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Plan de lutte contre les algues vertes : le point sur le volet préventif

22 août 2011 (mis à jour le 2 septembre 2011) - Prévention des risques
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Le plan de lutte contre les algues vertes présenté en février 2010 comporte dans ses axes d’amélioration un volet préventif. Cette politique de prévention se décline dans le territoire concerné par la pollution en actions concrètes. Ces actions consistent à renforcer les contrôles des installations agricoles d’une part, et à augmenter les capacités de traitement des algues d’autre part. La valorisation des effluents d’élevage est également envisagée grâce à un financement ADEME et des appels d’offres à l’étude, qui envisagent de procéder à leur méthanisation.


Le renforcement des contrôles

Le renforcement des contrôles dans les installations classées agricoles a permis de contrôler 71% des installations classées pour la protection de l’Environnement (ICPE). Pour rappel, l’objectif fixé par le plan de lutte contre les algues vertes était de contrôler 100% des installations d’ici la fin de l’année 2011. A noter que 15% des contrôles ont donné lieu à une mise en demeure et/ou à un procès verbal pour se conformer à la réglementation en vigueur.

Au titre de ce renforcement, on peut également citer :

  • Des mesures des reliquats post-récolte effectuées dans les deux baies pilotes de Saint-Brieuc et de Lannion avec en parallèle, la mise à disposition d’outils pour piloter la fertilisation et de fermes de référence. Elle a concerné un ensemble de 1415 exploitations, qui ont reçu individuellement leurs résultats au début du mois de mars 2011. La seconde campagne, qui débutera en septembre 2011, intègrera trois nouveaux sites : baies de Concarneau, du Douron et de Douarnenez. Les données sont transmises à l’inspection et permettent d’orienter les contrôles.
     
  • Une déclaration annuelle des quantités d’azote organique et minéral utilisées et échangées dans les baies pilotes. En 2010, plus de 95% des 1693 exploitants implantés sur les baies pilotes de Saint Brieuc et Grève de Saint Michel ont fait leur déclaration. Cette obligation de déclaration sera étendue aux autres baies algues vertes à l’automne 2011.
     
  • Un renforcement des moyens humains grâce à un recrutement et à la mutualisation de postes d’inspecteurs entre les 4 départements bretons. Ainsi depuis la mise en œuvre du plan ce sont 13 agents (5 titulaires et 8 vacataires) qui sont venus renforcer les équipes d’inspection des directions départementales de la protection des populations du Finistère et des Côtes d’Armor.

 

L’augmentation de la capacité de traitement des déchets

Le plan national de lutte contre les algues vertes prévoyait la création de plateformes supplémentaires pour le traitement des algues vertes. Les opérations de traitement consistent dans le séchage et le compostage des algues collectées.

Le programme d’aide mis en place par l’ADEME permet d’assurer la mise en place d’une capacité de traitement correspondant aux quantités d’algues ramassées en année moyenne. Le montant des investissements correspondant est estimé à 16 M€ avec un taux d’aide dérogatoire de 80%.

Trois installations de traitement ont d’ores et déjà été soutenues dans les Côtes d’Armor : deux en service permettant au total le traitement de 35.000 t d’algues par an (Launay-Lantic et Ploufragan), une unité pilote de séchage à Pluzunet en vue de la création d’une installation après validation du procédé (qui pourrait traiter à terme jusqu’à 25.000 t/an).

Dans le Finistère, trois installations pré-existantes ont une capacité totale de traitement de 25.000 t. : Plonevez-Porzay, Fouesnant, Douarnenez. Il est prévu que les capacités des installations de Fouesnant et Douarnenez soient étendues et qu’une nouvelle installation soit créée à Crozon.

La méthanisation des effluents d’élevage

L’ADEME a lancé en 2010 un appel à projets pour la création d’installations de méthanisation d’effluents d’élevage sur le territoire des 8 baies à algues vertes.
L’objectif est de réduire la pression de fertilisation et de diminuer la quantité totale d’engrais azotés utilisés dans le bassin versant de ces 8 baies en substituant une partie de ceux-ci par du digestat de méthanisation.

Ce dernier présente en effet des caractéristiques analogues à celles de l’engrais azoté minéral en termes de rapidité de disponibilité pour les plantes (l’azote est sous forme ammoniacale, directement assimilable).

11 projets sont actuellement à l’étude, avec la création d’installations qui prévoient de traiter au total environ 200 000 t/an de déchets : 125 000 t d’effluents d’élevage et 75 000 t d’autres déchets agricoles et agroalimentaires.

Même si le digestat produit viendra se substituer partiellement à un apport d’engrais minéraux, ces derniers déchets apporteront de l’azote supplémentaire qui s’ajoutera à l’azote des effluents d’élevage : il est donc prévu qu’une partie du digestat produit soit exporté en dehors des zones d’excédent structurel, le cas échéant après séchage.
La principale problématique de ces projets reste en effet le devenir du digestat, qui conserve un statut de déchet et ne peut être valorisé, que dans le cadre d’un plan d’épandage. Il ne peut en outre, en application de la directive Nitrates, pas être épandu dans certaines zones.

L’Épandage : 

Cependant les lieux où les algues sont collectées sont parfois éloignés des unités de traitement, et ces algues peuvent alors être épandues sur des terres agricoles.

Le comité scientifique du plan gouvernemental a pris une position globalement favorable à l’épandage des algues vertes en estimant que, lorsqu’il s’insère dans un plan de fertilisation raisonné, il ne constitue pas un risque environnemental plus important que tout autre apport de matière organique réalisé correctement.

Toutefois l’épandage doit rester un mode de traitement complémentaire lors d’échouages importants.
 

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