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Impacts sur la santé

12 septembre 2014
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Particules : les polluants les plus néfastes pour la santé

12 septembre 2014 (mis à jour le 19 juin 2015)


Depuis une dizaine d’années, les travaux scientifiques ont montré l’impact de l’augmentation des niveaux de particules dans l’air sur la morbidité (maladie) et la mortalité (près de de 300 000 morts à l’échelle européenne).

Les effets sur la santé des particules dépendent d’une part de la granulométrie (elles pénètrent d’autant plus profondément dans l’appareil respiratoire que leur diamètre est faible) et de leur composition chimique. Les particules fines sont les polluants les plus importants en termes d’impacts sanitaires car ils ont pour effet d’agglomérer les polluants de l’air (dont les métaux lourds, etc.) qui s’accumulent dans l’organisme.

En France, en 2000, plus de 42 000 décès par an étaient en relation avec l’exposition chronique aux PM2,5 d’origine humaine (à l’origine des maladies cardio-vasculaires, respiratoires, et de cancers). Cela correspond à une perte d’espérance de vie de 8,2 mois (source : programme CAFE (Clean Air For Europe).

L’exposition aux particules dans des niveaux de concentrations supérieurs au seuil de l’Organisation mondiale de la santé (c’est-à-dire supérieur à 10 µg/m3) entraîne une perte d’espérance de vie. On estime que les personnes âgées de plus de 30 ans perdent 5,8 mois à Paris, 7,5 mois à Marseille et 5 mois à Bordeaux (source : Projet Aphekom de l’INVS).


Dans les villes les plus polluées d’Europe, c’est près de 2 ans d’espérance de vie qui pourraient être gagnés si la pollution pouvait être ramenée aux concentrations préconisées par l’OMS (source Projet Aphekom de l’INVS) (pour les 9 villes françaises : gain moyen d’espérance de vie à 30 ans de 3,6 à 7,5 mois).

En moyenne plus de 50% de la population réside à moins de 150m de voies empruntées par plus de 10 000 véhicules/jour et est ainsi exposée à des niveaux importants de pollution. Une telle proportion est aussi observée pour Paris et sa proche couronne, où un tiers de la population réside à moins de 75 mètres de tels axes. Habiter à proximité de voies à forte densité de trafic automobile pourrait être responsable d’environ 15 à 30 % des nouveaux cas d’asthme de l’enfant, et, de proportions similaires ou plus élevées de pathologies chroniques respiratoires et cardiovasculaires fréquentes chez les adultes âgés de 65 ans et plus.

En Ile-de-France, selon l’Observatoire régional de la santé (ORS) d’IDF, la pollution atmosphérique à proximité du trafic routier est responsable de :

  • 16% de survenue des nouveaux cas d’asthme chez l’enfant ;
  • 16 à 29% des exacerbations de symptômes (crises d’asthme, hospitalisations).

Il faut noter que 80% des Européens exposés à des niveaux de PM supérieurs aux valeurs guides de l’OMS (PM2.5 : 10 μg/m3/an ; PM10 : 20 μg/m3/an). Chaque citoyen européen est ainsi privé en moyenne de 8,6 mois de vie.

D’après une revue de la littérature scientifique menée en 2013 par l’OMS-Europe, on relève que le lien de causalité encore plus fort entre les PM2,5 et la mortalité cardiovasculaire et respiratoire. De plus, l’exposition à long terme (LT) aux PM2,5 est à l’origine d’athérosclérose, d’issues indésirables de la grossesse et de maladies
respiratoires chez l’enfant ; mais aussi d’un lien potentiel avec le développement neurologique, les fonctions cognitives et le diabète. On note également des liens entre les PM2,5 et la mortalité à des niveaux en-dessous de ceux actuellement fixés par l’OMS. L’absence de seuil est relevé une nouvelle fois, c’est-à-dire qu’il y a un risque sanitaire même à des niveaux très faibles.

Même si les impacts sanitaires les plus importants proviennent de l’exposition chronique à la pollution de l’air, les effets à court terme (CT) sont également un enjeu et il existe des effets spécifiques, c’est pourquoi il est nécessaire de poursuivre la surveillance à court et à long terme des PM10 et des PM2.5 (les deux fractions de particules pouvant entraîner des effets différents).



Les particules fines cancérogène

Concernant la cancérogénicité des particules, en 2012, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, instance de l’OMS) a classé :

  • les effluents d’échappement des moteurs Diesel en « cancérigènes certains pour l’homme » (Groupe1) ;
  • les effluents d’échappement des moteurs essence en « peut-être cancérogènes pour l’homme » (Groupe 2B) en l’état actuel des connaissances.
     

Pour plus d’informations, consulter le communiqué de presse de juin 2012 sur les gaz d’échappemenrt des moteurs diesel du CIRC
 

En 2013, le CIRC a classé :

  • la pollution atmosphérique en « cancérigènes certains pour l’homme » (Groupe 1) ;
  • les particules de l’air extérieur en « cancérigènes certains pour l’homme » (Groupe 1).
     

Pour plus d’informations, consulter le communiqué de presse d’octobre 2013 du CIRC sur l’impact de la pollution de l’air sur les cancers (anglais)


En 2013, L’institut National du Cancer (INCa) a établi une fiche repère sur les particules fines

 

Par ailleurs, le dépôt au sol de particules non-inhalables contenant des composés toxiques peut conduire à des pollutions des milieux avec un risque de contamination de l’homme par ingestion, via la chaine alimentaire. 

      
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