’ores et déjà atteint un point de non-retour, la question étant la vitesse de cette fonte et non plus son existence, ainsi 2°C n’est pas forcément le bon seuil de sécurité : il peut être plus bas.

Paul Leadley présente des résultats portant sur l’impact du changement climatique sur la biodiversité. De nombreux organismes sont d’ores et déjà affectés avec des déplacements des espèces. Par exemple le plus rapide concerne le phytoplancton dont les espèces peuvent remonter vers le Nord d’environ 400 km par décennie, induisant par là même une perturbation de toute la chaîne trophique.

Le scénario « business as usual » doit absolument être évité pour préserver la biodiversité dans les océans, mais aussi les services écosystémiques. Il faut avoir une vision scientifique commune (Future Earth, GIEC/IPBES).

Carol Le Quere expose la complexité du cycle du carbone dans le système Terre associée à de nombreuses boucles de rétroaction, incluant le vivant sur terre et dans les mers. Elle rappelle que le CO2 a passé en 2012 le plafond de 400 ppm (sans précédent depuis 800000 ans). Pour un scénario 2°C il faut intégrer les feedback sur le cycle du carbone et les adaptations comme la captation. Nous avons des analogies pour ce scénario avec les périodes passées. Pour le scénario 8.5 ce n’est pas le cas et nous ne connaissons pas le cycle du carbone dans ce scénario ni les impacts sur le climat

Shobhakar Dhakal présente le rôle des villes dans les émissions des gaz à effet de serre, comprenant les aspects physiques, économiques et sociaux. Il rappelle qu’à l’échelle de la planète nous assistons à la fois à une augmentation de la population et une concentration dans les villes. En 2050, nous devrions avoir 6 milliards d’individus vivant en ville contre 4 aujourd’hui. Il y a donc une forte demande pour déployer des infrastructures en ville, ce qui est un enjeu important pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.

La table ronde aborde plusieurs points. Ainsi Johan Rockström explique que le seuil de 2°C correspond à préserver un climat de type de celui de l’holocène, qui a rassemblé les conditions favorables pour le développement de l’humanité. Luis Carril insiste sur le changement de paradigme qui a fait passer de « our common future » à « our common future under climate change ». La notion même de développement durable est alors dépassée. Nous ne voulons pas de la résilience au changement climatique mais de la résistance contre le changement climatique. Alexandra Gavilano note que le terme de résilience, bien que scientifiquement bien défini, est souvent mal utilisé par les politiques de par sa connotation positive. Elle insiste sur le volet social de la résilience souvent insuffisamment pris en compte.

Session parallèle « L2.1 – Drivers of change and visions of development »

Jiang Kejun, senior researcher at the energy research institute in China (has been working on energy policies supporting climate mitigation) briefly reviewed IPCC AR5 scenarios and their implications for China. He explained that China’s low carbon future within the 2 degree scenario would imply reaching C02 emission peak before 2025 and bringing these emissions down to 2000 levels by 2050 (i.e. to approx. 3000 Mt-CO2 per year). He laid stress on plans to introduce carbon pricing in China in the short term. He hinted on China’s low carbon policies : economic structure optimization policies, energy efficiency policies, renewable energy / nuclear power generation oriented policies, land use emission reduction policies.

He lingered on the Chinese government efforts to boost nuclear, hydro and wind powers in order to meet rising energy demands (estimated for China at 10 000 TWh in 2050 — as compared to 1 000 TWh in 2000). He highlighted 2020-2050 scenarios for SO2, NOx, black carbon, mercury and PM2.5 emissions, for which drastic reductions are required (implying for China substantial mitigation costs).

Narasimha Rao, research scholar at the International institute for applied systems analysis elaborated on Climate and development “conflict” ? Asking the right questions. He insisted on the need for synergies and trade-offs to be built in order to reconcile development and climate mitigation policies. He focused on consumption patterns as correlated with rising income and on the distribution of energy-intensive consumption across populations

He presented various research results illustrating the fact that consumption patterns differ significantly from one country to another and are likely to remain so. Smart climate policies need therefore be adapted to the local context.

The panel discussion was on emphasis on justice, intergenerational justice, on the need to support local communities so that they can come up with diverse solutions to climate change and build resilience.

Session parallèle « L2.2 – New pledges (INDCs) for 2025-2030 »

En prévision de la Cop 21, 19 pays ont déclaré leur prévision de baisse de leurs émissions de gaz à effet de serre. Les émissions de ces pays représentent 55% des émissions totales. C’est insuffisant pour atteindre les 2 degrés. La Chine notamment reste très en dessous des engagements nécessaires. En effet, elle prévoit d’atteindre son pic d’émission de CO2 en 2030 alors qu’il faudrait l’atteindre dès 2025.

