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Émissions de gaz à effet de serre (Monde, Europe, France)

7 août 2013 - Énergie, Air et Climat
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Sommaire :


Part et évolution des secteurs

22 septembre 2009 (mis à jour le 17 avril 2014)

La plupart des activités humaines (transports, industries, agriculture…) rejettent des gaz à effet de serre (CO2, N2O, CH4, HFC, PFC, SF6). Les émissions directes relatives à chaque activité peuvent être comparées en tenant compte du pouvoir de réchauffement global des différents gaz.



 

Analyse par secteurs

Figure 3 : Évolutions des émissions par secteur depuis 1990 en Mt éq. CO2

Source : Inventaire France, périmètre Kyoto, CITEPA/MEDDE, soumission avril 2014

Le transport est, en France, le premier secteur émetteur de GES. Il représente 27,8 % des émissions nationales soit 136,4 Mt éq.CO2 en 2012, avec une forte croissance entre 1990 et 2001 (+19 %) puis une légère décroissance depuis 2004 (-8%). Le transport routier est responsable de 92 % de ces émissions, dont 57 % pour les seuls véhicules particuliers. La diésélisation progressive du parc associés aux mesures d’accompagnement telles que la promotion de l’éco-conduite sont en partie responsables de cette baisse. Les autres facteurs sont les politiques mises en places telles que l’usage accru des biocarburants dans le routier mais également le bonus malus et la prime à la casse, visibles dès 2008 sur la consommation moyenne du parc de véhicules neufs.

Les émissions directes des secteurs résidentiel et tertiaire représentent 17,7 % des émissions de gaz à effet de serre de la France en 2012. Dès lors que l’on tient compte de la part du secteur dans les émissions associées à la production d’électricité et au chauffage urbain, le secteur du bâtiment représente 23,5 % des émissions globales de la France (calculs DGEC à partir de données Citepa et Base Carbone). Depuis 1990, les politiques et mesures en place, et notamment les réglementations thermiques sur les constructions neuves, ont permis une stabilisation des émissions du résidentiel tertiaire jusqu’en 2008, en venant compenser les hausses d’émissions liées à l’augmentation du nombre de logements. La part du secteur résidentiel a ensuite baissé depuis, notamment du fait des économies d’énergie effectuées par les ménages consécutivement aux coûts croissants des énergies fossiles mais également grâce aux politiques menées dans le bâtiment. L’amélioration de l’efficacité énergétique du parc existant a été soutenue par des mesures d’aides telles le CIDD (crédit d’impôt développement durable) et l’éco-PTZ, régulièrement revues afin de cibler les dispositifs plus performants, et les nouvelles normes thermiques pour les constructions neuves, ont permis la substitution progressive des dispositifs existants avec des énergies moins carbonées. Désormais, le charbon a presque disparu du secteur et le fioul a fortement baissé au profit du gaz et de l’électricité.

En 2012, le secteur de l’industrie manufacturière représente 86,2 Mt éq. CO2, soit 17,6 % du total des émissions de gaz à effet de serre de la France. Les émissions de l’industrie manufacturière et du secteur de la construction dans l’industrie baissent depuis 1990 avec notamment une forte réduction entre 1997 et 2002 et entre 2007 et 2009. Si la part de la production manufacturière dans la valeur ajoutée française est passée de 18% à 10% entre 1990 et 2010, en volume, elle a crue d’un tiers environ entre 1990 et 2007 (Insee, comptes nationaux), avant de décroître de 12% en deux ans, puis de se stabiliser. Aussi, si la baisse des émissions n’aurait pas été aussi forte sans la contraction de l’activité industrielle dans certains sous-secteurs (production de minéraux,...) et sa stabilisation dans d’autres, c’est la modification progressive de certains procédés, notamment dans la chimie qui en constitue la principale explication. En particulier, les émissions de protoxyde d’azote de l’industrie chimique ont été réduites de plus de 24 Mt éq.CO2 depuis 1990 (correspondant à baisse de 96%).

Les émissions du secteur des industries de l’énergie (production d’électricité, chauffage urbain, raffinage, transformation de combustibles minéraux solides) ont été de 57,5 Mt éq CO2 en 2012, soit 11,7 % des émissions totales de la France. Il s’agit à plus de 96 % d’émissions de CO2. La contribution de ce secteur aux émissions nationales est moindre que dans d’autres pays à cause de la prédominance des centrales électronucléaires et hydroélectriques dans la production nationale d’électricité.

Le secteur agricole est le troisième secteur émetteur de gaz à effet de serre avec plus de 21 % des émissions nationales en 2012. Les émissions de méthane (CH4) et de protoxyde d’azote (N2O) induites par des processus biologiques liées à la fertilisation azotée des sols agricoles (45 % des émissions sectorielles), ainsi que la fermentation entérique et les effluents d’élevage (43 %), représentent l’essentiel des émissions du secteur. Entre 1990 et 2012, la réduction des émissions agricoles (y compris consommation énergétique) a atteint 9,6 %. Elle est due essentiellement à la diminution de la fertilisation azotée, à la baisse de la surface agricole utile, à la baisse des effectifs bovins et au fléchissement de la consommation d’énergie.

Les émissions liées au traitement des déchets (hors valorisation énergétique) représentent 12,6 Mt éq. CO2 en 2012, soit de l’ordre de 2,6 % des émissions totales de gaz à effet de serre de la France. Les émissions diffuses de méthane des Installations de Stockage de Déchets Non Dangereux (ISDND) représente la majorité des émissions (68 % du secteur traitement des déchets en 2012).
L’évolution des émissions constatée dans ce secteur est le reflet des politiques mises en œuvre qui agissent, en premier lieu, sur la prévention du déchet à la source et sur les émissions associées à la « Mise en décharge ».

 

> Consultez les émissions de GES directes par secteur au format "Plan Climat" en France (périmètre Kyoto) (xls)

Méthodologie :

Les différents gaz ne contribuent pas tous à la même hauteur à l’effet de serre. En effet, certains ont un pouvoir de réchauffement plus important que d’autres ou une durée de vie plus longue. La contribution à l’effet de serre de chaque gaz se mesure par son pouvoir de réchauffement global (PRG). Le PRG se définit comme le forçage radiatif du gaz (c’est-à-dire la puissance radiative que le gaz à effet de serre renvoie vers le sol), cumulé sur une durée de 100 ans. Il se mesure relativement au CO2 (pour lequel il vaut 1) et s’exprime en tonnes d’équivalent CO2.

Pour exprimer les émissions de gaz à effet de serre en tonnes d’équivalent CO2, on pondère les émissions de chaque gaz par un coefficient fonction de son PRG. Ce coefficient est de 1 pour le CO2, de 21 pour le CH4, de 310 pour le N2O, de 23 900 pour le SF6, de 140 à 11 700 pour les HFC et de 6 500 à 9 200 pour les PFC.

Le périmètre considéré ici est celui du Protocole de Kyoto, c’est-à-dire la France métropolitaine ainsi que la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, Saint-Martin et Saint-Barthélémy.

 

 

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