Philippe Ciais a conclu en rappelant que le système Terre est une formidable machine à transformer le CO2. Il absorbe et transforme 55% de nos émissions en moyenne. Nous devons approfondir nos connaissances sur son fonctionnement pour tirer le meilleur parti de ce système et diminuer ainsi la part CO2 qui reste dans l’atmosphère.

Session parallèle « L2.4 - Early Warning for Thresholds and Tipping Points in the Earth System »

T. Lenton, Royaume uni, introduit le sujet sur la variabilité et les équilibre instables, le changement de régime climatique due à une petite impulsion, notamment avec des exemples du passé. Après discussion sur la mise en évidence de précurseurs, il présente la modélisation des ruptures. R. Winkelmann (voir séance plénière) montre l’instabilité de la calotte antarctique, l’ouest étant vraisemblablement déstabilisée, l’est potentiellement instable. L’impact sur le niveau des océans pour les siècles à venir peut être important. M. Hirota, Brésil conceptualise les ruptures pour les écosystèmes tropicaux et les basculements entre prairie, savane et système forestiers en fonction de la couverture, de la gestion, des feux et des précipitions. Effects of climate change and other driver of global changes on biodiversity C. Bellard, Université Paris Sud, présente l’extinction d’espèces à l’holocène (serait-ce la 6ème extinction massive des espèces vivantes ?) et les causes : pertes de l’habitat, surexploitation, espèces invasives et changement climatique et leurs combinaisons et la construction d’un index de stress sur la biodiversité.

Session parallèle « 2203 – Defining dangerous climate change : Contrinutions from the AR5 « Key Risks » and « Reasons for Concern » frameworks and future directions »

Cette session s’appuie sur les travaux réalisés dans le cadre du GIEC sur l’identification des risques clés. Elle en a retracé les fondements, nécessitant de prendre en considération les interactions avec la société, en les répartissant en fonction des secteurs d’activité et des régions du monde. Les « motifs de préoccupation » (reasons for concern ») sont également étudiés aux différentes échelles jusqu’à l’échelle locale et sont utilisés comme outil dans la classification. La méthodologie employée n’est pas une science exacte et peut être sujette à des améliorations.

Dans les perspectives, il a été suggéré d’introduire plus explicitement l’agriculture et les moyens de subsistance dans le champ des préoccupations, et pas seulement les écosystèmes, de même qu’une meilleure définition des niveaux de risques. Par ailleurs la discussion est revenue sur le seuil de température moyenne à ne pas dépasser si on veut minimiser les risques, et sur le fait que le seuil de 1.5 °C paraîtrait objectivement plus pertinent vis à vis des risques pressentis que le seuil de 2°C qui a été choisi dans les négociations.

Session parallèle « 2207 – Ocean change : Understanding and projecting the impacts of warming and acidification on natural and human systems »

Cette session est la poursuite d’une grande session parallèle du premier jour sur l’Océan.

Les grands enjeux écologiques pour la vie dans un océan en évolution rapide ont été retracés. Puis les apports d’une approche par grandes régions types basées sur la productivité biologique et l’océanographie ont été montrés. Plusieurs résultats de recherches très intéressants et pour certains alarmant ont ensuite été montrés concernant les limites d’adaptabilité de plusieurs espèces en fonction de la température et du PH, dont les coraux et la micro-flore associée. L’intérêt des ptéropodes comme espèce sentinelle vis à vis de l’acidification de l’océan a aussi été montré.

Enfin la session s’est terminée par un playdoyer argumenté de C. Turley (Plymouth Lab) pour que l’océan et son acidification soient explicitement pris en compte dans les négociations des Nations Unies sur le changement climatique (en particulier en raison de l’article 2 de l’UNFCC).

Session parallèle « 2208 – Deep sea ecosystem and climate change : new perspectives to address knowledge gaps in impact assesment ».

Lisa Levin (Scripps Inst.) présente la situation sur le sujet. Les moyens technologiques d’exploration des grands fonds se sont considérablement développés, ce qui a permis de mettre en évidence une biodiversité insoupçonnée, en interaction avec les écosystèmes moins profonds ou de surface. On constate que l’on a commencé à détériorer la biodiversité dans les grands fonds, qui est sensible comme ailleurs dans l’océan au CO2 à l’acidification et à la désoxygénation. On peut démontrer l’extension horizontale et verticale des OMZ (oxygen minimum zone entre 200 et 700m), ce qui provoque une compression des habitats, avec une incidence sur les populations de poissons. Il y aura par ailleurs un risque cumulatif avec les activités humaines qui pourraient se développer à ces profondeurs, en lien avec la demande croissante en nourriture, en énergie fossile ou en minéraux. Il y a un fort besoin de développer des réseaux d’observation, ainsi qu’une approche holistique de la gestion environnementale des océans, incluant les grands fonds.

Session parallèle « 2211 – Transformative pathways to sustain marine ecosystems and their service under climate change ».

M. Barange fait le bilan de la conférence internationale sur les impacts du climat sur les océans (23-27/3/2015) :

  • la principale incertitude des modèles vient de la représentation des upwellings
  • « precaution is managing risks, not reducing them »
  • communiquer sur des images non menaçantes

Les exposés suivants rappellent et renforcent les principaux résultats du rapport AR5 :

  • Etude de la résilience des stocks de pêche à partir de modèle (« dynamic bioclimate enveloppe models ») : le scénario RCP8.5 donne 80% de chance d’une diminution irréversible des prises supérieure à 5% en 2050, en particulier dans les Tropiques ; le scénario 2.6 prévoit la possibilité de reconstituer les stocks (avec du management de l’effort de pêche) dans les moyennes et hautes latitudes, et en partie dans les zones tropicales.
  • Etude d’intercomparaison des modèles d’écosystèmes marins (MAREMIP), en comparant avec les observations du satellite SEAWIFS, à partir de 4 modèles (force et dates du bloom de printemps) : les distributions simulées sont comparables, mais avec des mécanismes différents. Les défis à relever sont la haute résolution spatiale des modèles (zones d’upwelling et bords ouest des océans), l’importance de la modélisation de la phénologie (amplification des erreurs), le besoin d’un système global d’observation du zooplancton (y compris par moyens spatiaux comme les lidars à rétrodiffusion).
  • Etude des pêcheries traditionnelles dans les zones tropicales par rapport aux réglementations internationales émergentes (représentativité des instances internationales en question).
  • Etude de la pêche au thon en haute mer (par CLS) : les modèles indiquent qu’on aura une migration vers le NE dans le Pacifique, donc vers les eaux internationales, ce qui empêchera un contrôle effectif des prises, alors que les variations en oxygène et en stratification thermique de l’océan faciliteront celles-ci.
  • En conclusion, la société amplifie les tendances négatives, la principale inconnue étant l’intensité de la pêche dans le futur, en particulier si les contrôles deviennent plus difficiles.

Session parallèle « 2211 – Climate change in mountains : from impacts to resilience »

Participants emphasized key features of mountains as unique environments : high levels of biodiversity, sharp ecological gradients, large resource base for water (mountains are the source of more than half the world rivers), plants and minerals.

Stress was laid on the need to foster cross-disciplinary dialog among scientists and key stakeholders and policymakers in order to sustainability of mountain societies and environments.

Key questions raised : how does climate change impact the occurrence of mountain hazards ? How may local communities address local changes (in snow conditions, rainfall patterns, frequency/intensity of mountain hazards, vegetation, etc.) induced by global change ? How to enhance resilience of mountain ecosystem services so that upland and lowland populations may continue to benefit from the services provided by the mountains ?

It was highlighted the recent creation of an international network of mountain scientists and stakeholders from more than 50 countries devoted to share knowledge and foster sustainability : the mountain sentinels network (mountainsentinels.org), aimed at promoting international, transdisciplinary approaches linking science with policy and practice.

Partial results of case studies led in Peru, western Himalaya and the French Alps were presented, showing projected CC impacts on mountain environments (local temperature increase, loss of glaciers, changes in rainfall seasonality, decrease in water storage, reduced snow cover duration, increased risks of avalanches and floods, etc.) and local adaptation responses to CC (e.g. construction of micro water reservoirs in the central Andes to address fresh water shortage).

Session parallèle « 2211 – Global scénarios of land use change and land based mitigation and their importance in the climate system »

Les émissions de Co2 sont réparties comme suit :

  • 45 % sont rejetés dans l’atmosphère ;
  • 29% sont absorbes par la surface notamment la végétation ;
  • 26% par l’océan.

Les mesures préconisées dans cette session sont :

  • Arrêter la déforestation ;
  • Replanter les forêts et gérer les forêts.

Une étude sur le comportement des fermiers face au risque montre que leur aversion aux risques naturels induit une baisse de 245 $ par foyer.

Session parallèle « 2233 – Climate Change Adaptation and Disaster Risk Reduction International and Urban approaches »

Les interventions mettent en regard sur 3 situations concrètes les politiques et actions développées pour l’adaptation au changement climatique et celles concernant la gestion des risques ou le développement durable. Il s’agit ici d’insister sur le caractère indispensable d’intégrer le changement climatique dans les politiques œuvrant au quotidien (prévention et gestion des risques, maintien des ressources des individus) alors que celui-ci était considéré jusqu’alors comme une perspective lointaine hors de leurs champs. Les trois cas présentés sont l’activité des fermiers au Bangladesh, une municipalité aux Philippines, et une vallée autrichienne. Cette mise en perspective est ainsi mise en exergue dans les situations qui sont déjà critiques que ce soit en terme d’exposition, de pauvreté ou de déclin démographique et concerne autant les pays développés que les pays en développement. On peut remarquer que les autorités qui portent ici l’accompagnement sont des collectivités locales.

Trois autres interventions plus institutionnelles (Croix Rouge, JRC, consortium de recherche proposant une plateforme de partage entre les communautés « changement climatique » et « gestion des risques ») proposent des outils méthodologiques et d’appui pour ces politiques locales.

Session parallèle « 2234 – Building Resilience to Climate and Weather Extremes : Sustainable Solutions Grounded in Socio-Cultural Context »

Cette session trace plusieurs travaux qui cherchent à mettre en évidence les conséquences des événements extrêmes liés au changement climatique sur les populations, en particulier celles déjà défavorisées, et discute les conditions de la résilience. Un premier travail insiste sur l’injustice à voir l’impact le plus grand sur des populations qui, par leur situation, sont celles dont les contributions à l’effet de serre sont très faibles ; déjà soumises à de fortes incertitudes quant à leur avenir, le changement climatique ne fait qu’ajouter aux questionnements sur les solutions de résilience qui peuvent être proposées à ces populations déjà fragiles. Une étude épidémiologique de l’Université du Massachussets soutenue par Yale et Harvard trace le lien entre les épisodes d’El Nino et le développement des enfants de plusieurs Etats du Mexique. La Royal Society britannique présente ses travaux sur la résilience aux événements extrêmes en remarquant le potentiel de désagrégation sociale qu’ils peuvent porter quant à leurs conséquences à long terme. Les débats de cette session portent une interrogation sur les limites de la résilience qui pourraient être atteintes dans des communautés déjà soumises à de nombreux chocs adverses par ailleurs.

Session parallèle « 2239 - Co-production of knowledge : How to interact to produce climate adaptation research, between scientific communities and stakeholders, at local or international, also between North and South countries ? »

Entre 60 et 70 personnes pour cette session organisée par le MEDDE et le programme gestion des impacts du changement climatique (GICC) avec la participation du docteur Huq, Bangladesh, et du professeur Dessai, université de Leeds.

De bonnes présentations sur l’implication ou la « co-production » des parties prenantes dans la recherche d’adaptation et d’atténuation notamment de Robin Reid de l’université du Colorado qui a présenté une méthodologie par étape pour cette coproduction de connaissance. Des présentations ont aussi porté sur une initiative sud-américaine et sur les politiques publiques au Bangladesh.

Session parallèle « 2241 - New representations and new frames for the climate change debate »

Invitée principale Sheila Jasanoff Harvard Kennedy School, Cambridge, United States of America) sur l’équité face au changement climatique. Amy Dahan, EHESS / CNRS, a présenté son travail d’analyse sur les négociations internationales et propose de modifier la façon d’aborder le sujet : du management au politique, décompartimenter le problème du climat, …, Maud Deves, SciencePo, a présenté le projet dirigé par B Latour « Politiques de la Terre à l’épreuve de l’anthropocène », projet qui démarre et a été sélectionné par Sorbonne Paris Cité

Session parallèle « 4418a - Information for decision-making - How to engage in future thinking or plan for the long term »

L’information pour la prise de décision : Une plus grande prise de conscience et une augmentation de la capacité de résilience sont nécessaires à la gestion des menaces et risques liés au changement climatique. L’intégration d’une masse de données énorme doit être menée à bien dans l’urgence afin de transformer avec succès les réponses individuelles et institutionnelles. Divers exemples sont présentés lors de la cession, mettant particulièrement en relief l’importance de stratégies proactives de réponses rapides par rapport à l’adaptation au changement climatique.

Approche scientifique pour la prise de décision sur les questions de sûreté liées à l’eau : Les investissements dans les services écosystémiques liés à l’eau (Investments in watershed IWS) sont à la fois nécessaires et très intéressants lors de l’adaptation au changement climatique. Cependant leur mise en place est obérée par la difficulté à passer des données scientifiques aux applications pratiques. La partie risque est souvent surestimée par rapport à la partie nouvelles opportunités dans les analyses. Les auteurs soulignent l’importance de lier la production de services écosystémiques avec un processus itératif entre recherche et application.

Système d’alerte précoce : Ces systèmes d’alerte sont à l’heure actuelle dans les pays en voie de développements relativement inefficaces car non coordonnés, avec une échelle et un temps de réponse peu appropriés. Au travers d’entretiens avec les populations défavorisées soumises aux risques (inondation notamment) plusieurs possibilités d’amélioration ont été identifiées. Les auteurs concluent que l’accès aux informations climatiques est une liberté et un droit au bien-être.

Dimension personnelle de l’adaptation au changement climatique : Présentation concernant des interviews (Canada & Australie) sur la vision individuelle du changement climatique Les auteurs soulignent que même pour des individus présentant un haut niveau d’éducation il apparaît difficile d’imaginer des changements sociétaux importants liés au changement climatique, qu’il s’agisse de mesures d’adaptation ou de mesures d’atténuation.

Les centres de synthèse un outil du futur : Les centres de synthèse sont des lieux de réflexion entre spécialistes sur les questions du changement climatique. Il existe une douzaine de ces centres de par le monde (cesab en France), avec des objectifs d’excellence et de connaissance dans de nombreuses disciplines (différentes disciplines d’un centre à l’autre). Ces centres travaillent en réseaux, la question traitée est ici comment utiliser le déluge de données sur le climat auquel nous sommes soumis pour arriver au travers d’une analyse multidisciplinaire à une prise de décision basée sur la sagesse ?

 

Retour sur quelques faits marquants de la journée du 7 juillet 2015

Séance d’ouverture (9h00 – 10h30)

Le maître de cérémonie, Jean Jouzel, président du haut comité, a ouvert ouvre la séance en remerciant tous les soutiens reçus, dont celui du MEDDE qui a été un des tout premier partenaires à soutenir la conférence à l’automne 2014 en s’engageant à hauteur de 60 k€, suivant la volonté exprimée de la Ministre de faire de cet événement un succès et une étape majeure de la mobilisation de la communauté scientifique, 6 mois avant la tenue de la COP 21.

Hervé Le Treut, directeur de l’institut Pierre-Simon Laplace, membre de l’Académie des sciences, président du comité d’organisation de la conférence a rappelé qu’à l’origine de la conférence se tenait un petit groupe d’une dizaine de personnes, dont le président du comité scientifique Chris Field associant une équipe pluridisciplinaire. Le projet de conférence a connu une ambition sans cesse renouvelée compte rendu de l’ampleur de la réponse des communautés scientifiques concernées.

On peut noter deux phases dans l’interpellation par le GIEC des politiques et de la société civile. La première dans les années 80 et 90 est une phase de lanceur d’alerte. La deuxième dans les années 2000 : une partie du changement climatique est inévitable, il faut donc mettre en place des mesures d’adaptation prenant en compte tous les compartiments et faisant appels à de nombreuses disciplines sociologie, géopolitique, biodiversité… Les nécessaires mesures d’atténuations font appel aux mêmes disciplines, nous souhaitons, et le programme a été conçu en ce sens, que la conférence permette d’aborder ces différents plans.

La conférence s’appuie bien sur les travaux du GIEC et notamment sur son dernier rapport qui est « policy relevant », mais elle va au-delà et s’inscrit dans la préparation de la COP21 par son programme et sa capacité à mobiliser, notamment au travers des 75 « side events » tenus à travers le monde.

Elle illustre que la recherche fondamentale est essentielle pour construire le fondement des politiques publiques, mais aussi pour construire l’agenda des solutions.

La directrice générale adjointe de l’UNESCO pour les sciences de la nature Flavia Schlegel et le secrétaire général de l’organisation météorologique mondiale, Michel Jarraud, ont rappelé l’implication de leurs organisations dans l’observation du système Terre et la recherche afférente, ainsi que dans la nécessaire contribution à l’éducation. La science fait partie intégrante des négociations par l’éclairage apporté. Le système mondial d’observation du climat est la clé de voute du progrès des connaissances sur le climat. La modélisation à l’échelle régionale est un enjeu du moment. Nous devons aussi aider les pays en développement sur le plan scientifique et de l’éducation.

Michel Jarraud a aussi alerté sur le risque qu’il y aurait à utiliser l’argument de possibles, mais incertaines et risquées, géo-ingénieries pour repousser des nécessaires décisions sur les limitations des émissions des gaz à effets de serre.

Pour conclure cette séance, deux interventions de représentants du Gouvernement français ont été très bien reçues par l’assistance, selon les réactions entendues.

La ministre de l’éducation nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche Najat Valaud-Belkacem est intervenue avec un discours plein d’émotion sur les enjeux pour la planète et l’humanité de voir la COP21 se conclure par un succès. La conscience écologique est le devenir de l’humanité. Nous savons donc nous devons agir. L’Éducation nationale a une mission d’éducation à l’environnement et au changement climatique.

La ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Ségolène Royal, est ensuite intervenue avec un discours volontariste à la fois pour appeler à un succès de la COP21, mais sans la science pas de COP 21, et pour illustrer le champ des possibles avec l’agenda des solutions : « on a gagné la bataille des idées, il faut maintenant gagner la bataille de l’action ». Nous devons vivre des changements de paradigmes : l’action pour les transitions est une opportunité d’innovation ; la nature n’est pas une externalité.

Les deux ministres ont rappelé l’importance de la recherche pour la définition et la mise en œuvre des politiques publiques.

Première séance plénière 11h00-13h00, animée par Gordon McBean président de l’ICSU

Thomas Stocker du GIEC a rappelé les principaux résultats documentés dans le cinquième rapport en rappelant des faits observés et, en fonctions des scénarios économiques, les perspectives connues d’évolution du climat et notamment l’irréversibilité du changement. Pour rester en deçà d’une hausse de 2°C, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70% d’ici à 2050. En conclusion, il y a urgence à agir !

Sandrine Bony de l’IPSL a indiqué les principaux sujets de recherche fondamentale tels qu’ils ont été priorisés par le programme mondial de recherche sur le climat. Ces recherches doivent répondre aux enjeux : prévision décennale, fontes des glaces, hausse du niveau des mers, disponibilité de la ressource en eau, extrêmes climatiques, sensibilité à la couverture nuageuse. Les équipes scientifiques sont engagées dans l’exercice mondial CMIP6 de modélisation du climat du XXIème siècle.

Plusieurs illustrations ont été fournies par les intervenants suivants, comme :

  • Vladimir Kattov rappelle le rôle de l’Arctique, à la fois sur la fonte des glaces associées à la hausse du niveau des mers, la possible amplification du changement climatique liée à la fonte du permafrost, l’impact économique d’un océan arctique libre de glace ou le rôle de l’arctique dans les phénomènes météorologiques à fort impact.
  • Camille Parmessan illustre l’impact du changement climatique sur la biodiversité, avec en effet direct les espèces montagneuses susceptibles de disparaître ou encore l’impact sur les écosystèmes en raison des changements de phase temporels, par exemple pour les températures qui peuvent ainsi perturber la chaîne trophique. Par décennie, le déplacement observé des espèces est de 17 km par décennie et de 75 km en mer du Nord.
  • Michael Grubb rappelle la forte corrélation observée entre utilisation de l’énergie et le PIB. Comment décorréler ?
  • Maarten Van Aalst met en évidence des similitudes et synergies entre réduction des risques, vulnérabilité et adaptation.
  • Virginie Duvat-Magnan insiste sur le risque de « maladaptation » : 82% des atolls coralliques peuvent s’adapter naturellement à une hausse des niveaux des mers, si les coraux demeurent en bonne santé. Des protections par digues pourraient être nuisibles.

Session parallèle « L1.2 - Climate change and Land Systems : Impacts and feedbacks »

S. Seneviratne (ETH, Zurich) a rappelé que dans les projections climatiques le réchauffement des surfaces terrestres est plus élevé que pour la moyenne du globe (par exemple de 5 à 7 °C sur les Terres, pour un réchauffement de 4°C en température moyenne globale, dans le scénario RP8.5, et que les vagues de chaleurs de plus de 20 jours seraient plus chaudes de 7 à 9 °C sur les continents).

Les surfaces terrestres rétroagissent également sur le changement climatique, par exemple via les changements d’albédo. Il a été montré que les effets des sécheresses et des vagues de chaleur se renforcent.

C. Dalin (LSE, London) a évoqué les liens entre eau-énergie-alimentation par rapport au climat, et la nécessité de prendre en compte ces liens dans une approche intégrée à de multiples échelles de temps et d’espace, si l’on souhaite gérer ces ressources de façon durable.

D. Gerben (PIC, Postdam) est revenu sur la notion de limite planétaire concernant l’eau douce Celle-ci initialement estimée à 4000 km3/an pourrait être recalculée entre 1600 et 2500 KM3/an, ce pourrait vouloir dire que cette limite a déjà été transgressée.

J. Pongratz (MPI, Hambourg) a résumé les impacts du changement d’utilisation des sols sur le climat ainsi que leurs effets bio-géophysiques. 0.8 PgC/an d’émissions carbone seraient ainsi causées par ces changements.

L. Mercado (Un. Of Exeter) a évoqué certaines rétroactions du cycle du carbone terrestre sur le climat, dont plus particulièrement l’acclimatation thermique de la photosynthèse aux aérosols et aux nuages.

Enfin W. Cramer (IMBE, Marseille) est revenu sur les impacts globaux du changement climatiques sur la biodiversité terrestre et les services écosystémiques. Il a rappelé que les changements dans la biosphère sont omniprésents partout et que les services écosystémiques peuvent être évalués à 145 trillons de $ par an. Une modélisation combinée de l’usage des sols et des écosystèmes devrait être la clé pour des projections des services écosystémiques jusqu’en 2040.

Session parallèle « L1.3 - Climate change and the Ocean »

Les principaux points de vigilance concernent l’échauffement des océans, leur acidification et la baisse de la concentration en oxygène.

Ceci accroît la vulnérabilité des écosystèmes comme ceux autour de la banquise en été ou encore les récifs coralliens. La conjonction des trois points rappelés ci-dessus pourrait conduire à une baisse de 70% de la ressource halieutique.

Session parallèle « L1.4 - Climate change and health »

Sir David King, représentant permanent pour le changement climatique auprès du « foreign office » britannique, présente les travaux sur l’évaluation des risques liés au changement climatique qui seront publiés le 13 juillet. L’évaluation de l’impact du changement climatique doit partir des pires scénarios, seuls à même de révéler des impacts significatifs et de mobiliser les politiques ; la mortalité suite à la canicule en Inde et au Pakistan, pays de chaleurs, témoigne des stress à venir.

Nick Watts et Maria Neira respectivement de la « Lancet Commission on Health and Climate Change » du journal médical « The Lancet » et de l’OMS montre les gains réciproques des mesures « climat » et « santé ». Nick Watts insiste sur la fait que le défi santé du siècle, c’est le changement climatique qui est catastrophique pour la survie humaine et pourrait effacer les progrès des 50 dernières années en santé. L’OMS pointe que là où sont les enjeux climat, là sont les enjeux santé. Par exemple en habitat, la cuisson et le chauffage au bois sont un problème d’énergie mais aussi un de qualité de l’air intérieur. L’OMS souhaite que la santé soit dans le cœur de l’Accord de Paris.

L’Accord de Paris doit être un point de départ, on ne peut plus attendre.

Session parallèle « L1.5 - Climate variability, change and vulnerability in the Pacific, Indian and Southern Oceans ».

L’invité majeur était Michael McPhaden (NOAA).

Quel est l’impact du changement climatique sur El Nino qui est un couplage majeur entre l’océan et l’atmosphère, sur le dipôle de l’océan indien (mousson dans la région la plus peuplée du monde), sur l’océan antarctique et sur la zone de convergence du sud Pacifique ?

Pour El Nino, il n’y a pas encore d’impact visible. Mais il est attendu un doublement de l’intensité des événements à la fin du siècle. On a besoin de recueillir plus d’informations sur l’Antarctique.

Il y a une augmentation des précipitations sur les zones de convergences, liée à l’intensification de la cellule de Hadley

Session parallèle 1105 « Assessing climate Observations »

Cette session animée par Jean Louis Fellous (COSPAR, Paris) avec le soutien de Carolin Richter (Directrice du GCOS) a porté sur les observations nécessaires du Climat, tant depuis l’espace qu’in-situ.

Stephen Briggs (ESA, Harwell, UK) a rappelé l’importance des systèmes d’observations depuis l’espace pour le climat, en particulier à l’aide des satellites développés et opérés par l’ESA, dont les satellites Sentinelles du programme européen Copernicus.

Parmi les variables climatiques essentielles (ECV) définies par le Group on Climate Observation Systems (GCOS), une proportion importante peut être observée depuis l’espace et un programme de travail a été discuté entre le CEOS (Committee on Earth Observation Satellites) et le GCOS. L’initiative sur le Changement Climatique de l’ESA y contribue tout particulièrement. Des exemples ont été montrés, allant entre autre de la surveillance des glaciers de l’antarctique, aux albédos de surface, en passant par les variations de hauteurs de l’océan reliées à sa dynamique, et les concentrations de certains gaz à effet de serre.
C. Baker de la NOAA a ensuite récapitulé où nous en sommes et vers où nous devrions aller concernant les systèmes d’observation in-situ du climat.

Enfin Anny Cazenave (CNES-CNRS/LEGOS) a montré au cours d’un exposé passionnant en quoi le niveau moyen de la mer constitue une variable climatique essentielle à observer, car il apporte une vision intégrée des changements en cours utile au suivi du climat et à la validation des modèles. L’observation actuelle est de 3.3 +- 0.4 mm/an, qui peut être décomposée en une somme de contributions fonte des glaciers Antarctique, Groenland et autres continents, dilatation, apport des fleuves) qui peuvent également être déduites des observations et dont la somme permet de reconstituer jusqu’à 88% de cette élévation.

Session parallèle 1107 – Sea level rise and ice sheets

Anny Cazenave a rappelé que le déséquilibre thermique mesuré au sommet de l’atmosphère est expliqué par une absorption de chaleur par les océans et par la fonte des glaces, d’abord les glaciers continentaux puis les calottes du Groenland et de l’Antarctique de l’Ouest.

Andrew Shepherd mentionne l’accélération de la fonte des glaces du Groenland et nous sommes probablement face à un événement irréversible associé à un point de rupture qui pourrait se situer dans une plage de 2 à 4°C, l’incertitude provenant de la complexité des écoulements glaciaires avec par exemple l’infiltration d’eau provenant de la fonte des glaces superficielles induisant une meilleure lubrification au contact entre la glace et le sol.

Session parallèle 1118 (a) - Attribution of extreme events : How are high impact extreme events changing and why ?

F Zwiers parle de la sécheresse en 2013 en Chine. 53% de la population est urbaine. 1/3 du réchauffement est attribué au développement urbain. Wolfgang Cramer présente la méthodologie et le guide établi dans le groupe 2 du GIEC pour traiter l’attribution. Peter Stott présente les résultats du projet européen Eucléia et des précipitations extrêmes de l’hiver 2013/2014 dans le sud du Royaume Uni.

Session parallèle 2229 - Cities and their environments : Assessing Climate Change Impacts, Adaptation and Mitigation strategies across scales from rural to urban

La session portait sur la question de l’échelle territoriale de diagnostic et d’action, du rural à l’urbain :

  • sur le rural d’une part. Alors même que le milieu urbain est au cœur des discussions sur l’adaptation au changement climatique, le milieu rural occupe une position particulière qui appelle à un diagnostic et à la recherche de politiques qui lui soient propres à côté du sujet agricole ou urbain. Le milieu rural n’est pas seulement d’être l’inverse de la ville ou son espace résiduel, même si sa situation est en interdépendance voire dans une grande dépendance vis-à-vis de l’urbain. On notera également que la notion de milieu rural couvre une grande variété de situations suivant les pays. Il faut ainsi bien penser que des petites villes relèvent du rural.
  • sur l’urbain d’autre part avec plusieurs travaux de modélisation pour typer les villes et analyser la sensibilité de différents facteurs urbain par rapport au changement climatique : forme, densité, place de la végétation dans la ville, transport. De façon un peu ponctuel, un chercheur de Montréal a présenté un argumentaire pour le passage à la couleur blanche de tous les toits, voire des trottoirs et de toutes les surfaces artificielle.

 

Retour sur les faits marquants de la soirée du 6 juillet 2015

Les organismes impliqués dans la conférence, notamment du réseau scientifique et technique, sont intervenus pour illustrer leur implication dans la conférence.

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Voir aussi

A retenir :

  • 2000 participants, 100 pays
  • 160 sessions en parallèle
  • 75 sideevents
  • Le ministère a soutenu financièrement la conférence
  • Le Commissariat général au développement durable a organisé 2 sessions (Copernicus, sciences participatives)
  • Le Commissariat général au développement durable va accompagner les scientifiques pour une valorisation de la conférence

Messages clés :

  • 2015 sera l’année la plus chaude depuis la 1re révolution industrielle
  • La concentration de gaz à effet de serre a dépassé les 400 ppm
  • Il faudrait réduire les émissions de 40 à 70% d’ici 2050 pour rester sous les 2°
  • Les calotte glaciaires fondent plus vite qu’on ne le pensait
  • La hausse du niveau des mers s’accélère (3 mm/an)
  • L’océan se réchauffe, s’acidifie et la teneur en oxygène diminue
  • Migration d’organismes (phytoplancton) qui perturbe la chaine trophique
     

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